Le défenseur Jordie Benn, qui pourrait être laissé de côté jeudi pour un deuxième match de suite, a simplement déclaré mercredi qu’il se devait d’être meilleur pour pouvoir être de l’alignement à tous les matchs.

Benn, le bouc émissaire?

RALEIGH — Jordie Benn pourrait être laissé de côté pour une deuxième de suite, jeudi, contre les Hurricanes de la Caroline. Rien d’exceptionnel, direz-vous. Le défenseur a connu sa part de problèmes dernièrement. Il a raté ses assignations défensives, ses sorties de zone sont toujours aussi pitoyables.

Bref, la recette parfaite pour se retrouver hors de la formation. Mais il y a plus derrière ce désaveu.

«On prend des décisions de hockey, même si elles ne sont pas toujours populaires», a admis l’entraîneur-chef Claude Julien. «Il n’est pas le seul à connaître des difficultés. J’ai 22 joueurs à ma disposition. Les autres doivent s’assurer de garder leur poste. Nous voulons créer une compétition pour rendre les joueurs meilleurs.»

On doit donc y comprendre, entre les lignes, que le Canadien pense à l’avenir. On veut évaluer quels joueurs peuvent en donner plus, quels joueurs feront partie de la solution. Benn est le symptôme d’un mal plus profond dont le Canadien veut guérir.

Pour l’instant, c’est Benn qui écope. Il le mérite. Julien n’a pas voulu confirmer qu’il ne serait pas en uniforme contre les Hurricanes, mais il était de toute évidence l’homme en trop à l’entraînement, mercredi.

Benn lui-même est conscient qu’il n’offre pas le plein rendement. «J’ai parlé aux entraîneurs, je ne joue pas au bon niveau. Je vais trouver le moyen de revenir et d’être meilleur. Ce n’est pas agréable. Ça réveille. C’est frustrant.»

Sent-il qu’il est le bouc émissaire des problèmes du Canadien? «Non. C’est ce que c’est. Je dois être meilleur. J’ai parlé aux entraîneurs, ça n’a rien à voir avec l’équipe. C’est moi qui dois être meilleur.»

Il n’est pas le bouc émissaire, mais le message de l’entraîneur passe par lui. Tout le monde doit comprendre que plus rien n’est coulé dans le béton. À la défense, David Schlemko a aussi beaucoup à se reprocher puis Karl Alzner et Jeff Petry sont loin d’être parfaits. Leur tour viendra peut-être.

«Il y a une chose de certaine au sujet de Schlekmo : quand tu manques un début de saison et que tu manques un camp, c’est difficile de t’adapter et de revenir au rythme du jeu», a observé Julien. «Il a manqué plus d’un mois de hockey. Il ne joue pas au niveau où on pensait qu’il devrait être. C’est assez évident.»

Et si c’était aussi le moment de regarder ce que Noah Juulsen peut offrir?

Hudon le dépanneur

Paul Byron était absent à l’entraînement, mercredi. Journée de thérapie pour avoir durement heurté la bande après avoir été poussé par Colton Parayko dans le coin de la patinoire. Les options au centre s’amenuisent, si on ajoute les blessures à Phillip Danault et Andrew Shaw.

Quelle a donc été la solution de Claude Julien? Charles Hudon, qui d’autre? Il était au centre de Max Pacioretty et de Daniel Carr, même s’il n’a pas occupé ce rôle avec assiduité depuis l’époque des Bulldogs de Hamilton. Hudon, le parfait dépanneur, encore une fois.

«C’est drôle à entendre, mais je fais juste mon travail. Je me concentre sur les choses que je fais bien sur la patinoire. J’ai dit plusieurs fois que je n’étais pas heureux de mes statistiques personnelles, mais j’aime la façon dont je joue. Je suis arrivé dans la LNH avec un esprit hargneux et je veux créer des jeux.»

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NEUF MATCHS POUR... 97 $

Savez-vous combien il en coûte pour assister à neuf des dix matchs locaux des Hurricanes en février? Un total de 97 $US. Pour tous les matchs. Vous avez bien lu. Et mardi, on encourageait les partisans à échanger leurs billets dans les gradins supérieurs pour un siège de choix près de la glace. On veut un aréna rempli et bruyant, dans l’espoir que le reste suivra. «Ça paraît mieux à la télévision», a reconnu l’attaquant Justin Faulk. «Moins de gens peuvent prendre des clichés et en rire sur Twitter. Nous savons qu’il n’y a personne en haut, nous le voyons, mais nous voyons aussi que c’est rempli en bas. Ce sont les deux côtés de la médaille. Nous faisons notre possible pour rendre l’aréna bruyant et qu’il ait l’air plus rempli que ce qu’il est réellement. Mais si je devais choisir quels gradins je préfère voir vides, je vais choisir ceux du haut.»

Il y a aussi cette idée qui flotte dans l’air de ramener pour des occasions spéciales les couleurs des Whalers de Hartford, ancêtre des Hurricanes. «J’avais une casquette des Whalers», a dit Faulk. «Je la portais très souvent. Je trouve ça excellent.»

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EN BREF

S’attaquer à Parayko ou non?

Claude Julien a été questionné mercredi sur l’inaction de ses joueurs au moment du contact entre Colton Parayko et Paul Byron, mardi. Artturi Lehkonen, Tomas Plekanec et Jeff Petry n’ont pas cru bon d’aller dire leur façon de penser au joueur des Blues. «C’est une poussée loin de la bande, c’est un grand joueur contre un petit joueur», a jugé Julien. «Paul a perdu son équilibre. Je ne protège pas les autres joueurs, Paul est notre joueur, mais on veut aussi être honnête. Quelqu’un aurait-il dû sauter sur Parayko? D’autres joueurs auraient réagi différemment. On aurait aussi perdu l’avantage numérique. À 2-0, avec une pénalité de cinq minutes, nous avions la chance de niveler la marque. Il y a deux côtés à la médaille. «Nicolas Deslauriers admet qu’il aurait eu de la difficulté à se retenir, mais que le six contre quatre pour terminer le match aurait pesé très lourd dans la balance. «C’est une zone grise.»

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Des jeunes à convaincre

L’arrivée du nouveau propriétaire Tom Dundon suffira-t-elle à convaincre les jeunes piliers Noah Hanifin et Sebastian Aho à s’engager à long terme avec les Hurricanes? Hanifin doit devenir joueur autonome avec compensation l’été prochain. «Je veux être ici pour longtemps», a assuré le défenseur de 21 ans, mercredi. «Nous avons un jeune noyau et l’avenir est prometteur. Avec Tom, l’avenir est prometteur. Il veut nous offrir toutes les ressources dont nous pourrions avoir besoin. Savoir qu’on restera à Raleigh pour un bon moment, c’est bon à savoir et je veux faire partie de cette équipe.» Pour Aho, il reste une année à son contrat de recrue. Le deuxième pointeur de l’équipe, tout juste 20 ans, refuse de s’avancer. «Je ne suis pas très bon pour penser à l’avenir. J’aime mieux penser au moment présent. C’est dur à dire.» Mais là encore, en creusant un peu : «J’aime ça ici, j’aime l’équipe, j’aime mes coéquipiers. Le nouveau propriétaire est bon pour nous. L’équipe lui tient à cœur. C’est agréable de jouer quand il y a une bonne foule.»