Habile patineur, le Franco-Ontarien Jacob LeGuerrier est devenu capitaine adjoint chez les Greyhounds de Sault Ste-Marie à sa quatrième année dans la Ligue de l’Ontario.

LeGuerrier si loin et si près du Canadien

Pour une quatrième saison consécutive, Jacob LeGuerrier évolue dans le marché le plus éloigné de son domicile familial dans la Ligue de l’Ontario.

Le Franco-Ontarien d’Ottawa a eu le temps d’apprivoiser sa région adoptive à Sault Ste-Marie, mais il ne se fera pas prier pour se rapprocher de Beacon Hill quand sa carrière junior va prendre fin. Choix de cinquième ronde du Canadien de Montréal en juillet dernier, le défenseur de 19 ans a effectué sa seule et unique visite de la saison à Ottawa dimanche dernier quand les Greyhounds se sont inclinés 5-2 contre les 67’s d’Ottawa dans un duel beaucoup plus serré que ne l’indique le pointage.

« Sault Ste-Marie, c’est loin, mais c’est un bon endroit pour jouer au hockey junior. L’organisation s’occupe très bien de nous et nous avons des partisans en or. L’ambiance à nos matches est difficile à battre dans la ligue. »

Né à la fin du mois de novembre, LeGuerrier s’est installé dans le nord-ouest de l’Ontario à 15 ans, mais en se remettant d’une blessure sérieuse qui a ralenti son développement. « Ma blessure m’avait fait glisser dans le repêchage (8e ronde LHO). J’ai même mis deux à trois ans avant d’être à l’aise dans la ligue. Pour cette raison, ça m’a aidé d’attendre à 2019 avant d’être admissible au repêchage de la LNH. Avant ça, je n’étais pas encore prêt. »

À la séance de sélection de Vancouver, le Canadien de Montréal a jugé que l’arrière-garde de 6’2’’ et 202 livres était prêt.

« J’avais participé au combiné du Canadien avant le repêchage. Je pensais aboutir à Montréal ou en Arizona. Quand Montréal m’a choisi, j’ai éprouvé une sensation incroyable. Mon père et moi avons toujours été des partisans du Canadien. J’ai vécu d’autres sensations fortes au tournoi des recrues quand j’ai enfilé un vrai chandail de match dans un tournoi à Belleville. Mes deux camps se sont bien déroulés même si j’étais très nerveux. Les dirigeants m’ont dit de continuer à travailler fort parce que les défenseurs deviennent meilleurs avec l’âge. »

Chez les Greyhounds, il traverse ses meilleurs moments en carrière avec une récolte de six buts et 23 points en 46 matches.

« La plus grande différence cette saison, c’est la confiance. Je n’en avais presque pas dans les saisons précédentes. »

En 2017-18, à 17 ans, il a pourtant fait partie d’une puissance qui n’avait perdu que sept matches en temps réglementaire. Les Greyhounds avaient dominé la LHO avec 55 victoires. Ils ressemblaient étrangement aux 67’s de cette année. En défensive, Connor Timmins (Colorado) et Rasmus Sandin (Toronto) ont déjà goûté à la LNH dans cette équipe qui s’était rendue à deux victoires de la coupe J. Ross Robertson.

« J’étais jeune et ces gars-là m’ont servi de modèles. Je ne jouais pas beaucoup à cette époque. »

Il jouait peu, mais il avait quand même marqué deux buts dans un match pour aider les Greyhounds à prendre les devants 3-2 dans leur série demi-finale contre les Rangers de Kitchener. Il avait hérité de la première étoile après coup.

« C’est encore le fait saillant de ma carrière junior ! C’est la dernière chose que je pensais qui allait m’arriver dans ce match-là ! »

Même si tout est possible, les Greyhounds (23-24-2) ne seront pas les favoris pour retourner en finale cette saison, mais pour la première fois en quatre ans, LeGuerrier pourrait se rapprocher de la maison. « Je n’ai pas encore signé mon contrat avec le Canadien, mais mon agent m’a dit que je pourrais terminer ma saison à Laval en m’entraînant ou même en jouant quelques matches pour le Rocket. »