Il n’aura lancé que six matchs pour les Aigles, mais Jacob Evans a eu un impact considérable dans la fin du calendrier. Dommage que les amateurs de Trois-Rivières n’aient pu le voir que deux fois au Stade Stéréo Plus.

Bulletin des Aigles: des montagnes russes au monticule

Trois-Rivières — Le gérant des Aigles T.J. Stanton identifiait Kramer Sneed et Yender Caramo comme ses deux meilleurs lanceurs en début de saison, des joueurs au statut vétéran de surcroît. Au final, Sneed n’aura été que de passage tandis que Caramo n’aura jamais assuré dans son rôle de meneur de la rotation.

Par chance, d’autres ont élevé leur jeu d’un cran pour sauver la saison de l’équipe.

Jacob Evans (A)
Lanceur par excellence de la Ligue Can-Am en août, son seul mois complet d’activités, fait de Jacob Evans l’artilleur le plus dominant chez les Aigles pour la saison 2018. Son excellent ratio de retraits sur des prises (37) par rapport aux buts sur balles (8) a permis de donner un second souffle à une rotation qui recherchait encore son as durant les vacances de la construction.

Le gaucher Evans, 24 ans seulement, vivait des moments difficiles dans le réseau AA des Cards de St.Louis, un club habitué de former d’excellents jeunes. Son arsenal de tirs devrait lui rouvrir la porte des échelons supérieurs.

Kevin McNorton (A-)
La révélation de l’année sur le monticule. Étiqueté comme le cinquième partant potentiel de la rotation en mai, l’athlète de l’Alabama a rapidement gravi les échelons. Il était le cheval du groupe, en vertu de ses 128 manches lancées. Difficile de croire que McNorton a traversé une séquence plus ardue, conséquence d’une mononucléose. Rien n’a paru sur le terrain. McNorton a attaqué de front tous les frappeurs qui se succédaient à la plaque. Certains lanceurs plus expérimentés auraient eu intérêt à imiter leur coéquipier de 26 ans...

Chris Murphy (B+)
Est-ce qu’un lanceur qui mérite 11 victoires dans un calendrier de 100 matchs mériterait au minimum la note de A sur son bulletin de fin d’année? Peut-être. Le hic avec Murphy, c’est qu’il a montré deux visages pendant toute la campagne. Il a souvent flanché dans les moments importants, comme lors de la première partie des séries à Trois-Rivières. Il était même passé près d’échapper le match d’ouverture en mai contre Rockland, malgré un coussin de sept points forgé par ses coéquipiers dès la première manche!

Son poste était déjà menacé à la fin juin, mais il a su rebondir pendant les chaudes journées de l’été. Dommage que l’équipe ne lui ait rien donné en attaque pendant le match ultime de la demi-finale.

Ethan Elias (B+)
Lanceur partant du match inaugural à Ottawa, Ethan Elias a par la suite effectué avec succès sa transition vers la longue relève. Il a éteint les feux à plusieurs reprises, surtout en fin de saison, guidé par une rapide qui descendait à 93 et 94 milles à l’heure. S’il peut soigner la précision de certains de ses tirs, il sera encore plus redoutable.

Kyle Halbohn (B)
Il affiche la deuxième meilleure moyenne de points mérités du groupe (3,08). C’est la première fois qu’il voyait autant de volumes en termes de manches lancées depuis ses débuts chez les pros, en 2016. Somme toute, une bonne acquisition de T.J. Stanton.

Shaun Ellis (B)
Releveur numéro un de l’enclos, Ellis n’a pas répondu aux attentes dans les premières semaines, même qu’il sabotait davantage qu’il assurait. Son vécu a fait en sorte qu’il a su redresser la barque: à la fin de l’année, les frappeurs ne frappaient que pour ,226 contre lui. Il est regrettable qu’il ait subi une importante blessure à la fin du calendrier. Si l’opération de type Tommy-John est nécessaire dans son cas, à 31 ans, on est en droit de se questionner sur son avenir comme joueur. Chose certaine, c’est un capitaine et un joueur fort apprécié.

Taylor Hyssong (B-)
Gaucher de service envoyé sur la butte pour gérer certaines situations précises, Hyssong a relevé le défi à plusieurs reprises. C’est toutefois au volume, après avoir lancé pendant plus d’une manche, que les choses pouvaient se gâter rapidement dans son cas. Hyssong a du potentiel et il a quand même gagné cinq matchs en 2018, tout ça en seulement 40 manches et deux tiers de services. Plusieurs voudraient le revoir au Stade Stéréo Plus, avec raison.

Tyler Garkow (B-)
Un apprentissage parfois ardu pour celui qui n’avait jamais touché à un tel niveau de compétition. Par contre, on lui a donné des mandats importants en dépit de son manque d’expérience. Alternant entre la rotation des partants et la relève, il aura affronté près de 400 frappeurs. À 28 ans, il n’est plus très jeune, ce sera un pensez-y-bien pour 2019.

Yender Caramo (C+)
En voilà un qui a déçu ses entraîneurs et les amateurs, à sa première saison dans la Ligue Can-Am. Caramo a accordé pas moins de 14 circuits à l’adversaire, le plus haut total par un lanceur des Aigles cet été. Stanton n’avait plus confiance en lui, il n’a d’ailleurs pas été utilisé en séries éliminatoires, en dépit d’une confrontation qui aura duré cinq parties contre les Miners de Sussex.

Est-ce que Caramo est arrivé à Trois-Rivières dans les meilleures dispositions sur le plan physique? Difficile d’y croire. Disons qu’il était aux antipodes de tout ce que Kevin McNorton a démontré.

Angel Rincon (C)
Il termine sa saison avec une moyenne de points mérités beaucoup trop haute (4,90), surtout pour un lanceur au statut LS-4. Son manque de constance aura fait mal aux Aigles. Combien de fois a-t-il failli perdre un match à lui seul? Trop souvent aux yeux de certains. Samedi dernier, alors que les Aigles se battaient pour leur survie, Rincon a rempli les sentiers pour Sussex, en fin de neuvième manche. Ça aura pris l’entraîneur des lanceurs, Matthew Rusch, pour freiner la menace. On aurait pris davantage de Rusch et moins de Rincon dans cette saison 2018...