Philippe Boucher et Daniel Renaud ont fait équipe ensemble pendant trois saisons chez les Remparts.

Cataractes: pas de place pour les sentiments

Sur papier, l'histoire est sexy.
Un pilote recrue débarque dans le plus gros marché de la ligue, où il a fait ses classes auprès d'un ancien de la LNH. Cette association bénéfique pour les deux hommes de hockey a attiré l'attention d'un directeur-gérant rival, qui contre toute attente lui a confié les guides de son club. 
Avec ce scénario, on peut écrire quelques centaines de mots facilement, non? Le hic, c'est que le héros principal refuse de collaborer! En effet, ne comptez pas sur Daniel Renaud pour faire un plat de sa première visite au Centre Vidéotron, où il a secondé Philippe Boucher durant les dernières campagnes. Pas de «x» spécial sur le calendrier, pas de pari avec son ancien compagnon d'armes. Juste le profond désir de placer son club sur les rails. 
«Il y a un "x" sur chacun des matchs sur le calendrier. Le prochain match est toujours le plus important. Et avant de faire un pari avec Philippe (Boucher), je vais en faire un avec mes joueurs», insiste Renaud. «Est-ce que ce sera spécial avant le match pour moi? Peut-être un peu. Mais ça va disparaître dès que la rondelle va tomber. La concentration de tout le monde doit être à la bonne place.»
Faut dire que Renaud n'arrive pas dans la Vieille Capitale dans une position enviable. Son club vient de perdre ses trois premiers matchs à domicile, dont le dernier face au Phoenix de Sherbrooke qui lui a donné une leçon d'intensité. Les jeunes Cataractes entament vendredi soir à Québec une séquence de trois matchs sur la route... «On le sait que les Remparts seront fin prêts, ce sera leur match d'ouverture. Mais nous sommes en début de saison, et on va se concentrer sur nos affaires d'abord et avant tout. Il va falloir jouer avec un petit sentiment d'urgence, et bien gérer la rondelle.»
Gabriel Sylvestre espère lui aussi que les Cataractes vont prendre leur envol vendredi. «Je sais que nous avons 11 recrues mais nous sommes tous ici pour gagner des matchs. Nous ne sommes pas en reconstruction, nous pouvons compétitionner! Il est temps d'envoyer un message à la ligue qui prouvent ça», conclut le vétéran de 19 ans. 
Dans l'autre camp, Boucher était plus enclin à parler de sa relation avec Renaud. 
«Ce n'est pas le bon terme, mais Daniel est un peu mon poulain. C'est le fun de voir où il est rendu. Benoît Groulx (ex-entraîneur-chef des Olympiques) m'a déjà dit qu'il ne pouvait pas croire que Daniel était à Gatineau et qu'il ne l'avait pas vu. C'est le fun d'avoir pu le découvrir par l'entremise de Hockey Québec», racontait Boucher au Soleil mercredi, à propos du cheminement ayant amené Renaud de l'Outaouais jusque dans la région de Québec.
«C'est un peu notre rôle de donner la chance à de jeunes entraîneurs. C'est plaisant de voir que ç'a fonctionné avec Dan, Serge Beausoleil et Michaël Rioux à Rimouski.» 
Selon Boucher, Renaud a consacré temps et énergie à la cause des Remparts. Il en avait fait autant à son unique saison avec l'Océanic. 
«Il y a un mot qu'on ne peut oublier: sacrifice. Daniel en a fait beaucoup. Je peux vous confirmer que son salaire à sa première saison comme adjoint n'équivalait pas à sa formation académique. Il a saisi l'occasion qui se présentait à lui à Rimouski et Québec, il va en faire autant avec celle qu'on lui offre à Shawinigan. Ce qu'il avait besoin, c'était d'une chance, et maintenant, il va faire son propre chemin», soulignait-il en rappelant que Renaud détenait une maîtrise en psychologie sportive.