Dans un monde idéal, Marc-André Bergeron aimerait que la moyenne de spectateurs par match aux Aigles s’élève à environ 2000 spectateurs. Elle est d’environ 1700 personnes pour la saison 2019.

Bergeron est fier, mais il en veut plus

TROIS-RIVIÈRES — Pendant toute sa carrière dans la LNH, Marc-André Bergeron a dû se battre pour garder sa place et prouver sa valeur. Aujourd’hui, comme président des Aigles, le défi de l’ex-hockeyeur devenu homme d’affaires est tout aussi grand: maintenir l’image de marque de son club de baseball dans un marché exigeant, année après année.

Bergeron l’admet d’emblée: l’organisation est très heureuse de la réponse du public depuis deux mois. Les Aigles ont réussi à attirer plus de 2000 personnes dans plusieurs de leurs matchs locaux depuis le milieu de l’été, et ce en dépit d’une offre de sorties diversifiées à Trois-Rivières dans cette période de l’année.

«Les gens se rallient à l’équipe, on le sent. Si nous pouvons avoir de longues séries et miser sur l’appui de la foule, ça pourrait avoir un impact important sur notre bilan financier», précise le président, appelé à dresser un bilan provisoire de cette campagne 2019, la meilleure sur le terrain en sept ans d’histoire.

Ce fameux bilan risque de s’écrire de nouveau à l’encre rouge. Non, les Aigles ne seront probablement pas une entreprise rentable à la fin de la saison. Bergeron fait partie d’un groupe de trois actionnaires, avec les hommes d’affaires Michel Côté et Jean Tremblay. La Ville de Trois-Rivières est également impliquée dans la cause du baseball professionnel.

«On a des moyens limités, ç’a toujours été le cas. Gérer un budget d’exploitations d’environ 2 millions de dollars, c’est un défi quotidien pour un marché comme le nôtre dans la Ligue Can-Am. Mais il y a beaucoup de dynamisme autour de l’équipe, nous réussissons à faire de grandes choses avec peu d’employés et de ressources. C’est une belle fierté ça aussi.»

Les Aigles ont attiré un peu moins de 1700 spectateurs par match en moyenne cette saison. Évidemment, les amateurs ont répondu en plus grand nombre à partir de la mi-juillet, mais les débuts de saison ne sont jamais faciles, et ce pour tous les clubs de la Can-Am.

«Nous avons de bonnes pistes de solutions, sauf que pour une ville de 150 000 personnes, dans une région comme la nôtre, je crois que nous devrions remplir notre stade de 4000 places entre trois et cinq fois par année. Je ne le cacherai pas, le but c’est d’avoir autour de 2000 spectateurs en moyenne. Depuis deux mois, on ressemble davantage à ce qu’on veut devenir, mais je suis encore très exigeant, autant avec nos employés qu’avec moi-même.»

Bergeron mentionne que l’objectif premier des Aigles ne consiste pas à accumuler des milliers de dollars en profits.

«Les actionnaires le savent, c’est un petit marché et nous avons des partisans passionnés et impliqués. On aime redonner à la communauté et nous sommes heureux de voir que le baseball mineur est en santé, on le constate avec toutes nos victoires aux championnats provinciaux. Par contre, il y a des années plus difficiles que d’autres dans les finances du club. Cette saison, on est plus confiants, on se croise les doigts pour les séries.»

Bergeron ne peut rien confirmer quant à l’avenir à moyen terme de l’équipe, mais il se montre confiant que la fusion entre la Can-Am et la Ligue Frontier se concrétise cet automne et que Trois-Rivières en fera partie.

«Nous devrions être fixés au début du mois d’octobre. L’idéal, ce serait d’avoir une ligue à 16 clubs.»

Les deux mains sur le tracteur

Marc-André Bergeron n’a jamais été aussi présent dans l’entourage du club. De la maison, dans les bureaux administratifs ou sur le terrain du stade en conduisant le tracteur pour replacer la terre de l’avant-champ, on le voit à peu près partout. «C’est une grosse année pour nous. Je l’ai toujours dit, je n’ai pas étudié en administration des affaires, mais notre club de baseball, c’est un peu comme mon école. Et je veux apprendre entouré de gens de tous les horizons.»

D’où l’idée du club des ambassadeurs, formé cet hiver et regroupant des personnalités issues de tous les milieux, de tous les âges. «Ils me sont d’une aide précieuse. Avec nos employés qui s’ajoutent à ces ambassadeurs, on a trouvé une formule qui fonctionne.»

Il cite entre autres la qualité du service et de la nourriture à la restauration, les trois nouvelles loges derrière le marbre ainsi que l’espace Lounge, au champ gauche. «Les entreprises peinaient à donner leurs billets en mai et juin. Maintenant, les employés se les arrachent, selon ce qu’on m’a dit.»

Bergeron espère que l’enthousiasme des dernières semaines s’étirera dans les séries. «On vise au moins 2500 personnes pour vendredi soir.»