Pour signer son 76e blanchissage en carrière, Roberto Luongo n’a eu besoin que de repousser 28 tirs, dont très peu pouvant être qualifiés de dangereux.

Luongo inflige un autre blanchissage au Canadien

Le Canadien de Montréal a ajouté à son record d’inertie en attaque lundi soir au Centre Bell alors qu’il a subi une 12e défaite par blanchissage, 2-0 aux mains des Panthers de la Floride.

Pour signer son 76e blanchissage en carrière, Roberto Luongo n’a eu besoin que de repousser 28 tirs, dont très peu pouvant être qualifiés de dangereux. Il a ainsi récolté un troisième jeu blanc cette saison et un premier depuis celui inscrit... contre le Tricolore, à Sunrise, le 8 mars. C’était d’ailleurs le troisième blanchissage d’affilée des Panthers face au Canadien cette saison.

Luongo a obtenu une sixième victoire de suite face au Canadien, son dernier revers contre l’équipe de sa ville natale remonte au 28 mars 2015, en prolongation. Il n’a rien donné au Tricolore en près de 137 minutes de jeu, soit depuis le 15 novembre 2016.

«C’était une victoire qu’il nous fallait. Nous avons perdu à domicile lors de notre dernier match et c’était important d’amorcer ce séjour à l’étranger avec une victoire, a déclaré Luongo.

À l’autre extrémité, Antti Niemi n’a rien eu à se reprocher. Le Finlandais a fait face à 40 tirs, ne cédant que devant Aaron Ekblad (15e), en première période, puis devant Aleksander Barkov (26e), au troisième vingt.

La prestation de Niemi, dans les faits, fut le seul point positif chez le Canadien.

«‘Nemo’ ce soir nous a donné une chance de gagner le match. C’est ce que nos gardiens ont fait toute la saison. Il nous faut marquer des buts», a déclaré Jordie Benn, l’un des rares joueurs à s’être présenté dans le vestiaire après la rencontre.

Au passage, les hommes de Claude Julien ont égalé une autre marque d’équipe peu enviable. Ils ont subi un cinquième coup de pinceau devant leurs partisans pour la cinquième fois de leur histoire, la première depuis la saison 2013-2014. Ils n’ont pas marqué en quelque 147 minutes de jeu, soit depuis la deuxième période du match de jeudi contre les Penguins de Pittsburgh.

La troupe de Claude Julien aura une semaine occupée avec trois matchs en quatre soirs, dont deux à l’étranger.

Cette séquence s’amorcera mercredi soir à Pittsburgh pour un deuxième duel en moins d’une semaine contre les Penguins. Vendredi soir, le Canadien sera à Buffalo où il tentera de signer une quatrième victoire en autant de sorties contre les Sabres.

Samedi, ce sera au tour d’Alexander Ovechkin et des Capitals de Washington de s’arrêter au Centre Bell, pour la première et seule fois du calendrier régulier.

Peu d’action

La visite des Panthers au Centre Bell coïncidait avec le début d’une éreintante séquence de sept matchs sur huit à l’étranger, tout ça en 12 jours.

Or, les joueurs de Bob Boughner, et Luongo en particulier, n’ont pas eu besoin de gaspiller trop d’énergie pendant les 40 premières minutes de jeu face à une formation diminuée, bien sûr, mais peu énergique néanmoins.

La formation montréalaise a eu quelques moments où elle a dicté la cadence pendant les dix premières minutes de l’engagement initial... et gagné deux combats de boxe, ceux de Nicolas Deslauriers contre Aaron Ekblad et de Michael McCarron face à Alexander Petrovic.

But refusé

L’autre moment positif des deux premières périodes pour le Tricolore est survenu avec un peu plus d’une minute à jouer au premier vingt, quand Jacob de la Rose a logé le disque entre les jambières et derrière Luongo pour son 4e but de la saison, après une belle incursion d’Artturi Lehkonen.

Mais c’était avant que l’entraîneur-chef des Panthers ne demande une révision pour un hors-jeu, un geste qui s’est avéré profitable aux visiteurs.

«J’espérais que le juge de lignes avait pris la bonne décision, a déclaré de la Rose. C’est frustrant. J’essaie de récolter tous les points que je peux. Ça nous aurait aidés à revenir dans le match.»

Ce renversement a permis aux Panthers de conserver leur avance de 1-0, créée seulement 17 secondes plus tôt, lorsque Ekblad a profité d’erreurs de Jeff Petry et de Michael McCarron pour briser l’impasse, sans aide.

En troisième, Barkov a doublé l’avance des Panthers, qui ne cessaient de bourdonner autour du filet de Niemi, et c’en était fait du Canadien.

