Mikhail Denisov pourrait devenir le quatrième portier des Cataractes à obtenir le trophée remis au gardien affichant la meilleure moyenne de buts alloués dans la LHJMQ.

Aux trousses du trophée Jacques-Plante

Identifié comme la principale lacune des Cataractes en début de saison, Mikhail Denisov est en train de devenir l'un de leurs points d'ancrage. Le gardien russe brille à un tel point qu'il est au plus fort de la course pour s'approprier le trophée Jacques-Plante, remis au gardien présentant la meilleure moyenne de buts accordés dans la LHJMQ.
Sa moyenne de 2,43 est la plus pingre du circuit parmi les portiers titulaires. Deux gardiens substituts sont toutefois un nez devant lui, soit Alex D'Orio (Sea Dogs) à 2,35 et Francis Leclerc (Armada) à 2,39. 
Denisov peut compter sur une bonne brigade défensive, mais son pourcentage d'efficacité (,909) témoigne qu'il est le principal artisan de ses succès. À part Callum Booth (,911), aucun autre homme masqué numéro un n'est aussi performant. 
«Ça va bien, je suis content. J'essaie seulement de faire mon travail du mieux que je peux», sourit Denisov, pas trop du genre à bomber le torse à l'extérieur de la glace. En entrevue, ça prend presque des oreilles bioniques pour comprendre ce qu'il dit, tellement il parle à voix basse! 
Par contre, le gardien de 18 ans reconnaît qu'il sait où il se situe dans le palmarès. «Je regarde parfois les statistiques. Mais en toute franchise, le trophée n'est pas une préoccupation. Ce que je veux, c'est gagner!»
Et il le fait avec la régularité d'un métronome. Ses 21 gains le placent au deuxième rang à ce chapitre, une victoire derrière Samuel Harvey des Huskies. Denisov fait actuellement bien paraître les Cataractes de l'avoir choisi lors du Gardien Académie l'an dernier... après une petite frousse lors du camp d'entraînement. 
«Après le camp, je ne pense pas que personne n'aurait risqué prédire qu'il aurait d'aussi bons chiffres à ce stade-ci, admet sans détour Claude Bouchard. «On l'aimait, on croyait en lui, mais je ne peux cacher que son rendement est une coche au-dessus de nos attentes.»
Pourtant, en début d'année, son poste semblait menacé. Après un camp moyen, il n'avait pas été à la hauteur lors du premier match, ce qui a incité Bouchard à confier le filet à Zachary Bouthillier. La recrue a alors signé deux gains d'affilée, mais l'expérimenté pilote est tout de même revenu avec Denisov au quatrième match, une marque de confiance qui a peut-être été l'élément déclencheur de ces quatre derniers mois. 
«J'aimais son attitude, je sais qu'il était apprécié de ses coéquipiers aussi. Et puis je trouvais ça trop de bonne heure pour démissionner sur un joueur, alors on lui a redonné le filet. Lors des trois matchs suivants, il a été excellent. Il a même été le facteur dominant deux fois. Depuis ce temps-là, il est quasi irréprochable», témoigne Bouchard.
«Je ne sais pas si ce fut un moment-clé. Je crois en l'éthique de travail, et j'avais travaillé fort l'été dernier pour me préparer à ce nouveau rôle pour moi. J'avais confiance que je pourrais montrer ce que j'étais capable de faire», explique de son côté Denisov.
Face aux Saguenéens
Les Cataractes auront certainement besoin d'un Denisov en grande forme vendredi soir alors que les Saguenéens de Chicoutimi débarqueront à Shawinigan, point de départ d'une rude séquence de trois matchs en 48 heures. Les Saguenéens ont renversé les Shawiniganais il y a deux semaines sans leur capitaine Nicolas Roy et German Rubstov, leur nouvelle sensation russe.
«Les Saguenéens croient peut-être encore en leurs chances de gagner la division, ils vont arriver prêts. C'est une équipe qui a ajouté plusieurs éléments de qualité à la dernière période de transactions. Les Klima, Ratelle et Rubstov amènent beaucoup d'attaque, c'est certain. Ce sera leur identité contre la nôtre», propose Bouchard, qui refuse toutefois d'y voir un match baromètre. 
«Il n'y a pas de matchs faciles, à part contre Moncton. Pour le reste, le classement est serré en haut, dans le milieu et en bas, alors l'enjeu est grand tous les soirs, particulièrement contre les clubs de ta division. Mais ce n'est pas un match baromètre à mes yeux, il en reste pas mal au calendrier d'ici les séries!»
Blessé vendredi dernier à Boisbriand, Alexis D'Aoust a repris l'entraînement avec ses coéquipiers jeudi mais Bouchard a exclu tout scénario qui implique un retour vendredi soir. Si tout va bien, le Trifluvien pourra peut-être affronter les Tigres à Victoriaville samedi.