Mathieu Pelletier

Canoë-kayak : «Nous sommes tous en attente»

Trois-Rivières — Personne n’est tombé en bas de sa chaise au sein de l’équipe nationale de canoë-kayak samedi soir quand la fédération a annoncé l’annulation des essais nationaux prévus en Georgie du 16 au 19 avril.

Les athlètes de partout au pays qui espéraient s’y qualifier pour les Jeux olympiques sont réunis en Floride depuis le début de l’hiver. Ils ont suivi comme les autres l’évolution de la pandémie de COVID-19. Tous ces arrêts des activités dans les sports autour d’eux laissaient croire que leur tour s’en venait.

«Depuis quelques jours, on se doutait que la nouvelle allait tomber. Il y a un mélange de découragement et de  soulagement au sein de l’équipe. Il y avait un certain stress à gérer depuis un petit bout de temps. Là, tout ce qu’on sait, c’est qu’on doit rentrer à la maison. Nous sommes tous en attente», explique Mathieu Pelletier, l’un des entraîneurs de l’équipe nationale.

Le  Trifluvien reconnaît que la déception est plus difficile à encaisser pour certains. On pense évidemment tout de suite à la championne mondiale Laurence Vincent Lapointe, engagée dans une course contre la montre pour mériter sa place pour les Jeux de Tokyo après avoir échoué un contrôle anti-dopage cet été. La Trifluvienne avait dû se tenir loin de l’équipe nationale pendant des mois, le temps d’être blanchie en janvier. «Son niveau actuel était pas mal proche d’être optimal. Elle n’était pas encore au sommet, ce qui est normal à ce temps-ci de l’année, mais ça s’en venait. En terme de hockey, Laurence mangeait les bandes à l’entraînement. Si j’avais eu à miser mon argent aux qualifications, je l’aurais misé sur elle», confie Pelletier. «Elle n’est pas la seule du club qui allait bien en Floride. Andréanne (Langlois) était bien positionnée, Vincent (Jourdenais), Dominik (Crête) et Laurent (Lavigne) étaient également en grande forme. Tout le monde est dans le même bateau : ils doivent tous revenir, se mettre en quarantaine pour 14 jours et trouver le moyen de garder la forme à la maison, seul.»

Pelletier espère que la fédération sera en mesure d’annoncer son plan pour les prochains mois d’ici quelques jours, question de rassurer tout le monde. Il prévoit que les essais nationaux de Montréal à la fin juin deviendront maintenant la porte d’entrée pour les Jeux. «Je n’ai évidemment pas de pouvoir décisionnel, mais c’est ce qui est le plus logique. Quant aux qualifications continentales, il y a plusieurs scénarios possibles. À l’international, ils peuvent, par exemple, se baser sur les résultats de l’an dernier», note l’entraîneur du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières (CKTR), qui croit toujours que les Jeux de Tokyo auront lieu. «Il y a des gens inquiets, c’est sûr. Il y a des rumeurs. Mais dans mon cas, je me dis qu’on se dirige probablement vers un déplacement des Jeux à l’automne. Je ne peux pas croire en ce moment que les Jeux seraient tout simplement annulés.»


Dans cette optique, un retour à la maison n’est pas l’idéal. Surtout à Trois-Rivières, où il sera impossible d’aller sur l’eau pour quelques semaines encore. «Normalement, on va sur l’eau fin mars, ou au début avril. Si c’est ça, ce n’est pas si mal. D’ici là, les athlètes vont faire pas mal de course à pied», sourit Pelletier. «Pas question d’aller dans les gyms, en tout cas. Même après la quarantaine, je doute que ça soit approprié. Ici en Floride, on avait déjà coupé ça. Il y a des précautions à prendre en ce moment.»

Au moment de l’entrevue, dimanche matin, les athlètes préparaient leur retour. Certains reviennent en auto, d’autres en avion. Pour les entraîneurs, qui doivent s’occuper en plus de la gestion de l’équipement, le casse-tête est plus complexe. Pelletier ne pourra rentrer à la maison avant plusieurs jours. «Il y a une logistique à mettre en place, c’est correct. Nos efforts iron là au cours des prochains jours, puis on pourra revenir à notre tour.»