Les Cataractes ont-ils réussi à semer un doute dans la tête des puissants Huskies?

Cataractes: «le Jell-O est en train de pogner!»

Shawinigan — Les fans de Hockeytown, peu gâtés depuis deux ans, ont la chance de vivre un match numéro cinq à la maison vendredi soir avec une surprenante égalité de 2-2 entre leurs Cataractes et les puissants Huskies de Rouyn-Noranda.

Au lendemain de cette belle victoire de 4-3 enregistrée mercredi soir, une poignée de joueurs de Daniel Renaud ont touché à la glace jeudi. Les autres n’ont eu droit qu’à un petit meeting d’équipe. De toute façon, il y a bien peu de choses à ajuster: le plan dessiné par Daniel Renaud et ses adjoints a permis aux Cataractes de plonger les Huskies dans leur première période d’adversité depuis le déclenchement de la saison en septembre. Les Huskies ont réécrit quelques pages du livre des records de la LHJMQ ces derniers mois. Ils ont attaqué cette série quatre de sept avec 86 points de plus que leurs rivaux après le calendrier régulier, le plus grand écart de l’histoire vieille de cinq décennies du circuit Courteau.

Fallait côtoyer Mario Pouliot ces derniers jours pour pouvoir témoigner que le grand patron hockey des Huskies ne la trouve pas drôle. Malgré la victoire de mardi, il n’avait pas trop le goût de rencontrer la presse après le match. Mercredi, il a utilisé le moins de mots possible pour répondre aux premières questions des scribes. Jeudi, il n’a même pas retourné les appels du Nouvelliste, lui qui est pourtant très disponible en temps normal. Mais justement, cette séquence n’a rien de normal! La pression s’est sûrement installée dans les quartiers de l’équipe depuis cette défaite à domicile samedi. Les Huskies devaient torturer les jeunes Cataractes et les balayer en quatre matchs, selon tous les journalistes couvrant la LHJMQ qui avaient joué au jeu des prédictions la semaine dernière. Or, dans le meilleur des scénarios, ils vont avoir au moins besoin de six parties pour se débarrasser de la plus jeune formation au pays, qualifiée pour le bal de fin d’année au dernier match du calendrier, alors qu’elle avait encaissé une 15e défaite d’affilée!

«C’est vrai qu’on a vécu beaucoup d’adversité cette saison. On l’avait découpée en quatre phases pour notre progression, et la dernière était la performance sur commande. On semble avoir atteint cette dernière phase en séries. Le Jell-O est en train de pogner!», sourit Daniel Renaud, qui ne croit quand même pas avoir déstabilisé les Huskies. «On parle de la meilleure équipe au Canada. Elle a des ressources incroyables. Les Teasdale, Harvey-Pinard, Abbandonato et Dobson jouent énormément et ils volent sur la glace. Ce serait une erreur de croire que nous avons semé un doute.»

D’ailleurs, Renaud ne cache pas être un peu préoccupé par le niveau d’énergie requis pour tenir tête à une équipe aussi aguerrie. La journée de repos de jeudi est la bienvenue dans les circonstances. Disputer ce cinquième match à domicile devant des partisans prêts à les appuyer dans cette mission impossible est également apprécié. «La vérité, c’est qu’après chaque période, on se demande dans le bureau des entraîneurs si les gars seront en mesure de garder cette cadence. Jusqu’à maintenant, ça tient. Évidemment, nos succès aident les joueurs à puiser au fond d’eux-mêmes pour se servir de chaque once d’énergie. Ils sont beaux à voir aller. Tous ces tirs bloqués, ces replis. Les 25 gars sont engagés. On ne peut pas demander mieux.»

Au moment de mettre sous presse, le préfet de discipline Éric Chouinard n’avait imposé aucune suspension à la suite de la fin de match tumultueuse de mercredi. Abbandonato, qui semble avoir mimé le geste coupe-gorge à Justin Blanchette après avoir bousculé un officiel, va vraisemblablement s’en tirer à bon compte.

La rondelle tombe au centre de la glace à 19 h 30 pour le cinquième duel vendredi.