Depuis l’arrivée de Claude Julien, le Canadien est 21e dans la LNH pour les victoires, 22e pour les points, 11e pour les buts accordés.

Bilan mitigé de l’an 1 de Claude Julien

Il y a un an, les discussions de hockey s’invitaient dans les soupers de Saint-Valentin un peu partout à travers le Québec. Claude Julien venait d’être nommé entraîneur du Canadien de Montréal.

Maintenant, 365 jours et 79 matchs plus tard, quel bilan peut-on faire de cette embauche?

«Vous me rappelez que ça fait un an, a dit Julien. Je n’ai pas vraiment pensé au bilan, je pense à ce qu’on doit faire pour continuer à bien jouer, mais changer nos performances en victoires.»

On ne peut pas reprocher à Claude Julien de ne pas essayer. Encore hier, à 10 points des séries, l’entraîneur a admis qu’il «n’a pas fermé les livres, même si les chances sont minimes». Son plan de match n’a jamais changé : responsabilité dans sa zone, récupération de rondelles, sorties efficaces, attaques en unité de cinq, circulation devant le filet.

«Il était assez similaire à Boston, explique Joe Morrow, qui l’a connu dans les deux environnements. Il a des tendances similaires dans son style et communique avec les joueurs de la même façon. Cette équipe est bâtie différemment de ce qu’il avait avec les Bruins, mais dans l’ardeur au travail, dans ses attentes pour les joueurs, il y a des similitudes.»

Depuis l’arrivée de Julien, le Canadien est 21e dans la LNH pour les victoires, 22e pour les points, 11e pour les buts accordés. Le Canadien est en milieu de peloton pour les unités spéciales, avantage et désavantage numériques. Rien de prodigieux, rien de scandaleux.

Le problème

Le gros problème réside ici : le Canadien est 28e pour les buts marqués. Certains ont beaucoup ralenti. C’est le cas de Max Pacioretty, qui est pourtant le meilleur marqueur de l’ère Claude Julien avec 23 buts et 50 points en 78 matchs. C’est quand même 20 points de moins que pour le même nombre de matchs avant l’arrivée de Julien.

Galchenyuk suit son capitaine avec 47 points en 79 matchs. Mais lui aussi a ralenti : il en avait 59 pour les 79 matchs précédents, dont le double de buts (33 au lieu de 17). Toute l’année, ces joueurs ont été au cœur des préoccupations de Claude Julien, avec raison.


Je veux m’améliorer constamment, a reconnu Julien à propos de sa dernière année. Je ne me suis jamais dit satisfait de mon coaching, et c’est dans les moments difficiles que tu as la chance de t’améliorer encore plus
Claude Julien

«Je veux m’améliorer constamment, a reconnu Julien à propos de sa dernière année. Je ne me suis jamais dit satisfait de mon coaching, et c’est dans les moments difficiles que tu as la chance de t’améliorer encore plus. Tu dois prendre des décisions difficiles, tu dois garder ton sang-froid, tu dois être positif, tu dois être encore plus travaillant pour améliorer ton équipe. Quand ton équipe gagne, c’est facile.»

Claude Julien n’est pas habitué à rater les séries. Il se réjouit au moins de voir la progression de ses jeunes joueurs, un de ses principaux objectifs cette saison.

«Il y a des inconvénients avec ça, mais je vois des jeunes qui s’en vont dans la bonne direction. Des gens vont dire qu’on est exclus des séries, je comprends, mais on voit les Scherbak, les Hudon, les Mete, des jeunes qui continuent de s’améliorer. Ça regarde bien pour le futur.»

Julien regarde vers l’avenir, garde les pieds dans le présent. Ça ne pourra pas durer éternellement, surtout avec la date limite des transactions qui approche à grands pas. Maintenant, on peut se demander pourquoi, en conclusion, le bilan de l’an 1 de Claude Julien est si mitigé.

Il y a la faute aux joueurs en partie, la faute à l’entraîneur aussi, c’est inévitable. Mais on doit garder en tête que Marc Bergevin, de toute évidence, a connu son pire été depuis qu’il est en poste. C’est une chose de ne pas toujours avoir le bon plan de match, c’est encore pire de ne pas avoir les bons joueurs pour l’appliquer.

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MISES AU JEU: LE CH A DIT NON À MARC BUREAU

Le Canadien connaît une saison de misère au cercle des mises en jeu, et un ancien joueur estime qu’il aurait pu aider l’équipe à trouver des solutions à ce chapitre.

Marc Bureau, qui a joué pour le Canadien pendant trois saisons, de 1995 à 1998, a proposé ses services au directeur général Marc Bergevin en début de saison. Bureau, jadis un joueur de centre émérite au chapitre des mises en jeu, estime que la formation montréalaise aurait intérêt à embaucher un entraîneur comme lui, spécialisé dans cet aspect du jeu.

Mais la direction du Canadien n’a pas donné suite à cette proposition. «J’ai été en contact avec Marc [Bergevin] en début de saison, on se connaît, j’ai joué avec lui à Tampa Bay, a expliqué Bureau. J’ai beaucoup regardé les matchs du Canadien la saison dernière et je me disais que l’équipe pourrait bénéficier d’un entraîneur spécialisé pour aider les joueurs aux cercles des mises en jeu cette saison. Marc [Bergevin] n’a pas donné suite à ma proposition cet automne; l’équipe commençait à aller mal, et j’imagine qu’il avait d’autres chats à fouetter.»

Marc Bureau, qui travaille aussi comme consultant avec les Huskies de Rouyn-Noranda, n’exagère pas quand il affirme que le Canadien connaît des ratés au cercle des mises en jeu. En fait, l’équipe est parmi les pires formations de la LNH sur cet aspect.

28e rang

Avant les matchs de mardi soir, le Canadien arrivait au 28e rang du circuit au chapitre des mises en jeu, avec un taux de réussite de seulement 47,7 %. En guise de comparaison, les Stars de Dallas, installés au sommet de ce classement, remportent 53,3 % de leurs mises en jeu.

«Au football, il y a maintenant des entraîneurs pour chacune des positions, ajoute Marc Bureau. Au hockey, ce n’est pas encore spécialisé comme ça, mais ça change. À Chicago, les Blackhawks ont engagé Yanic Perreault pour aider les joueurs aux mises en jeu. Ce n’est pas que le Canadien a de mauvais centres, mais ils n’ont probablement jamais eu quelqu’un pour leur enseigner la bonne manière de procéder au cercle des mises en jeu.»

Marc Bureau, qui a jadis enseigné l’art de la mise en jeu avec beaucoup de succès à Patrice Bergeron dans les rangs juniors à Acadie-Bathurst, rappelle que vers la fin de sa carrière, les Flyers de Philadelphie l’avaient embauché, en 1998-1999, principalement en raison de ses succès dans cet aspect du jeu.

«Enseigner les mises en jeu, ce n’est pas seulement aller sur la glace avec une chaudière et laisser tomber des rondelles devant deux gars; ça va plus loin que ça, tient-il à dire. Je ne veux pas prendre la place de personne chez le Canadien, mais je pourrais aider.»  La Presse