Gabriel Beauchesne-Sévigny (au centre) a pu ramer pendant une dizaine de jours sur le bassin artificiel de Sao Paulo, qui servira de site d'entraînement en vue des Jeux olympiques de Rio en 2016. Il est entouré de son coéquipier Benjamin Russell et de l'entraîneur Mark Oldershaw.

Beauchesne-Sévigny, «cobaye» au Brésil

Gabriel Beauchesne-Sévigny a servi de cobaye à sa fédération sportive au cours des derniers jours. N'ayez crainte, on ne l'a pas empoisonné! Délégué par Canoë-Kayak Canada, le canoéiste de Trois-Rivières a visité, en compagnie de quelques représentants de l'équipe nationale, le site d'entraînement en vue des Jeux olympiques de Rio de Janeiro, qui s'ouvriront dans un peu plus de deux ans.
L'objectif de cette mission consistait à tester les installations, situées à Sao Paulo, à environ 400 km de la ville hôtesse des Olympiades de 2016. Pendant une dizaine de jours, Beauchesne-Sévigny, son comparse Benjamin Russell ainsi que les entraîneurs Scott et Mark Oldershaw ont ainsi fait la navette entre l'hôtel et le bassin d'une longueur de deux kilomètres, sur le site de l'Université de Sao Paulo.
«Le site est comparable à celui de Montréal. C'est situé au milieu de la ville, il y a des autoroutes et même une piste pour hélicoptères le long du cours d'eau artificiel», racontait l'athlète, joint par Le Nouvelliste lundi, quelques heures après son retour du Brésil.
Les comparaisons avec la métropole québécoise s'arrêtent toutefois là. Beauchesne-Sévigny et son équipe ont trouvé refuge dans l'un des quartiers les moins recommandables d'une ville comptant approximativement 17 millions d'habitants. Les Canadiens devaient calculer au moins 30 minutes de taxi pour se rendre de l'hôtel au bassin. Distance parcourue: à peine trois kilomètres!
«À 33 degrés Celsius, c'est chaud longtemps. Je ne suggérerais pas ce quartier à une personne qui ne comprend rien au portugais. On a croisé très peu d'anglophones. Non seulement il y a la barrière de la langue, mais il semblait y avoir beaucoup de violence aussi. Tous ces facteurs amplifient le stress pour un athlète, surtout quand il se prépare pour une compétition aussi importante que les Jeux olympiques.»
La fédération canadienne de canoë-kayak aimerait établir ses olympiens à Sao Paulo, lors de la première semaine d'activités des Jeux. Les compétitions de canoë-kayak ne s'amorçant que pendant le deuxième segment, le bassin servirait de préparation pour les rameurs de l'unifolié, qui seraient déjà installés au Brésil. Deux options figurent donc dans les plans: demeurer au Canada ou s'expatrier à Sao Paulo avant de gagner Rio.
«Nous avons fait des recommandations pour l'organisme car la réservation des hôtels, c'est pour bientôt. Même s'il y avait un peu d'algues et de pollution dans l'eau, nous avions facilement accès aux bateaux et le comité brésilien a été très accueillant. Côté technique, je n'avais rien à redire. Mais l'environnement n'était pas idéal. Si on peut trouver un autre hôtel, ce serait beaucoup mieux.»
2016, rien d'autre
Revigoré par une année 2013 exceptionnelle au cours de laquelle il a remporté ses deux premières épreuves en Coupe du monde - finales du C-2 1000 m avec Russell et du C-1 5000 m en Pologne -, le Trifluvien attaquera la nouvelle saison avec le sentiment qu'il peut encore mieux paraître. En fait, il souhaite s'imposer sur une base plus régulière dans les compétitions internationales.
Diplômé en génie civil, il a déménagé à Toronto afin de pouvoir s'entraîner avec l'équipe. Entouré de ses entraîneurs et d'une brochette de spécialistes, celui qui a participé aux Jeux de Pékin rêve de terminer sa carrière sur un podium olympique. Il avait terminé cinquième et sixième en Chine, il y a six ans. «Je viens de compléter ma meilleure année à vie en canoë. Toutes mes énergies, je les concentre en vue de Rio.»
Début du camp en Floride
Gabriel Beauchesne-Sévigny quittera aujourd'hui le pays en direction de la Floride, où il rejoindra d'autres membres du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières, dont sa soeur Geneviève. Trois compétitions majeures sont à l'horaire pour ce printemps en Italie, en République tchèque ainsi qu'en Hongrie. Des essais nationaux sont également prévus à la fin du mois d'avril à Atlanta.
Le championnat mondial aura lieu à Moscou, à la mi-août.