Avec 30 ans d’expérience comme entraîneure au basketball, toutes catégories confondues, Caroline Bellot vit un nouveau défi cet automne en dirigeant l’équipe de basketball collégial masculin des Diablos.

Caroline Bellot dirige les Diablos masculins en basketball: «Ils sont comme mes gars»

TROIS-RIVIÈRES — Lorsque les joueurs de basketball des Diablos ont appris qu’une femme dirigerait leur équipe dès l’automne 2018, certains n’ont pas su comment réagir.

«Cela nous a un peu déstabilisés», admet Jonathan Grondin, un étudiant en sciences humaines profil administration, aussi un des capitaines du groupe.

Pourtant, le jeune homme, à l’instar de ses coéquipiers, n’échangerait plus son entraîneure aujourd’hui! «On s’est dit qu’il fallait lui donner sa chance. Après six matchs, on a quatre victoires et deux défaites. Les résultats parlent d’eux-mêmes, elle a de l’expérience.»

Oui, Caroline Bellot sait de quoi elle parle quand vient le temps d’analyser le jeu de son équipe sur un court de basket. La dame célèbre ses 30 ans de coaching en 2018 avec un nouveau défi, au collégial masculin. Depuis la fin de son adolescence, elle a toujours offert de son temps pour le sport qu’elle aime, que ce soit avec des gars ou des filles, peu importe leur âge. Dans les dernières années, elle s’impliquait dans le mini-basket.

Toutefois, elle n’avait encore jamais eu un groupe de gars du cégep sous sa gouverne. «Je crois que je suis la seule au Québec. Chose certaine, dans notre ligue du Centre-du-Québec, il n’y en a pas d’autre», lance la principale intéressée, croisée au début d’une séance d’entraînement, dans le gymnase du pavillon des Sciences au Cégep de Trois-Rivières.

«Ça faisait deux ou trois ans que ça me travaillait, je voulais revenir dans le basketball compétitif.»

Le départ de Sébastien Levasseur l’a convaincue d’appliquer pour le poste avec les gars des Diablos, qui jouent en deuxième division. Pour elle, il s’agit d’un retour au cégep trifluvien, puisqu’elle avait dirigé les filles de 1998 jusqu’au milieu des années 2000. Plus jeune, elle avait également défendu les couleurs des Rouges, sous la férule de Denis Guillemette. Nommée deux fois sur les équipes du Québec au secondaire, elle a séjourné en France quelques années plus tard, évoluant dans un circuit semi-professionnel.

Ce vécu en basketball s’ajoute à ses connaissances en athlétisme, une discipline qu’elle maîtrise bien. D’ailleurs, ça se voit lors des pratiques avec ses gars de basket, comme le confirme Jonathan Grondin.

«Caroline a un plan et elle connaît son basket. La préparation physique, c’est vraiment intéressant avec elle parce que ses connaissances en athlétisme ont une répercussion sur nous. On améliore nos sauts, on travaille sur la pliométrie, bref on devient de meilleurs joueurs, mais aussi de meilleurs athlètes. Elle met beaucoup l’accent sur la préparation psychologique. On se débrouille bien depuis le début de la saison et parfois, il n’y a que sept joueurs en uniforme!»

Heureusement, des renforts rejoindront le groupe après la période des Fêtes. Ce ne sera pas un luxe pour l’éducatrice spécialisée, une employée de l’école Marie-Leneuf, qui ne regrette aucunement d’avoir envoyé son C.V. aux Diablos il y a quelques mois.

«Je sens que les gars me respectent et j’ai autant de respect envers eux. Ils ont l’âge de mon gars alors ils sont comme mes gars! Je n’aurais probablement pas coaché au collégial masculin quand j’étais dans la vingtaine, je pense que ça prend un degré de maturité et du vécu qu’il faut développer, surtout pour une femme. Mais honnêtement, c’est une belle gang. C’est une famille.»

Les Diablos caressent l’objectif de terminer parmi les quatre meilleures équipes de la division Centre-du-Québec, question de mériter leur place aux régionaux, après quoi ils pourraient viser un retour au Championnat provincial de division 2. «Si on atteint notre plein potentiel en mars, tout devient possible», prévient Caroline Bellot, qui n’aura pas de difficulté à motiver ses troupes.