Les 3400 personnes réunies au Centre Gervais Auto ont assisté à une victoire de cols bleus signée par leurs favoris, aux dépens du Drakkar de Baie-Comeau.

Cataractes: au pic et à la pelle

SHAWINIGAN — Pour se sortir de cette vilaine séquence de six revers d’affilée, les Cataractes ont décidé d’offrir un engagement collectif. Tout le monde a poussé dans la même direction mercredi soir face au Drakkar de Baie-Comeau et la récompense fut une victoire de 4-3 arrachée en prolongation devant 3400 personnes au Centre Gervais Auto.

C’est Jan Drozg qui a joué les héros avec un tir sur réception parfait, après avoir accepté une savante passe de Samuel Asselin. Une fin spectaculaire à un match de cols bleus. C’est au pic et à la pelle que les Shawiniganais ont gagné leur espace sur la glace. Dès la première mise en jeu, ils ont imposé le tempo. Les unités spéciales et le brio du gardien Justin Blanchette ont néanmoins permis au Drakkar de contrôler le pointage au tableau indicateur, même si les Cataractes ont réussi à placer 47 rondelles au filet. 

En déficit d’un but en troisième période, les Shawiniganais ont continué de pousser. Dans la dernière minute de jeu, Samuel Blier a créé l’égalité 3-3 avec un tir qui avait des yeux, décoché quelques pieds à l’intérieur de la ligne bleue ennemie. Une scène qui a mis la table pour une prolongation endiablée, où Drozg a procuré le point boni aux locaux.

Outre Drozg et Blier, Cameron Askew a enfilé deux buts, ce qui porte son total à 10. Mentionnons aussi les deux passes de Simon Benoît, encore une fois utilisé à profusion dans le champ arrière. 

«C’est vrai que je joue pas mal, des fois je dépasse même 30 minutes. Ceci dit je n’ai aucun problème avec ça! Quand je reviens au banc, je me prépare à retourner sur la glace, je sais que ça va revenir rapidement», sourit Benoît, en convenant que cette victoire fera du bien au moral des troupes. 

«Après six défaites, on sentait la tension dans le vestiaire. La victoire va faire descendre la pression un peu. Et puis cette victoire est attribuable à un effort d’équipe, alors c’est encore plus plaisant!»

Daniel Renaud relevait lui aussi la prestation globale de sa troupe. «Peu importe le résultat, c’est une belle performance. On met toujours l’accent sur le travail», rappelle-t-il. «Même quand le Drakkar a pris les devants, on a persévéré. On a mis du trafic près du filet. Quand tu fais ça, la rondelle finit toujours par rentrer.»

C’était le dernier match où les Cataractes étaient limités à deux joueurs de 20 ans dans l’alignement, puisque la suspension écopée par Charlie Roy est terminée. À partir de vendredi, plus question de se priver des services de Blier, Askew ou Vasily Glotov. 

«C’est sûr que ça fera une différence. Dans notre ligue, le gardien, les deux Européens et les trois vétérans de 20 ans doivent faire partie de ton noyau pour connaître du succès. En retombant à trois 20 ans dans l’alignement, ils pourront jouer l’esprit en paix. Pas évident de jouer avec un fusil sur la tempe», plaidait Renaud, qui semble vraiment encouragé par les dernières prestations de son club. 

«Nous sommes un club de séquences depuis le début de la saison. Espérons que cette victoire va en lancer une du bon bord. Avec ce que je vois présentement, il n’y a aucune raison pour empêcher ça.»

Dans l’autre vestiaire, Martin Bernard était moins jovial. Le Drakkar venait de gagner six de ses huit derniers matchs, mais il n’a pas paru très affamé en sol mauricien. 

«On n’a pas joué un gros match. Dès ce matin, je sentais les gars endormis. On les a réveillés, mais ils ont retombé une couple de fois dans un sommeil profond», soupirait Bernard, qui ne croit pas que ses jeunes joueurs ont sous-estimé leurs rivaux. «En tout cas, j’espère que ce n’est pas le cas. On était au pays des rêves, tout simplement. Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est une leçon pour notre équipe.»

Le prochain match des Cataractes est programmé pour vendredi, alors que les Foreurs de Val-d’Or s’arrêteront dans la ville de l’électricité.