Daniel Renaud dit avoir concocté un plan de match adapté à la petite patinoire des Huskies.

Cataractes: «La pression est sur les Huskies à 100%»

Shawinigan — L’euphorie de la concrétisation d’une place en séries samedi dernier a été de courte durée chez les Cataractes. Comme prix pour s’être faufilé à la dernière seconde au bal de fin d’année, rien de moins qu’un duel avec l’équipe la plus solide du plateau!

Cette confrontation Huskies-Cataractes en première ronde des séries de la LHJMQ est la plus inégale de l’histoire de la ligue, avec 86 points d’écart entre les champions du calendrier régulier et les détenteurs de la 16e place au classement général. Les représentants de Rouyn-Noranda ont subi une défaite depuis le 15 décembre. Les Shawiniganais, eux, terminent la campagne avec 15 échecs consécutifs. Vous en voulez plus? La dernière fois que les Huskies ont perdu un match à domicile, la neige n’était pas encore installée en Abitibi. Les Cataractes, sur la route, ont gagné seulement trois matchs sur 34 en 2018-19! Pas sûr que si Goliath avait ressemblé aux Huskies, David se serait attaqué à lui!

Mais, les Cataractes, eux, sont juste contents d’être là. De vivre l’expérience des éliminatoires. Tout à gagner, rien à perdre. «Tous ces chiffres montrent une chose: la pression est sur les Huskies à 100 %», sourit Renaud, qui avait évidemment préparé son discours.

Le jeune pilote était un peu moins fier de celui qu’il a prononcé après la défaite de 8-3 encaissée aux mains des Huskies au début du mois. À la surprise générale, même si son équipe avait été dominée 46-4 dans la colonne des tirs au cours des 40 dernières minutes, il avait dit que les Cataractes avaient semé un doute dans la tête des Huskies parce qu’ils leur avaient tenu tête pendant 20 minutes! «J’ai dit ça sous le coup de l’émotion. On va oublier ça! Ce que j’aurais dû dire, c’est que nous étions contents d’avoir pu compétitionner pendant 20 minutes. Notre défi, c’est de reproduire ça trois fois au cours du même match», explique Renaud. «On ne veut pas regarder la montagne. Il faut y aller présence par présence, bataille par bataille, période par période. On a un plan, on va le suivre et tout donner et on verra ce que ça donne comme résultat. Les gars ont travaillé pendant sept mois pour avoir le privilège de vivre ça. On y est.»

Chose certaine, Renaud sait que son équipe est attendue de pied ferme en Abitibi. Le meilleur marqueur des Huskies, Peter Abbandonato, a notamment déclaré que si son club pouvait gagner 10-0, il ne se gênerait pas. «On a lu une couple d’articles, les Huskies se sont gâtés. C’est correct, nous sommes prévenus. On aime les défis, on ne peut pas en avoir un plus gros que ça», raconte le jeune pilote, qui fera ses premières armes comme pilote en séries. «On a une vingtaine de matchs d’expérience dans la chambre. Ce qui veut dire qu’après un match, on va avoir doublé notre vécu! On le sait que les Huskies vont être prêts pour la première mise en jeu. Les champions, devant leur foule... Mais de notre bord, avec une quinzaine de gars qui vont disputer un premier match en séries, l’excitation sera aussi au rendez-vous. L’idée, c’est de bien canaliser cette énergie.»

Pour espérer avoir une petite chance de créer une surprise, les Cataractes devront être plus convaincants sur les unités spéciales. Pas méchants en avantage numérique, mais derniers de classe en infériorité numérique. Sans un bond substantiel dans cette dernière catégorie, un balayage est presque inévitable. «Les unités spéciales des Huskies (jeu de puissance combiné au désavantage numérique) roulent à 110 %. Nous sommes à 90 %. L’objectif, c’est de réduire l’écart. Si on peut les faire chuter à 100 % et grimper de notre côté à 100 %, on va améliorer notre sort.»

Ça passe par un effort collectif. Mais aussi par un gardien au sommet de son art. Impérial en relève à Antoine Coulombe samedi dernier, Justin Blanchette a été désigné pour entreprendre la série entre les poteaux. «Son jeu au dernier match a été l’un des facteurs qui nous a procuré le point dont nous avions besoin. Ça lui offre le premier départ», justifie simplement Renaud, qui dit pouvoir compter sur tout son personnel pour le match numéro un. «Les joueurs blessés dernièrement sont corrects. Il ne reste plus que quelques bobos. Tout le monde est disponible. La glace à Rouyn-Noranda est très petite, nous allons moduler notre alignement en conséquence», conclut Renaud.