Originaire de Trois-Rivières, Benjamin Carré est l’un des joueurs parmi les plus explosifs de la tertiaire des Redmen de McGill. Il a reçu trois honneurs, dont un à l’échelle nationale, depuis le début de la saison de football universitaire.

Benjamin Carré se démarque

TROIS-RIVIÈRES — À l’aube de la fin de la saison régulière au football universitaire, le Trifluvien Benjamin Carré continuer à faire parler de lui pour les bonnes raisons.

En septembre, il s’était fait un nom sur la scène nationale en étant sélectionné joueur défensif par excellence au Canada, lors de la deuxième semaine. Ses deux interceptions, dont une bonne pour un touché après une course de 71 verges, avaient guidé ses Redmen vers une victoire de 19-8 sur le Vert et Or de Sherbrooke.

L’ancien des Diablos a remis ça le week-end dernier, face aux principaux rivaux de son équipe, les Stingers de Concordia. Durant son parcours au football scolaire et collégial, le jeune homme de 22 ans a souvent offert son meilleur rendement dans les moments déterminants, comme le rappelle son entraîneur au Séminaire Saint-Joseph, Hugo Gélinas. «C’est un gamer. Il n’est pas le plus gros, mais il joue gros, son intensité compense. Et il est tellement explosif!»

Un retour de 100 verges

On en a eu de nouveau la preuve contre Concordia. Dans un match crucial, Carré a réussi l’un des jeux les plus spectaculaires de la saison des Redmen, quand il a ramené un retour d’interception sur 100 verges dans la zone des buts, au quatrième quart d’un match âprement disputé.

Les Redmen ont effacé un déficit de 17 points pour vaincre les Stingers 31-19, sur leur propre terrain. L’étudiant de troisième année en génie civil s’est donc encore une fois retrouvé sur le tableau d’honneur hebdomadaire du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Ça lui fait trois mentions en moins de deux mois, en ajoutant sa sélection par le réseau national U Sports. En inscrivant un majeur, il a conféré aux Redmen le différentiel de points requis pour remporter le bris d’égalité au classement contre les Stingers, si celui-ci s’avérait nécessaire.

«En arrivant dans la zone des buts, j’étais exténué», raconte en riant celui qui arbore le numéro 42 avec McGill. «Ça faisait longtemps que notre défensive était sur le terrain, mais au final, ce fut un jeu important. Ça peut paraître impressionnant, courir 100 verges, sauf que mes coéquipiers m’ont bien escorté vers l’autre extrémité du terrain!»

En progression

Cette tertiaire constitue d’ailleurs l’une des forces des Redmen (2-5), qui connaissent une saison plus encourageante que celle de 2017 (1-7). Ils ont déjà mérité leur billet pour la phase éliminatoire et devront en découdre avec l’une des deux puissances du circuit en demi-finale, le 3 novembre: le Rouge et Or de l’Université Laval ou les Carabins de l’Université de Montréal.

À McGill, Carré est entouré de quelques joueurs de troisième année, comme lui. «Je dois l’avouer, on aurait aimé gagner plus de matchs. Contre Laval et Montréal, c’est toujours un immense défi. La bonne nouvelle, c’est qu’on progresse. Il me reste encore deux autres années d’éligibilité et je compte bien en profiter.»

Oui, Benjamin Carré veut se rendre au bout de son stage universitaire dans le football. Il n’y a pas d’autres options pour celui qui a grandi avec un ballon ovale, encouragé par son grand frère Cédric, avec qui il a eu la chance de jouer le temps d’une saison, au Cégep de Trois-Rivières. «Mon frère était plus grand et plus gros, j’ai appris à la dure», rigole le cadet. «Il a été assez impliqué, il n’hésitait pas à me corriger quand il voyait quelque chose que je devais améliorer.»

Des années plus tard, il se dit fier de porter le chandail de McGill, l’un des berceaux du football en Amérique.

Avec un autre retour d’interception pour un touché, samedi devant les Carabins, il pourrait établir un nouveau record du RSEQ pour un même joueur durant une saison (3).

D’ici là, il y a de fortes chances que Carré se retrouve parmi les meneurs défensifs du Québec, lui qui mène la ligue avec cinq interceptions en sept parties.

«Je ne le savais pas pour la possibilité du record, tu me l’apprends. Je ne pense pas à ça, ma mère regarde plus les statistiques que moi! Mais je suis content. On a eu des années difficiles à McGill, on essaie de changer l’image. On y arrive, peu à peu. J’ai confiance pour la suite.»