Pierre Slusarek vise de rallier les 42,2 km du Marathon de Berlin, dimanche, en un temps inférieur à 2 heures 40 minutes. Il compléterait ainsi les six marathons majeurs, tous sous ce chrono.

Boucler la boucle à Berlin

Courir un marathon demande un plan d'entraînement étoffé et une discipline rigoureuse. Compléter les six marathons majeurs de la planète requiert tous ces critères, un peu d'argent et une passion évidente pour la course à pied. Tous les terminer avec un chrono digne des meilleurs coureurs amateurs au monde, ça relève de l'exploit. Surtout à 50 ans!
Si tout se déroule comme prévu, Pierre Slusarek bouclera la boucle dimanche d'un projet qui lui est cher: franchir la ligne d'arrivée des six marathons les plus importants du globe. Après Boston (2014), New York (2015), Chicago et Londres (2016) ainsi que Tokyo (février 2017), le Latuquois courra dans les rues de Berlin en fin de semaine vers sa quête: le fameux certificat attestant de ses exploits. 
«Les six majeurs, c'est un rêve que je cajole depuis que j'ai 47 ans, rappelle-t-il. J'aimerais bien finir les 42,2 km en moins de deux heures 40 minutes.»
Oui, c'est très rapide, un marathon sous les trois heures. S'il évite les incidents fâcheux et qu'il ne se blesse pas, Slusarek a bon espoir de concrétiser son chrono. Difficile de recenser toutes les performances individuelles à l'échelle planétaire, mais une course sous les 2 h 40 le positionnerait avantageusement dans l'histoire moderne de la course à pied pour son groupe d'âge, toujours chez les amateurs. 
«Je serais peut-être un des coureurs parmi les plus rapides dans ma tranche», sourit le principal intéressé, qui quitte le pays jeudi pour ce dernier mandat.
Pas question cependant d'arrêter la course une fois ce marathon derrière lui. «Je vais courir pour le plaisir, peut-être avec un cran d'intensité de moins. Cet été, j'ai couru un marathon de pratique entre St-Jérôme et Val-David, près de la rivière du Nord. Le paysage était super. C'est de ça que je veux profiter dans l'avenir. La maladie du chrono, je veux m'en débarrasser», témoigne Slusarek, désireux de participer au Marathon de Paris en 2018. «J'aimerais aussi aller en Pologne, le pays de mes ancêtres.»
Au sein de l'élite
Pierre Slusarek sera à l'avant du bloc A dimanche matin à Berlin, au sein du groupe de coureurs parmi les plus rapides à s'élancer. Pour l'occasion, il sera entouré d'athlètes pour la plupart beaucoup plus jeunes que lui. Le Marathon de Berlin est reconnu comme le plus rapide des six majeurs. C'est souvent dans les rues de la capitale allemande que des records mondiaux sont battus. «Parce que le parcours est plat. Ça ne veut pas dire que ce sera facile par contre!»
D'autant plus que Slusarek a négocié avec une blessure au nerf sciatique cet été, le privant du coup de précieuses heures d'entraînement. «Déjà qu'un marathon ça taxe le système, j'ai ressenti un peu d'inquiétude. La bonne nouvelle, c'est que je ne sens plus les soubresauts depuis deux semaines. J'ai même eu des entraînements intenses, alors on se croise les doigts!»
Premier du classement canadien chez les 40 ans et plus - sa performance de 2h37,07 est la 16e plus rapide au pays cette année - Slusarek reconnaît que ses réalisations tiennent de l'exploit. 
«Les gens m'abordent souvent là-dessus et ce qui les impressionne, c'est que j'ai commencé sur le tard, dans la quarantaine. Moi-même parfois, je peine à croire ce qui m'est arrivé.»
En effet, il y a 10 ans à peine, rien ne prédestinait cet ingénieur de l'usine WestRock à la course à pied. En ce sens, Pierre Slusarek aime rappeler qu'il avait une bonne base, et ce, dès l'âge de 8 ans!
«Mes parents étaient des producteurs maraîchers à Lanoraie, j'étais toujours dehors à bouger et à travailler avec eux. J'ai lu sur le sujet et le squelette se développe beaucoup durant l'enfance en fonction de nos activités, de notre routine. Ça n'a certainement pas nui à ma carrière de coureur.»
Slusarek entamera son ultime marathon majeur à 3 h 15 dimanche matin, heure du Québec.