À sa première campagne avec le Rouge et Noir, Jean-Christophe Beaulieu (46) a connu sa meilleure saison en carrière.

Beaulieu et Bourassa affamés

TROIS-RIVIÈRES — Jouer au football aussi tard en novembre est un privilège et vous pouvez compter sur Jean-Christophe Beaulieu et Louis-Philippe Bourassa pour tout laisser sur le terrain dimanche alors qu’ils se mesureront aux Tiger-Cats de Hamilton en finale de l’Est avec leurs coéquipiers du Rouge et Noir d’Ottawa. L’enjeu: une invitation pour la 106e édition de la Coupe Grey, emblème de la suprématie de la Ligue canadienne de football.

Cette saison, le Rouge et Noir a remporté ses trois matchs contre Hamilton, en route vers le titre de la division Est. Beaulieu, Bourassa et leur bande ont donc eu droit à une semaine supplémentaire pour faire le plein d’énergie pendant que leurs rivaux ont dû se débarrasser des Lions de la Colombie-Britannique au premier tour éliminatoire.

Cette pause, aussi salutaire soit-elle, entraîne aussi un certain fourmillement dans les jambes. «D’avoir vu les autres équipes jouer pendant notre bye week, ça donne encore plus faim pour les éliminatoires!», reconnaît Bourassa, spécialiste des longues remises originaire de Shawinigan.

CHANGEMENT D’AIR BÉNÉFIQUE

Sans être les joueurs les plus médiatisés chez le Rouge et Noir, les deux anciens Diablos ont néanmoins eu un grand rôle à jouer au sein de l’alignement dirigé par Rick Campbell.

De un, Beaulieu a connu sa meilleure saison en carrière avec 22 attrapés, 285 verges par la voie des airs et un touché. Le Trifluvien de 28 ans admet sans broncher que l’échange qui l’a fait passer des Alouettes de Montréal au Rouge et Noir, en échange de Patrick Lavoie, lui a fait beaucoup de bien.

Comme le hasard fait bien les choses, c’est contre son ancienne équipe qu’il a connu ses sorties les plus fructueuses: 6 réceptions, 102 verges et un touché en deux matchs! «L’échange s’est fait pour le mieux de ma carrière. J’ai eu ma meilleure saison à vie, je ne peux pas me plaindre», lance le centre arrière qui écoule sa cinquième saison dans la LCF.

En prime, la fiche de 11 victoires et 7 revers a aussi fait du bien au moral de Beaulieu après des campagnes passablement déficitaires à Montréal. «C’est le jour et la nuit!», tranche l’ancien des Estacades. «On joue du beau football, on a une belle équipe ici.»

Le spécialiste des longues remises Louis-Philippe Bourassa a participé à l’invincible séquence du botteur Lewis Ward qui a réussi ses 48 derniers placements.

BOURASSA AU COEUR DE L’HISTOIRE

De son côté, Bourassa a largement participé à l’incroyable séquence du botteur Lewis Ward. À sa première saison dans la LCF, Ward a littéralement frôlé la perfection en réussissant 51 de ses 52 placements. Il a d’ailleurs converti ses 48 derniers bottés de trois points, établissant non seulement un nouveau record de la LCF mais aussi un record de tout le football professionnel.

C’est à la base de ses succès qu’on retrouve Bourassa, spécialiste des longues remises, qui brille aux côtés de Richie Leone, en charge de tenir le ballon. «C’est le fun de contribuer à une saison historique. Les autres joueurs et les entraîneurs nous glissent des mots de félicitations», mentionne le colosse de 26 ans.

À sa deuxième campagne à Ottawa, le Shawiniganais avoue être de plus en plus à l’aise dans ses crampons professionnels. «La confiance est là. À ma deuxième année, le jeu va moins vite. Je suis bien acclimaté.»

Quant à la sublime séquence du botteur Ward, Bourassa admet que son coéquipier semble flotter dans une bulle d’invincibilité. «Au début de sa séquence, tout le monde était stressé. Personne ne voulait en parler pour ne pas lui porter malheur. Mais c’est du passé tout ça. Il n’y a plus de superstition qui entoure sa séquence. C’est simplement devenu une habitude qu’il rentre le ballon entre les poteaux.»

À UN GAIN DE LA COUPE GREY

Dimanche, Beaulieu disputera sa deuxième finale de l’Est en carrière. En 2014, une participation à la Coupe Grey lui avait glissé entre les doigts lorsque les Alouettes avaient perdu contre ces mêmes Tiger-Cats.

Le 46 rappelle l’importance de ne pas se mettre trop de pression à l’approche d’un match de cette envergure. «Il faut voir ça comme un match comme les autres», lance-t-il. «Il va y avoir deux bonnes attaques qui peuvent courir et passer le ballon et deux bonnes défensives sur le terrain. Mais il va surtout y avoir 26 000 personnes qui vont perdre leurs cordes vocales!», ajoute Beaulieu.

Malgré trois victoires contre Hamilton cette saison, Bourassa est loin de prendre les Tiger-Cats à la légère. Il veut surtout éviter de regarder trop loin. «On sait qu’on est proche de la Coupe Grey, mais personne n’en parle dans le vestiaire. Tout le monde est concentré sur Hamilton. On a un match à gagner avant de pouvoir y penser.»

Le coup d’envoi de la finale de l’Est sera donné dimanche à 13 h au Stade TD d’Ottawa.