Carrie-Ann Auger

Carrie-Ann Auger choisit Laval

Les amateurs trifluviens de basketball n'auront pas à aller très loin pour voir à l'oeuvre Carrie-Ann Auger la saison prochaine. La meneuse des Diablos a tourné le dos aux États-Unis et élira domicile à l'Université Laval.
C'est une décision qui a été bien mûrie par l'athlète de 19 ans, après que celle-ci eut vécu une vive déception la saison dernière en apprenant que la bourse que lui avait offerte les Catamounts de l'Université du Vermont avait été révoquée à la suite d'un changement d'entraîneur.
Même si elle est la meilleure marqueuse de la division 1 du RSEQ, avec une moyenne de 22,9 points par match, aucune autre institution de haut calibre de la NCAA ne lui a fait d'offre officielle. Face à cette situation, la petite meneuse a décidé de rester au Québec.
«Au début de la saison, une équipe de la NCAA est venue me voir, mais ça jouait encore au yo-yo et ils voulaient encore évaluer des choses. J'en ai fait mon deuil et c'est à ce moment que j'ai décidé que je voulais choisir mon programme et que je voulais le faire tout de suite. Je suis une fille anxieuse et je ne voulais pas que ça me dérange.»
Si les universités américaines ne cognaient pas à la porte, celles du Canada, oui. L'athlète de 5 pi 3 po a été approchée par tous les programmes québécois, mais celui de Québec a fait chavirer son caeur, puisqu'elle pourra y étudier en droit, ce qu'elle souhaitait avant tout.
«J'ai vraiment aimé ma visite et j'ai adoré l'entraîneur Guillaume Giroux. Il a été honnête avec moi et j'ai beaucoup apprécié. Leur classement est assez élevé, mais je sais que je vais pouvoir apporter quelque chose», mentionne celle qui rejoindra l'équipe qui est actuellement première au pays et deux de ses anciennes coéquipières chez les Diablos, Laurie Pelletier et Koralie Melançon.
La fausse terre promise
Si la NCAA est pour plusieurs un objectif de carrière, l'entraîneur-chef des Diablos Faisal Docter estime que sa protégée a pris la bonne décision en restant au pays, particulièrement en ce qui a trait à son parcours académique.
«En octobre, nous avons eu une discussion. Je lui ai dit qu'en allant dans une petite école de division 1, quelle sera la valeur de son diplôme exactement? Qu'est-ce que ça va lui donner d'aller là? On ne parle plus de basketball, mais bien de sa vie. Elle veut devenir avocate et elle mérite une bonne institution académique. C'est n'est pas un échec de ne pas aller aux États-Unis. Laval, c'est la meilleure équipe au Canada.»
Puisqu'elle a la citoyenneté américaine et canadienne, il aurait été plus facile pour Auger de se trouver un emploi au pays de l'Oncle Sam et y demeurer par la suite, contrairement aux athlètes profitant d'un visa d'études.
«C'est pourquoi nous lui disions d'y aller. Jeune, les athlètes rêvent tous de jouer dans la NCAA. Mais la vraie vie, elle commence quatre ans plus tard. Jouer du basketball professionnel (féminin), ça ne paye pas beaucoup. Le basketball canadien est un très bon niveau et ça coûte beaucoup moins cher de rester au Québec. Aux États-Unis, on parle de 44 000 $ par année, alors qu'ici... on chiale parce que ça coûte quelque chose!», ajoute Docter.
«Ça n'a jamais été dans mes plans de jouer professionnel, les études ont toujours été la priorité, avant le basketball. Et pour ce qui est du calibre, Laval a battu des équipes de la NCAA en match présaison!», conclut Auger.
Avant de penser aux couleurs rouge et or, la Trifluvienne devra se concentrer sur le rouge et le bleu, puisque ses coéquipières et elles disputeront l'un des matchs les plus importants de leurs saison vendredi, alors que les Diablos visiteront les Blues de Dawson. La formation montréalaise a un match d'avance sur les Trifluviennes au deuxième rang de la division 1.