Félix Auger-Aliassime doit prendre les bouchées doubles afin de poursuivre son ascension en 2019.

Bilan mitigé pour Tennis Canada

Les dirigeants de Tennis Canada ont dressé un bilan en deux temps de la dernière saison. S’ils sont particulièrement satisfaits des résultats de leur équipe masculine, ils admettent d’emblée être «restés sur leur faim» du côté des dames.

Après tout, seule Eugenie Bouchard, de Westmount, est parvenue à percer le top 100 cette saison, en vertu de sa 88e place au classement mondial de la WTA. Ses compatriotes, Bianca Andreescu (156e), Rebecca Marino (190e), Katherine Sebov (204e) et Françoise Abanda (224e), notamment, en ont toutes été exclues.

«Chez les filles, on aurait aimé faire mieux», a reconnu Louis Borfiga, vice-président du développement de l’élite, en conférence de presse mercredi matin au stade IGA. «C’est un petit peu décevant, compte tenu de la qualité des joueuses en présence», a renchéri Sylvain Bruneau, l’entraîneur responsable du programme national féminin. «Selon moi, de manière réaliste, nous pouvons espérer compter trois filles dans le top 100 mondial.»

Bien qu’il n’ait pas voulu préciser l’identité des trois joueuses en question, Bruneau a reconnu qu’il croit dur comme fer que Bouchard pourra poursuivre son ascension au classement en 2019, pour diverses raisons.

«Elle avait trois gros objectifs à atteindre en 2018; elle devait jouer des matchs, se remettre en forme physique et trouver de la stabilité dans son entourage», a-t-il énuméré. «Je dirais qu’elle a atteint deux de ces trois objectifs. Elle a disputé de nombreux matchs et a démontré qu’elle était plus performante, plus forte, notamment grâce à son préparateur physique Scott Burns.

«Et puis, il reste maintenant à régler son environnement. Ceci étant dit, je suis très content qu’elle travaille maintenant avec Michael Joyce. Je crois qu’ils ont le même type de tempérament et qu’ils sont sur la même longueur d’onde.»

Ce qui n’a pas nécessairement été le cas pour Bruneau et la Montréalaise Françoise Abanda la saison dernière. Cette dernière s’est d’ailleurs retrouvée au centre de nombreuses controverses au fil des derniers mois, notamment au sujet de son absence d’une vidéo promotionnelle de Tennis Canada. Elle a aussi allégué en septembre avoir été forcée de disputer un match à la Coupe Banque Nationale de Québec, en dépit du fait qu’elle se disait incommodée par une blessure.

Mercredi, Bruneau, pesant chacun de ses mots, a voulu remettre les pendules à l’heure une bonne fois pour toutes. «J’aime beaucoup Françoise; il n’y a pas de ressentiment, d’aucune façon», a-t-il assuré. «Vous savez, chacune des filles a une personnalité; parfois, il y en a une qui parle un peu plus, d’autres un peu moins, c’est correct. Mais elle entre dans une période cruciale de sa carrière. Le prochain mois sera très important pour elle; elle devra se remettre en forme sur le plan physique et tennistique. Je crois vraiment qu’elle pourrait faire beaucoup plus que ce qu’elle fait présentement.

«Il faut qu’elle soit à fond dans tous les tournois», a-t-il ajouté, en référence à la joueuse qui a présenté une fiche de 18-19 cette saison. «Elle a un talent énorme et elle livre la marchandise lorsqu’elle se retrouve dans les grands moments. Elle doit maintenant le faire même quand les projecteurs ne sont pas sur elle, même si cela veut dire accomplir des exploits dans l’anonymat. Il faut qu’elle parvienne à enchaîner.»

Auger-Aliassime dans le top 70?

Du côté masculin, les dirigeants de l’organisation ont offert des louanges dithyrambiques à Milos Raonic (18e au monde), Denis Shapovalov (27e), Vasek Pospisil (70e) et Félix Auger-Aliassime (109e), même si ce dernier n’est pas parvenu à atteindre l’objectif de percer le top 100 qu’il s’était fixé pour la saison 2018.

«C’est un bilan positif. Les deux premiers mois ont été assez compliqués, en raison des blessures, donc le démarrage de la saison a été difficile, a admis Guillaume Marx, entraîneur responsable du programme national masculin, au sujet du natif de L’Ancienne-Lorette. «Mais il s’en est fallu de peu pour qu’il perce le top 100, donc c’est difficile de dire qu’il s’agit d’un échec quand on passe si près.»

Marx a d’ailleurs indiqué qu’Auger-Aliassime traverse présentement une période cruciale de sa carrière au cours de laquelle il doit prendre les bouchées doubles afin de préserver les points acquis la saison dernière et poursuivre son ascension en 2019.

«Il va falloir qu’il prenne part encore à quelques tournois de la série Challenger, mais le but c’est qu’il fasse de mieux en mieux dans les tournois de l’ATP. S’il y parvient, alors forcément notre objectif c’est qu’il perce le top 75, ou même le top 70, la saison prochaine. Et à partir de ce niveau-là, il ne sera pas obligé de participer à des tournois Challenger.»

D’ici là, Auger-Aliassime reprendra l’entraînement dès jeudi matin à Montréal avant de participer à un camp d’entraînement intensif de trois semaines en Floride. Il devrait ensuite effectuer un retour à la compétition dès les premiers jours de janvier.

«Nous attendons de voir le calendrier, mais ce sera soit en Australie, soit en Inde», a révélé Marx.