L’équipe de la République dominicaine, qui a voyagé dans la Ligue Can-Am en 2017 et 2018, n’avait pas offert un calibre de jeu très relevé.

«Ça ressemble à une guerre diplomatique»

Trois-Rivières — Les Aigles de Trois-Rivières ne sont pas les seuls à attendre l’arrivée de renforts en provenance de la République dominicaine. Les Miners de Sussex, dont l’alignement est fort bien garni déjà, commencent à trouver le temps long. Leur gérant, Bobby Jones, n’a pas peur de parler d’un conflit politique entre ce pays des Antilles et la Ligue Can-Am.

«Ça ressemble à une guerre diplomatique et c’est frustrant pour tout le monde», soupire Jones, en parlant de l’absence de ses joueurs clés Daniel Mateo, Ivan Pineyro et Pedro Ciriaco. Mateo est un ancien des Aigles, tandis que Ciriaco a joué dans le Baseball majeur. De son côté, Pineyro a lancé près de 100 matchs dans les réseaux AAA et AA. Bref, ce sont des joueurs d’impact qui feraient des Miners une équipe encore plus dominante. Tous ces joueurs sont présentement confinés dans leur pays natal, leur visa de travail n’ayant toujours pas été délivré.

«Ça fait des semaines qu’on attend, c’est honteux.»

Jones, à l’instar du directeur général des Aigles, René Martin, croit que ces retards s’expliquent par la fin abrupte de l’association entre l’équipe de la République dominicaine et la Can-Am, l’an passé. Les Dominicains, qui faisaient une tournée dans le circuit alors dirigé par Miles Wolff, n’avaient pas offert du jeu compétitif (0-9) contre les trois équipes américaines. Ils devaient franchir les frontières au cours de l’été afin de visiter les Aigles, les Champions d’Ottawa et les Capitales de Québec, mais Wolff a décidé de les remplacer par un club indépendant composé de jeunes joueurs sans expérience. En 2017, le calibre des Dominicains avait tout autant déçu les organisations et les amateurs, surtout en comparaison du niveau de jeu des Cubains et des Japonais de l’Île Shikoku.

«Les Dominicains étaient mal organisés, c’était un fouillis simplement pour les visas. Miles a eu peur qu’ils ne puissent pas entrer au Canada, on a donc dû trouver un plan B. Les Dominicains n’ont pas apprécié», explique René Martin, qui vit désormais les conséquences de ce conflit diplomatique. Juan Kelly, considéré comme un futur troisième ou quatrième frappeur, ainsi que le lanceur Jose Santiago ne peuvent rejoindre les Aigles pour l’instant.

«On a besoin de ces gars. Ça fait six rendez-vous qu’ils prennent à l’ambassade, c’est une véritable blague! Dans les autres ligues de baseball indépendant, les Dominicains sont arrivés dans leur équipe respective. Kelly et Santiago sont malheureux, ils perdent de l’argent et nous, on perd des matchs avec un alignement moins fort.»

Martin, qui a dépêché quelqu’un en République dominicaine pour soutenir ses joueurs, a la confirmation que tous les papiers sont désormais en ordre. Prochain rendez-vous: mercredi prochain. «On se doute qu’il y a collusion. Si ça ne marche pas la semaine prochaine, nous en aurons la preuve.»

Les Aigles joueront à Ottawa, de vendredi à dimanche.