Il y a 10 ans, Nicolas Lesage avait disputé 20 minutes dans le maillot de l’Impact de Montréal.

«Ça reste de très beaux souvenirs»

TROIS-RIVIÈRES — Par les temps qui courent, l’Impact de Montréal peine à trouver le fond du filet, avec un petit but en cinq matchs. Il y a 10 ans, la formation montréalaise traversait le même genre de séquence aride dans la United Soccer League, une sécheresse qui avait brièvement ouvert la porte à un talentueux buteur trifluvien.

Dix ans plus tard, Nicolas Lesage a toujours frais en mémoire la date du 4 juin 2008. Dans un verdict nul de 0-0 face au FC Miami, le grand attaquant avait disputé les 20 dernières minutes du match, sous les ordres de Nick DeSantis. Sans le savoir, ces 20 minutes allaient marquer sa seule présence sur le terrain dans le maillot de l’Impact.

«Ça ne s’était peut-être pas passé comme je l’aurais souhaité sur le terrain pour moi, mais ça reste de très beaux souvenirs. Avec le recul, je ne suis pas déçu du tout de mon expérience» mentionne celui qui est aujourd’hui âgé de 38 ans.

Pendant ces 20 courtes minutes, Lesage n’avait pas obtenu d’occasion de véritablement se mettre en valeur. À vrai dire, la situation était loin d’être idéale pour un marqueur de sa trempe. «On a reçu un carton rouge et on est tombé à 10 joueurs. Je me suis donc retrouvé seul attaquant en haut de la formation. Ce n’était pas évident comme situation, mais je ne veux pas m’en servir comme excuse non plus. J’ai peut-être regardé la vidéo du match deux ou trois fois seulement en 10 ans. Ce ne sont pas mes 20 meilleures minutes de jeu en carrière!», sourit-il, rappelant du même souffle avoir écopé d’un carton jaune pendant sa seule apparition avec l’Impact.

Nicolas Lesage en action lors de son seul match en carrière avec l’Impact de Montréal.

En se remémorant ce court passage de sa carrière, Lesage croit qu’il aurait pu avoir une carrière plus longue avec l’Impact. Cependant, son âge et son cheminement professionnel l’avaient plutôt fait bifurquer vers le marché du travail. «J’aurais aimé obtenir d’autres minutes de jeu, c’est certain. Je suis sûr que j’aurais pu m’adapter à ce niveau de jeu-là. Je me disais que si j’avais une bonne saison avec le club-école, j’allais avoir une autre chance. Mais ça n’a pas été le cas.»

Il faut dire que le parcours de Lesage n’avait rien de conventionnel. Contrairement aux Québécois qui atteignent les grandes ligues, il n’avait pas fait partie des différentes équipes du Québec durant son cheminement. Il avait tout de même évolué dans le réseau provincial AAA avec des formations de la région avant de connaître une grande éclosion avec les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Après un séjour fructueux dans le maillot vert et orange, il a été retenu par l’Attak de Trois-Rivières, alors club-école de l’Impact. C’est alors qu’il s’est frayé un chemin jusqu’au grand club.

«J’aurais pu continuer un peu plus longtemps, mais ça s’est fait sur le tard pour moi. Je me rappelle qu’à mon premier camp d’entraînement, l’entraîneur Bob Lilley m’avait gardé avec l’équipe jusqu’à la toute fin. Puis, à la fin du camp, il m’avait dit que j’étais mieux de me concentrer sur l’enseignement, compte tenu que les salaires de recrues n’étaient pas très élevés à cette époque. Il estimait que je gagnerais mieux ma vie comme professeur. Ça m’avait évidemment motivé à continuer à jouer. J’ai donc fait les deux en même temps pendant un bout de temps, je jouais et j’enseignais!», se souvient celui qui enseigne aujourd’hui à l’école secondaire Des Pionniers.

Ce même été, le Trifluvien d’adoption Jean-Louis Bessé, également membre de l’Attak, avait aussi eu droit à un bref passage avec l’Impact. Pour le grand attaquant, ce moment de gloire avait duré 12 minutes, le 13 août 2008, dans une défaite de 1-0 face aux Rhinos de Rochester.

Balbinotti, le prochain?
Toujours passionné par le ballon rond, Lesage suit à distance les activités de l’Impact et l’ensemble du soccer régional. Il garde bien entendu un œil attentif sur Gabriel Balbinotti, un Trifluvien d’adoption qui fait présentement ses classes avec le nouveau club-école de l’Impact, le Fury d’Ottawa. «Aujourd’hui, le calibre de l’Impact est beaucoup plus fort qu’à mon époque. Gabriel est encore très jeune. À son âge, le gros du travail, c’est de rester positif et de saisir l’occasion quand elle se présente», lance sagement Lesage.