Steve Turcotte
Mikaël Zewski
Mikaël Zewski

Boxeurs confinés: «J’espère que nous serons les prochains!»

CHRONIQUE / Le déconfinement sportif s’est accéléré ces dernières semaines. Avec la réouverture des arénas dévoilée mercredi, il reste bien peu de disciplines sur les lignes de côté.

La boxe en fait partie.

Chez nous, Mikaël Zewski et Simon Kean commencent à taper du pied. «J’espère que nous serons les prochains. Il reste pas mal juste les sports de combat!», souligne Zewski, qui aimerait mieux comprendre le raisonnement derrière la décision de garder son sport au neutre. «Il doit y avoir des raisons, bonnes ou mauvaises… Je regarde ça, je me dis que la boxe professionnelle concerne un très petit pourcentage de la population, on peut se faire tester souvent. Mais bon, j’ai le sentiment que ça achève. À mon avis, on devrait avoir de bonnes nouvelles bientôt!»

Zewski n’a évidemment pas attendu le feu vert pour reprendre l’entraînement. À part le sparring, qui est interdit, il abat chaque semaine la somme de travail nécessaire pour se garder dans une forme le séparant d’un combat de quatre semaines. Son poids est au même point que ses efforts. Lui qui se bat à 147 livres se promène en Mauricie actuellement autour de 168 livres. «Une vingtaine de livres à perdre à quatre semaines d’un combat, c’est pas mal le standard. Je cours cinq fois semaine, je serai prêt quand on fera appel à moi.»

Simon Kean

Le protégé d’Yvon Michel a d’ailleurs refusé une première offre il y a trois semaines. Aux États-Unis, la boxe a repris son envol. Top Rank a sondé son intérêt en lui soumettant une bonne offre – de loin supérieure à celle que Camille Estephan lui avait expédié au début de la pandémie. Le problème, c’est que Zewski ne disposait que de trois semaines pour achever sa préparation. «Ce n’était pas assez. Surtout que je ne peux mettre les gants en ce moment. Il y avait aussi de l’incertitude pour ma mobilité. Est-ce que j’allais traverser les douanes? Tu investis dans un camp et tu es refoulé aux frontières par la suite, ce n’est pas quelque chose qui serait plaisant. Dans ces conditions, on a refusé», confie-t-il. «Par contre, cette offre prouve que mon nom circule aux États-Unis. Nous avons été clairs: à quatre semaines d’avis, on embarque!»

Zewski s’attend d’ailleurs à ce que son prochain combat soit livré de l’autre côté de la frontière, idéalement cet été. «C’est super bien organisé à Las Vegas, il y a trois programmes par semaine. Tu arrives au MGM une semaine avant ton combat, tu es testé puis si tu es ok, on te place à l’intérieur de la bulle où tu restes jusqu’au combat. Tu manges, tu dors, tu t’entraînes sous cette bulle. Au plan télévisuel aussi, ça fonctionne bien. Comme téléspectateur, tu ne te rends pas compte que le gala est présenté à huis clos.»

Kean sur le point de déménager

Kean a lui aussi hâte d’être fixé sur son prochain combat. Il a une date en poche, le 18 septembre. Mais pour l’instant, ce gala planifié par son patron Estephan ne peut quitter la planche à dessin. «Je m’attends à de très bonnes nouvelles bientôt. D’ici la mi-juillet, en fait. Ça tombe bien, c’est le moment pour partir en camp d’entraînement en vue du 18 septembre!»

L’olympien assure qu’il ne se tourne pas les pouces d’ici là. Il a commencé à travailler sous les ordres de Vincent Auclair dans les parcs de la métropole. Il fait la route trois fois par semaine pour rejoindre Auclair. La route sera raccourcie dans deux semaines, puisqu’il déménage à Laval. «J’ai hâte!»

En temps de pandémie, Kean s’est essayé dans le déménagement, une aventure qui a été de très courte durée. Il a aussi aidé quelques amis avec leur toiture, lui qui a une formation de couvreur. «Au départ, je croyais que le confinement allait durer plus longtemps, c’est pour ça que je me suis parti une entreprise de déménagement. J’ai toutefois eu des pépins d’assurance, alors je l’ai vendue. J’ai fait quelques toits aussi mais sinon, je m’entraîne. Je veux m’assurer d’être prêt quand la cloche va sonner.»

Kean dit avoir hâte de retrouver Auclair au gym de Marc Ramsay. «Au départ, on avait étudié la possibilité que j’aille m’entraîner dans un autre pays. Je réalise que j’ai pris la bonne décision. Il y a juste de la boxe dans ce gym. Pas de filles, pas de boxe récréative, pas de musique. Juste des champions du monde, avec d’autres boxeurs qui sont prêts à faire les sacrifices pour suivre leurs traces. Honnêtement, je sais que je vais beaucoup m’y plaire.»