Le franc-tireur des Cataractes Dennis Yan (à droite) a pris les choses en main pour son équipe en inscrivant un tour du chapeau, mardi à Val-d'Or.

Cataractes: les ténors se lèvent

Les gros canons des Cataractes ont pris les choses en main mardi à Val-d'Or. Après un début de match marqué par l'indiscipline, les Shawiniganais étaient en mauvaise posture, tirant de l'arrière 3-1. Dennis Yan, Samuel Girard et Alexis D'Aoust ont alors tiré leur équipe du pétrin pour la mener à une victoire éclatante de 6-3.
Yan a inscrit les trois premiers filets de son équipe. Les deux derniers buts de l'Américain ont fait changer le vent de côté, puisqu'ils ramenaient tout le monde à la case départ en milieu de deuxième.
D'Aoust s'est chargé du reste des dégâts, en perçant deux fois Étienne Montpetit à l'aide de bons tirs des poignets. Le capitaine s'est ainsi fait pardonner deux mauvaises pénalités écopées en territoire offensif plus tôt dans la soirée. Quant à Girard, il a de nouveau contrôlé le jeu à sa guise.
Dominants en zone offensive en deuxième, les Cataractes ont su fermer les livres d'habile façon en troisième. D'Aoust a inscrit rapidement le cinquième but des siens, puis tous les coéquipiers de Mikhail Denisov ont travaillé de façon à couper l'accès à l'enclave devant le gardien russe. 
Résultat, les Foreurs ont été limités à cinq petits tirs en troisième. En fin de match, Mathieu Olivier a concrétisé la victoire des visiteurs en marquant dans un filet déserté par Montpetit, qui a fait face à 39 tirs. Les Cataractes ont ainsi pris l'avance 2-1 dans cette série quatre de sept.
«À cinq contre cinq, nous avons disputé un bon match, on a continué ce que nous avions amorcé samedi. Mais il est évident que nous avons manqué de discipline en première. Accorder cinq jeux de puissance en une période, c'est inacceptable. En séries, cinq dans un match, c'est déjà trop. Imagine en une période! Il faut accepter de payer le prix plus que ça», pestait Claude Bouchard. 
«On a par la suite démontré beaucoup de caractère. Ce n'est pas évident revenir de l'arrière, en séries. Surtout à l'extérieur. On aurait pu s'écrouler, les gars ont plutôt poussé très fort. Chapeau.»
Au coeur de cette remontée, il y a eu Yan et D'Aoust, encensés par Bouchard. «On a rencontré Yan, D'Aoust, Gignac et Askew après le premier match, on voulait les conscientiser au fait qu'on avait besoin qu'ils soient nos meilleurs. Ils l'ont été ce soir. Et pas dans un match à sens unique, mais dans un match serré. Ça pour moi, c'est du leadership.»
«C'était un match important, je m'étais dit que je devais absolument trouver une façon d'aider l'équipe à gagner», soulignait Yan, sourire aux lèvres. «On a connu un mauvais départ, avec toutes ces pénalités. Il faut jouer davantage à cinq contre cinq. Quand on a commencé à le faire, les choses ont changé.»
Le jeu de puissance des Foreurs a produit les trois buts des locaux, un avertissement clair et net selon D'Aoust. «Ils font de l'excellent travail en avantage numérique, on ne peut pas se permettre autant de pénalités. Pour le reste, ce fut un bon match. Nous avons un club rapide. Plus on se sert de cet atout, plus on a de chances d'avoir du succès.»
Durocher prend le blâme
Dans l'autre vestiaire, Mario Durocher se tenait responsable de cette défaite. «Le deuxième but des Cataractes nous a fait mal. Je prends le blâme, j'ai fait une erreur en envoyant ma quatrième ligne sur la glace. J'ai senti le banc tomber quand les Cataractes ont marqué sur cette séquence, on ne s'en est pas remis», racontait le vieux routier. 
«C'est dommage, on avait bien amorcé le match, les Cataractes étaient frustrés. Mais on leur a rendu la vie beaucoup trop facile en troisième. Quand tu fais une trentaine de revirements dans un match, c'est dur de gagner en séries.»
Alexis Pépin pointait du doigt l'inconstance de son équipe. «Faut travailler 60 minutes. On sait qu'on est capable de rivaliser mais pour ça, on ne peut pas se permettre de relâchement», analysait pour sa part le vétéran de 20 ans, un peu préoccupé par le fait que son équipe n'arrive pas à générer de l'offensive à égalité numérique. 
«Faut se salir le museau un peu plus. Denisov accorde pas mal de retours, il faut aller dans l'enclave pour les saisir.»
Les deux clubs se retrouvent mercredi soir au centre Air Creebec pour le quatrième match de cette série. Chez les Foreurs, on sent maintenant l'urgence d'aller chercher une deuxième victoire dans cette série.
«Sans dire que c'est un match sans lendemain, c'est un très gros match pour nous à la maison. On doit mettre la rondelle derrière les Cataractes, et les forcer à travailler plus fort», concluait Mario Durocher.
Blessé en fin de troisième période, Samuel Asselin représente un cas incertain en vue du quatrième match.