La défensive des Cataractes se fait malmener depuis quelques matchs et le scénario n'a pas été différent vendredi face aux Voltigeurs de Drummondville.

La chaîne est débarquée

La chaîne est débarquée. Habituellement propulsés par une défensive en béton armé, les Cataractes sont méconnaissables dans ce rayon depuis quelques matchs. Résultat, ils ont encaissé une troisième défaite d'affilée, cette fois au compte de 6-5 aux mains des Voltigeurs de Drummondville devant plus de 4000 personnes un peu étourdies par la tournure des événements.
C'est que l'écart entre les deux clubs au classement est abyssal. Les Voltigeurs luttent pour faire les séries, alors que les Cataractes sont installés en pantoufles depuis des mois au sommet de leur division. Les Voltigeurs ayant gagné deux des trois premiers matchs entre les deux clubs, et avec un voyage difficile en milieu de semaine, tout le monde s'attendait à voir les Cataractes amorcer le match sur les chapeaux de roues. 
De l'énergie, il y en avait du côté shawiniganais. Mais la glace penchait pas mal d'un côté! Résultat, deux revirements ont permis aux visiteurs de prendre les devants 2-0 sur leurs deux premiers tirs et à partir de là, les Cataractes ont couru après leurs rivaux. Ils ont bien fini par les rattraper, et même les dépasser, se forgeant une avance de 4-3 après 40 minutes. Mais de mauvaises pénalités ont permis aux Voltigeurs de faire virer le vent de côté en troisième et d'encaisser les deux points à l'enjeu même s'ils avaient accordé cinq buts et 42 tirs. 
Mathieu Sévigny a dirigé l'attaque des siens avec un truc du chapeau, en plus de se faire complice d'un autre but. Le fils du Trifluvien et ex-joueur de la LNH Pierre Sévigny a pu manoeuvrer à sa guise dans l'enclave durant toute la soirée sans être dérangé par les défenseurs shawiniganais. Testé 29 fois, Mikhail Denisov n'a pas été aussi étincelant qu'à l'habitude. 
À l'autre bout de la patinoire, la recrue Olivier Rodrigue a bien manoeuvré même s'il a accordé cinq filets. Dennis Yan a été le patineur le plus dangereux des locaux, terminant la soirée avec un but et deux passes. Les meilleurs moments des Cataractes sont survenus dans les deux dernières minutes de jeu alors qu'ils tentaient de sauver leur soirée de travail avec une marque de 6-4. Cam Askew a rétréci l'écart à l'aide d'une feinte magistrale mais Rodrigue a ensuite tenu le fort pour conduire son club jusqu'aux deux points à l'enjeu. 
«On a travaillé plus fort que lors des deux derniers matchs. Je ne pense pas que c'était un match de 6-5, on a accordé une quinzaine de chances de marquer. On en a eu beaucoup plus de notre côté. Mais en bout de ligne, on a eu trop de passagers défensivement. Quand tu triches à ce temps-ci de l'année, tu paies pour», soulignait Claude Bouchard, très posé devant les journalistes. Un autre trait commun des trois dernières sorties, c'est l'indiscipline. Bouchard n'apprécie pas ce vieux péché de l'an dernier qui refait soudainement surface. 
«Il y a eu des pénalités d'égoïsme qui nous ont fait mal. Nos gars en désavantage numérique ont fait le travail mais c'est du gaz qu'on brûle inutilement», soupirait-il.
Bouchard refusait toutefois de trop s'inquiéter. Il préfère s'attaquer aux solutions. 
«Ce n'est pas le temps de paniquer. Mais c'est sûr que nous sommes à trois semaines des séries, alors c'est le temps d'arrêter de parler et d'agir. Les gars savent ce qu'ils ont à faire pour connaître du succès.»
Mathieu Olivier était d'accord avec son pilote. 
«On a eu des réunions aujourd'hui sur le leadership, on a un groupe quand même assez fort qui doit prendre les choses en main. Ce n'est pas aux entraîneurs ou au directeur-gérant de le faire, ça nous revient. Le départ d'Anthony (Beauvillier) a créé un trou à ce niveau et là, on doit prendre charge collectivement. Ceci dit, ce n'est pas un manque d'effort ce soir. On a fait de très belles choses offensivement. Le problème, c'est notre travail défensif. C'est inacceptable d'accorder six buts à une équipe qui n'est pas reconnue comme une puissance en attaque. C'est notre première mauvaise séquence défensive de la saison, et il faut simplement s'impliquer davantage à ce niveau. Les correctifs à faire, c'est sur le plan mental.»
Alexis D'Aoust arrivait aux mêmes conclusions. 
«On tire de la fierté depuis le début de la saison à bien jouer défensivement. On ne peut pas dire que c'est le cas en ce moment. C'est le temps de revenir à la base de nos succès.»
Dans l'autre vestiaire, Dominique Ducharme complimentait ses hommes, revenus de l'arrière en troisième pour arracher la victoire à une équipe à maturité. 
«Ça n'a pas été parfait comme match, des deux côtés. Les deux clubs avaient une semaine assez chargée, je pense que ça paraissait sur la glace. Malgré tout, on a trouvé une façon de l'emporter. J'aime beaucoup notre progression depuis quelques semaines. Peu importe qui nous allons affronter en séries, nous ne serons pas favoris mais nous allons nous battre», promettait-il.
Les Cataractes tenteront de se remettre sur les rails dimanche après-midi avec la visite du Phoenix de Sherbrooke, détenteur du 17e et avant-dernier rang au classement général. Comme les Cataractes, la troupe de Stéphane Julien a baissé pavillon à ses trois dernières sorties.