On s’attend à ce que les terrains de golf fassent partie de la première phase de déconfinement au Québec. Si cela se concrétise, les adeptes de la petite balle blanche devront toutefois se plier à une série de mesures afin d’éviter la propagation du coronavirus.
On s’attend à ce que les terrains de golf fassent partie de la première phase de déconfinement au Québec. Si cela se concrétise, les adeptes de la petite balle blanche devront toutefois se plier à une série de mesures afin d’éviter la propagation du coronavirus.

Bientôt du golf en Mauricie?

Trois-Rivières — Les terrains de golf figureront-ils parmi les premiers lieux à expérimenter un déconfinement progressif? Golf Mauricie a bon espoir d’annoncer des nouvelles positives en ce sens bientôt.

Si le gouvernement du Québec permet aux clubs d’accueillir les clients en respectant les normes de distanciation physique ainsi que des mesures sanitaires strictes, il n’est pas impossible que l’action reprenne aussi tôt qu’à la mi-mai.

Lundi matin, Le Journal de Montréal faisait état d’un document préparé par la Table de concertation de l’industrie du golf et envoyé au gouvernement provincial. Ce regroupement inclut les associations régionales comme Golf Mauricie, ainsi que Golf Québec et Golf Canada.

Le mot d’ordre: sécurité

Chez Golf Mauricie, le mot d’ordre demeure la sécurité. Oui, le plan proposé rend enthousiaste la communauté de la petite balle blanche. Pas question cependant de sauter les étapes.

«La priorité demeure la santé de nos membres et de notre clientèle», assure Alain Dufresne, membre du conseil d’administration de l’organisme. «Est-ce que la Santé publique permettra aux golfeurs de 70 ans et plus de fréquenter les terrains? Quelles seront les contraintes? Ces gens forment une très grande partie de notre industrie.»

La Table de concertation suggérerait des départs avec un maximum de quatre joueurs, qui devraient respecter les deux mètres de distance entre eux. Une attention particulière serait portée sur les tertres de départ et les verts, où les gens ont l’habitude de se rassembler davantage.

Un dispositif permettra de sortir la balle des trous sans toucher au fanion. Les râteaux, les poubelles et les endroits pour laver la balle ne seraient pas disponibles non plus.

«En général, nous allons nous fier au bon jugement des joueurs, reconnaît Alain Dufresne. Notre sport est reconnu pour sa tradition et sa réglementation: la plupart des adeptes respectent les consignes. Nous allons peut-être mandater certains membres ou des employés, au début, pour nous assurer que tout est conforme.»

Bon pour la santé mentale!

Professionnel depuis plus de 30 ans, Luc Richard estime que la réouverture anticipée des clubs apportera du réconfort à beaucoup de gens.

«Ça va faire du bien à notre santé mentale collective! L’esprit du sport nous manque. Parfois, l’hiver nous joue des tours dans la planification de la saison, mais là, c’est un tout autre adversaire. L’attrait de la sociabilité ne sera pas le même avec la distanciation, sauf qu’il sera certainement possible de fraterniser.»

Casse-tête à prévoir?

Si le gouvernement donne son feu vert à l’ouverture des clubs, il sera intéressant de voir comment les golfeurs réagiront. On sait que les départs seront espacés de 15 minutes. Est-ce qu’il y aura de la place pour tout le monde?

«Si la règle du 15 minutes s’applique entre chaque départ, nous pourrions accueillir entre 75 et 80 personnes par avant-midi. On sait aussi que le golf d’après-midi est moins populaire, donc il y aurait des décisions à prendre. Chose certaine, les membres seront les premiers utilisateurs», est d’avis Luc Richard.

Le professionnel Patrick Ladouceur (Sainte-Flore) entrevoit d’autres défis. «Il faudra avoir une bonne discipline! Juste de gérer les toilettes, ce sera compliqué. Ça fait des mois que les gens ne se sont pas vus, je pense que ce sera difficile de les faire partir. On ne voudra pas passer pour les méchants, mais ils ne pourraient pas s’éterniser sur place.»

S’inspirer de ce qui se fait ailleurs

L’État de New York, l’un des endroits les plus touchés par la maladie à coronavirus, permet dorénavant la pratique du golf. Des provinces au Canada ont également cautionné l’ouverture des clubs, en appliquant bien sûr les mesures sanitaires.

«Il n’y a pas de restriction sur l’âge des joueurs», fait d’ailleurs valoir Pierre Rousseau, des clubs de golf de Louiseville et Grand-Mère.

«Un terrain, c’est 200 âcres. C’est un espace vaste où il est rare d’être proche de quelqu’un. On doit aussi se fier au gros bon sens. Nous sommes prêts à rouvrir en respectant la distanciation. Notre plan prévoit la sécurité de nos clients et de nos employés. Par exemple, il y aura du plexiglas au pro-shop. Les gens qui entreront dans la boutique devront suivre les flèches au plancher. Vous ne pourrez pas être deux dans la même voiturette, à moins de vivre ensemble.»

Pierre Rousseau, à l’image de ses confrères, se dit confiant que tous sauront respecter ces directives. Il reconnaît néanmoins que la fermeture des chalets, donc des bars et des cuisines, entraînera un manque à gagner pour les organisations.

«Ça risque de nous faire mal. C’est pourquoi il faut ouvrir en mai, pour au moins permettre aux joueurs de venir nous visiter, de renouer avec leur sport.»

Patrick Ladouceur s’attend à ce que des sportifs d’autres disciplines redécouvrent le golf dans les prochaines semaines. En Mauricie, des centaines de personnes jouent au dek-hockey ou à la balle. «Ce n’est pas impossible qu’on assiste à un retour d’anciens golfeurs», croit-il.

Objectif: sauver la saison

Les mesures de la Santé publique ne prévoient pas de grands rassemblements d’ici au 31 août. Il ne sera donc pas possible d’organiser des tournois d’envergure dans la région. Il s’agit d’une autre bonne source de revenus qui glissera malheureusement entre les mains des organisations.

Ceci dit, Golf Mauricie n’annoncera pas d’annulations ni de reports de manière hâtive, a indiqué l’organisme dans un communiqué envoyé lundi. Le premier tournoi 4 balles de Golf Mauricie est toujours prévu pour le 31 mai, à Louiseville.