Le gardien Benjamin Lajoie est pratiquement invincible devant la cage des Estacades depuis le début de la série demi-finale face aux Riverains du Collège Charles-Lemoyne.

Benjamin Lajoie: la pierre angulaire des succès des Estacades

Déjà excellent en saison régulière, le gardien Benjamin Lajoie offre un rendement sublime entre les poteaux des Estacades de Trois-Rivières depuis le début des séries de la Ligue de hockey midget AAA.
Grâce à 92 arrêts lors des deux premiers matchs de la série demi-finale face aux Riverains du Collège Charles-Lemoyne, le portier de 16 ans permet à l'organisation trifluvienne de rêver à une première coupe Jimmy-Ferrari en 23 ans d'histoire.
De glace en lever de rideau de la série quatre de sept, dans un jeu blanc de 4-0, Lajoie en a rajouté lors du second affrontement en repoussant 55 rondelles lors d'un gain arraché en deuxième période de surtemps.
En ne cédant que deux fois sur 94 lancers, l'homme masqué des Estacades affiche un taux d'efficacité de ,979 devant le filet, ce qui représente une amélioration de ses statistiques déjà brillantes en saison régulière (,954 d'efficacité et 1,37 de moyenne de buts accordés).
Aux yeux de ses coéquipiers, il n'y a pas de doute que Lajoie est un incontournable pour expliquer les succès collectifs.
«Il est très solide. Ça donne confiance à tout le monde quand tu sais que le gardien va arrêter les rondelles. Ça change la game», note l'attaquant Alexy Robert, héros inattendu du deuxième match qui a inscrit le filet vainqueur en deuxième prolongation.
L'entraîneur-chef Frédéric Lavoie abonde dans le même sens. «Benjamin fait partie de l'équation depuis le début pour nous. Il fait les arrêts-clés. Il répare très bien nos erreurs.»
Modeste, Benjamin Lajoie préfère vanter les mérites de ses coéquipiers plutôt que de s'attribuer les éloges.
«Tout le succès part du travail fait défensivement. Le nombre de lancers reçus peut paraître élevé, mais ils ne sont pas tous dangereux grâce au bon travail de mes coéquipiers», explique le récipiendaire du trophée Martin-Brodeur remis au gardien le moins généreux du circuit midget AAA en saison régulière.
Ignoré au repêchage de la LHJMQ à l'été 2016, Lajoie est bien au fait que son rendement cette saison pourrait changer l'opinion des recruteurs à son égard. Même s'il admet rêver à la LHJMQ, le portier des Estacades refuse de voir trop loin pour l'instant.
«L'an passé (dans le réseau midget espoir) j'ai trop joué en fonction du repêchage. Cette année, je n'ai pas abordé la saison avec la mentalité de prouver que les gens avaient tort de ne pas me repêcher. Je me concentre seulement sur nos parties. Le repêchage, ce n'est qu'en juin que ça se passe», note-t-il, en prenant bien soin de souligner l'apport de ses entraîneurs Steve Mongrain et Jimmy Appleby pour sa progression des derniers mois.
«Rester sur terre»
En avant 2-0 dans cette série quatre de sept, les Estacades sont bien au fait que leurs adversaires vont débarquer en sol trifluvien avec le couteau entre les dents pour les deux prochains matchs qui auront lieu vendredi (19 h) et dimanche (13 h 30), exceptionnellement à l'aréna Jean-Guy-Talbot.
«On ne peut pas prendre les Riverains à la légère. On sait qu'ils vont revenir encore plus forts. Ils sont certainement fâchés d'avoir perdu le dernier match même s'ils ont dominé. On doit continuer à peser sur la pédale», enchaîne Robert.
Lorsque questionné à propos de l'impact du but d'Alexy Robert en deuxième prolongation sur la série, l'entraîneur des Estacades refuse de s'emballer. «Ce but a fait la différence dans le dernier match, mais il n'aura plus d'impact pour le reste de la série.»
Pour Robert, il s'agissait seulement d'un troisième but en 47 parties cette saison. Un scénario typique de héros obscur en séries éliminatoires. «Ça m'a libéré de marquer un but en séries. Ça fait du bien à la confiance!»
Frédéric Lavoie vantait pour sa part l'ardeur au travail déployée par son protégé. «Les séries, c'est une nouvelle game. Il faut travailler plus fort pour obtenir des chances de marquer. Alexy a gagné une bataille à un contre un avant de revenir devant le filet et marquer son gros but. C'est tout à son honneur.»
Carnet de notes
Le deuxième match de la série, qui s'est terminé en deuxième prolongation, était le huitième plus long de l'histoire de la Ligue de hockey midget AAA du Québec...
Avec 93 minutes et 26 secondes de jeu, c'était aussi le plus long match de l'histoire des Estacades...
La marque absolue appartient encore à un duel entre Laval-Laurentides-Lanaudière et Lac-St-Louis avec 103 minutes et 16 secondes, au printemps 1996...