En l’espace de quelques semaines, Jérémy Manseau est devenu un incontournable sur l’échiquier offensif des Cataractes.

Jérémy Manseau face à ses anciens coéquipiers

Shawinigan — Avez-vous déjà eu la douce impression d’être à la bonne place au bon moment?

C’est ce que vit Jérémy Manseau en ce moment chez les Cataractes. À 19 ans, le Trifluvien s’est enfin établi dans la LHJMQ, son rêve. Il a fait sa place au sein de l’équipe qu’il a encouragée dans sa jeunesse, où on était prêt à lui offrir les responsabilités offensives qu’il convoitait. 

La route pour se rendre là a été sinueuse. Il n’a pas été repêché dans le circuit Courteau. Pas un agent ne voulait de lui. Il a dû pourchasser Paul Corbeil pour qu’il accepte de le prendre sous son aile chez Paraphe! Manseau est passé par le junior AAA, et c’est en tant qu’invité qu’il s’est frayé un chemin jusqu’au camp des Voltigeurs de Drummondville. 

Ces derniers lui ont donné une première chance l’an passé dans un rôle de soutien, avant de l’échanger cet été contre une caisse de rondelles aux Cataractes. Le dernier élément fut le déclic dont avait besoin Manseau pour faire virer le vent en sa faveur.

«J’ai toujours cru en moi. Si j’ai un conseil à donner aux jeunes, c’est de ne jamais lâcher. Il n’y a pas qu’un seul chemin qui est bon dans le hockey. Même quand je jouais dans le junior AAA, je m’entraînais très fort, j’étais convaincu que ça allait finir par payer», confie l’ex-Estacades. 

«Je n’en veux pas aux Voltigeurs de m’avoir échangé, au contraire. Ils ont pris une décision que je respecte. C’est drôle, la journée de la transaction, j’ai dit à Paul (Corbeil) que la meilleure place pour moi, ce serait Shawinigan. Et puis quelques heures plus tard, c’est arrivé. Je n’aurais pas pu demander mieux.»

Depuis, Manseau s’est assuré de montrer aux Cataractes qu’ils avaient eu raison de lui accorder cette seconde chance. Sa fiche de cinq buts et sept passes le place au troisième rang des marqueurs de l’équipe, derrière deux Européens repêchés dans la LNH. Son différentiel de +4 est le meilleur de son groupe. Tout ça pour un très modeste choix de 12e tour! 

«Ça ne m’a pas offusqué d’être échangé contre un choix aussi lointain. Ça ne change rien. Tout ce que je voulais, c’était une autre chance. Les Voltigeurs m’ont accordé une première chance l’an passé, puis ils ont manœuvré de façon à trouver une équipe prête à m’en accorder une deuxième. J’en suis très reconnaissant.»

Manseau convient quand même qu’il espère bien les battre vendredi au centre Gervais Auto. «Tout joueur qui se fait échanger veut montrer à son ancien club qu’il a fait une erreur! Ça ajoute une petite motivation de plus. Ce match ne sera pas facile, les Voltigeurs forment une bonne équipe», mentionne l’attaquant, en ajoutant que les Cataractes vont de mieux en mieux. 

«Personne ne paniquait à l’interne avec notre fiche de 0-7 car nos performances n’étaient pas mauvaises. Ça prenait un peu de temps pour tout mettre en place. C’est ce qui se passe depuis quelques semaines et je pense que ça va se poursuivre, car nous avons un bon personnel d’entraîneurs et une excellente chimie dans le vestiaire.» 

S’ils veulent décrocher une sixième victoire cette saison face aux Voltigeurs, les Shawiniganais devront être préparés à affronter une jeune équipe aux dents longues. À la surprise générale, la bande de Dominique Ducharme est actuellement installée au quatrième rang du classement général. 

«C’est une équipe rapide, très rapide. Elle a connu quelques années difficiles, elle a pu repêcher rapidement et tu vois que le talent est présent. Les additions d’attitude avec les vétérans de 20 ans Mongo et Adams-Moisan rapportent. C’est aussi une équipe très bien dirigée», encense le pilote des Cataractes Daniel Renaud. «On a travaillé nos bagarres un contre un cette semaine, de même que nos unités spéciales. C’est un beau défi qui nous attend.»

Et Renaud est bien content d’avoir Manseau à bord plutôt que de l’autre côté! 

«C’est une transaction certainement rentable pour nous. On avait une place pour Jérémy dans notre top 6, il en profite au maximum. Il compétitionne à tous les soirs.»