+

ÉCHOS DE VESTIAIRE

Claude Julien, sur le fait que ses joueurs ont semblé avoir eu les jambes coupées après le but refusé:

«On n’est pas une équipe assez forte présentement pour réagir à ces choses-là. Je le dis encore on demande à de jeunes joueurs de faire beaucoup plus qu’on le demanderait.»

Roberto Luongo, au sujet de ses statistiques individuelles:

«Le fait d’être égal au 9e rang avec 76 blanchissages n’a pas beaucoup de signification en ce moment. Notre objectif est de participer aux séries et de récolter des victoires durant le dernier droit. Je ne pense pas à ce genre de détails. Notre but est de nous tailler une place en vue des éliminatoires et toute ma concentration se porte sur cet objectif.»

Jacob de la Rose, au sujet du travail d’Antti Niemi:

«Il nous a gardés dans le match et il aurait mérité qu’on récolte la victoire pour lui.»

+

LES CINQ MOMENTS DU MATCH

Un seul tir, mais un de qualité

Evgenii Dadonov s'est présenté seul devant Antti Niemi, mais ce dernier n’a jamais bronché et stoppé le tir de sa jambière droite.

Pendant les neuf premières minutes de jeu du match, les Panthers ont été limités à un seul tir au but, mais ce tir, obtenu pendant la quatrième minute de jeu, a sérieusement testé l’ex-Panther Antti Niemi. De son territoire et en tournant sur lui-même, Keith Yandle a effectué une passe qui s’est retrouvée directement sur la lame du bâton d’Evgenii Dadonov, qui s’était blotti derrière les défenseurs Jeff Petry et Mike Reilly. Du centre de la patinoire, Dadonov a pu se présenter seul devant Niemi, mais ce dernier n’a jamais bronché et stoppé le tir de sa jambière droite. Dadonov a bénéficié d’une deuxième échappée, tard au deuxième vingt, sans plus de succès.

Gala de boxe: Canadien 2 Panthers 0

Le match de hockey qui prenait place au Centre Bell a été interrompu par un mini gala de boxe pendant la première partie, un volet que les hommes de Claude Julien ont dominé. Dans le premier duel, à 6:04, Nicolas Deslauriers a mérité une décision aux dépens d’Aaron Ekblad, qui avait rudoyé Charles Hudon en zone centrale. À peine deux minutes plus tard, ce fut au tour de Michael McCarron de signer une victoire, celle-là par mise hors de combat contre Alexander Petrovic, qui a dû retraiter au vestiaire. Petrovic est revenu à temps pour le début de la période médiane.

McCarron et Petry aident les Panthers

Aaron Ekblad (5) est félicité par ses coéquipiers après avoir déjoué Antti Niemi.

Les spectateurs ont dû attendre jusqu’à la 19e minute de jeu de la première période pour voir un but. Il a été l’œuvre des Panthers, qui ont reçu l’aide de deux joueurs du Tricolore. Michael McCarron a d’abord été incapable de maîtriser une passe pas commode de Jeff Petry en zone du Canadien, permettant à Aaron Ekblad de s’emparer de la rondelle. Après s’être avancé d’une dizaine de pieds, le défenseur des Panthers a servi une tasse de café à Petry, malgré une rondelle bondissante, et il a déjoué Antti Niemi d’un tir du revers dans la partie supérieure droite après une belle feinte.

Un rare but de Jacob de la Rose annulé

Pour une fois que le Canadien répliquait à un but de l’adversaire, la technologie est venue gâcher ce moment de plaisir. Seulement 17 secondes après le but d’Aaron Ekblad, Jacob de la Rose croyait avoir marqué son quatrième filet de la saison, après un beau jeu d’Artturi Lehkonen. L’entraîneur-chef des Panthers, Bob Boughner, a cependant utilisé son droit de contestation à bon escient alors que la reprise a montré que de la Rose était hors-jeu après qu’il eut reçu la passe de Lehkonen à l’entrée de la zone des Panthers.

Un désavantage numérique qui ne cède rien

Les Panthers se sont présentés au Centre Bell avec le quatrième désavantage numérique le plus efficace dans la LNH depuis le 22 novembre, et les joueurs du Canadien ont sans doute compris pourquoi au deuxième vingt. Malgré trois opportunités avec un homme en surplus, les joueurs de Claude Julien ont été totalement tenus en échec, ne récoltant que trois tirs en direction de Roberto Luongo. D’ailleurs, pendant cette deuxième période, Luongo n’a reçu que huit tirs pendant que Antti Niemi était mis à l’épreuve en 19 occasions, sans flancher une seule fois.