Dans ses temps libres en début de saison, Marc-André Bergeron avait accepté de refiler quelques conseils aux joueurs des Estacades.

Bergeron peut-il aider le Canadien?

CHRONIQUE/ Les choses changent vite dans le hockey. Il y a deux mois à peine, Marc-André Bergeron épluchait les patates à la maison, insatisfait des offres reçues pour poursuivre sa carrière chez les pros. Il avait même flirté légèrement avec la direction du Blizzard de la Ligue nord-américaine, qui voyait en lui un sauveur pour ramener les amateurs de hockey au vieux Colisée.
Bergeron n'a pas succombé à la cour du Blizzard. Convaincu que le jour viendrait où un club de la LNH allait lui offrir une chance de revenir au sein de la meilleure ligue au monde, après un camp d'entraînement fort respectable avec les Blue Jackets.
Il a gagné la première partie de son pari, les Blue Jackets ont cogné à sa porte trois fois plutôt qu'une. Il a finalement accepté un contrat essai de 25 parties avec le club-école de la Ligue américaine à Cleveland, une fenêtre qui lui permettra, croit-il, de prouver qu'il a encore l'étoffe pour suivre dans la meilleure ligue sur la planète. 
Il y avait beaucoup de sceptiques dans la salle sur cette tentative de retour l'été dernier. Normal. Il a 36 ans, il vient de passer les trois dernières saisons en Europe. Il semblait plus stimulé par sa deuxième carrière de gestionnaire des Aigles dans la ligue Can-Am que par son avenir sur deux lames.
Pas de problème, Bergeron a toujours eu à déjouer les calculs, depuis qu'il a évolué dans le midget BB sous les ordres de Sylvain Beauchesne il y a deux décennies! Ce n'est pas aujourd'hui qu'il va s'en faire avec ceux qui le regardent de haut.
Il préfère faire parler son talent. Justement, Bergeron prouve en ce moment que les Blue Jackets n'étaient pas dans le champ gauche. Six points en autant de matchs depuis son arrivée à Cleveland, dont deux buts. Et surtout, un différentiel de +4. Pour un gars qui a raté les trois premiers mois de la saison, voilà une entrée en matière très intéressante, non? 
Tôt ou tard, si Bergeron maintient le rythme, il y a un club qui va finir par lui lancer un S.O.S. Des défenseurs, toutes les équipes de la LNH en cherchent. Imaginez un gars qui coûte des pinottes, et qui est en mesure de donner un coup de main au jeu de puissance!
Il me semble d'ailleurs qu'à Montréal, Bergeron ne serait pas de trop sur l'échiquier défensif, avec un Andrei Markov qui s'est abonné à l'infirmerie depuis décembre. Or sans Markov, le jeu de puissance n'a pas le même aplomb. 
Je sais, Bergeron n'est pas un sauveur. Mais n'est-il pas une option plus intéressante que les Zach Redmond, Joel Hanley et Ryan Johnston avec son coffre d'outils et son vécu? 
On parle quand même d'un gars qui a participé à une finale de la coupe Stanley avec les Oilers, et une finale d'Association avec le Canadien. Il a près de 500 matchs de la LNH derrière son protecteur buccal, totalisant 82 buts. 
En le ramenant au bercail, Marc Bergevin pourrait aussi le préparer à jouer le rôle de grand frère l'an prochain avec le Rocket. Bergeron n'a pas montré beaucoup d'appétit en début de saison pour la Ligue américaine mais avec une équipe à Laval, et un salaire décent, il pourrait probablement se faire convaincre d'étirer un peu la sauce à une heure de route du domicile familial. 
Surtout s'il sait qu'il représente une police d'assurance pour le grand club...