Avec un temps de 2 h 24 m 38 s, Nicholas Berrouard est parvenu à battre le record régional au marathon. Record qui appartenait à Richard Tessier (2 h 24 m 53 s).

Berrouard, le meilleur Canadien à Ottawa

Il a déjà une place de choix dans l'histoire de la course à pied dans la région, mais voilà que Nicholas Berrouard en remet!
Grâce à un temps de 2 h 24 m 38 s au Marathon d'Ottawa, le coureur de 35 ans de Shawinigan a été le premier Canadien à franchir le fil d'arrivée, dimanche dans la capitale fédérale. Un exploit qui lui assure le 23e rang sur 5307 participants et le cinquième de sa catégorie (35-39 ans). Il bat du coup sa marque personnelle de deux minutes, quand il avait gagné le marathon de Montréal en septembre 2015.
Cette performance permet surtout à Berrouard de passer devant Richard Tessier, de Sainte-Anne-de-la-Pérade, pour le meilleur chrono d'un athlète de la Mauricie. En 2003, Tessier avait réussi 2 h 24 m 53 s.
«Je le connais bien Richard, il va m'appeler cette semaine je pense», souriait le héros de la journée, dont l'objectif principal consistait à battre cette marque. Il s'y préparait intensément depuis cinq mois, à raison de dix entraînements par semaine, sept jours sur sept.
«Je suis épuisé. Mentalement et physiquement! J'ai réalisé ce que je voulais, mais je suis magané.»
Au départ, Berrouard ne s'attendait pas à voir autant de coureurs de niveau élite. Il en prévoyait une vingtaine, selon ce qu'il avait consulté avant d'arriver à Ottawa, sauf qu'ils étaient autour de 200 parmi les milliers de personnes présentes. Cela s'explique par la tenue du Championnat mondial des militaires.
«Ça s'est bien passé jusqu'au demi marathon (21 km), je me tenais avec quelques-uns de ces coureurs de l'élite. En regardant mon temps, j'ai remarqué que j'étais à 3:19 du kilomètre, ce qui était plus rapide que le 3:23 que je visais.»
À compter du 25e km, cette réalité l'a rattrapé. Puis, au 30e, il a cassé. «Jusqu'au kilomètre 38, tient à préciser Berrouard. C'est le plus long mur de ma vie. Dans mon pire bout, je courais du 3:38 par kilomètre. Disons que ça allait mal.»
Surtout qu'il ne pouvait se permettre de finir son marathon au-dessus des 2 heures et 25 minutes, car cela impliquait l'absence d'une bourse et le deuil du record régional. De la pression, il en avait.
«Au kilomètre 39, mon ami Philippe Lupien m'a repéré et il a vu que j'en arrachais. Pendant un kilomètre et demi, il a couru avec moi, sur les lignes de côté, pour m'aider à reprendre la vitesse dont j'avais besoin. À ce moment, je courais seul, j'avais échappé le peloton. Si j'ai battu le record de Richard par 15 secondes, c'est un peu grâce à lui! Parce que ma coordination, autant physique que mentale, n'y était plus.»
La bonne nouvelle, c'est que tout se termine de la plus belle des façons pour Nicholas Berrouard, qui complète le plus prestigieux marathon du Canada au premier rang parmi ses compatriotes. Il y a deux ans, il était le meilleur coureur du Québec, le quatrième au pays.
«Je suis fier de m'être distingué dans un marathon aussi prestigieux. Le marathon de Montréal, c'est bien, mais ce n'est pas le même niveau. Il faisait beau, il y avait peu de vent. Il a commencé à faire chaud dans les 10 derniers kilomètres, mais je me sentais vraiment bien. C'est ma revanche sur l'an dernier. J'avais dû abandonner en raison d'une blessure.»
Qui plus est, Berrouard, un membre du club Milpat, a savouré ces moments avec sa conjointe, qui prenait part à l'épreuve du 10 km la veille. Celui qui travaille au Centre national en électrochimie et en Technologies Environnementales, à Shawinigan, aura désormais plus de temps avec ses proches, dont ses deux enfants. Avec, en prime, un chèque de 5000 $! «On va courir ensemble, pour le plaisir!»
Avec la collaboration du Droit