Aigles et Capitales ont toujours espoir de présenter des matchs de baseball professionnel cet été, en alignant quelques-uns des meilleurs espoirs canadiens de la discipline.
Aigles et Capitales ont toujours espoir de présenter des matchs de baseball professionnel cet été, en alignant quelques-uns des meilleurs espoirs canadiens de la discipline.

Baseball professionnel: Québec et Trois-Rivières étudient un plan B

Trois-Rivières — Puisqu’il est de moins en moins probable que la frontière canado-américaine rouvrira pour sauver la saison de baseball professionnel de la Ligue Frontière, les Aigles de Trois-Rivières et les Capitales de Québec étudient la possibilité de disputer une saison exclusivement «locale»... avec quatre équipes canadiennes dans deux stades.

Ne vous fiez pas à l’expression «saison locale» pour juger de la qualité du jeu qui serait offert: les présidents Michel Laplante (Québec) et Paul Poisson (Trois-Rivières) mesurent l’intérêt de quelques-uns des meilleurs joueurs originaires du Canada et évoluant dans le baseball affilié des ligues majeures, à savoir s’ils seraient prêts à embarquer dans leur projet.

Plusieurs de ces joueurs n’auront pas l’occasion de jouer aux États-Unis cet été, le calendrier des circuits mineurs étant sérieusement compromis en raison de la pandémie.

Aigles et Capitales y voient une opportunité en or: enrôler de jeunes espoirs âgés dans le début de la vingtaine, le temps d’un été, et leur permettre de se produire dans les stades Quillorama (Trois-Rivières) et Canac (Québec).

Quatre équipes, deux villes

Michel Laplante a commencé à contacter joueurs et organisations, afin d’exposer le projet canadien des Aigles et des Capitales. Il reçoit une bonne écoute.

«L’option A, ça demeure toujours que la Ligue Frontière puisse fonctionner. La réalité, c’est que nous avons moins de temps, en raison des douanes. Ça s’en vient compliqué», a-t-il reconnu, en entrevue avec Le Soleil.

«L’option B, c’est d’aligner quatre équipes dans deux villes, Trois-Rivières et Québec. Nous avons discuté avec des agents et des joueurs, l’idée plaît à beaucoup de monde. C’est mieux que ce qu’on espérait!»

Le président des Aigles, Paul Poisson, avait été le premier à partager publiquement cette idée, jeudi dernier au Nouvelliste. Plus le temps passe, plus cette option gagne en crédibilité, selon lui.

À Québec, les Capitales partageraient le terrain en tant qu’équipe locale avec une formation itinérante. On procéderait de la même façon à Trois-Rivières, avec les Aigles et un autre club. «Un club qui pourrait bien s’appeler les Champions d’Ottawa», sourit Poisson.

Un repêchage des joueurs éligibles et prêts à se lancer dans cette ligue particulière aurait lieu dans les semaines à venir. En tant que formations actives dans le baseball professionnel, Aigles et Capitales auraient le luxe de protéger certains d’entre eux, comme David Glaude pour Québec et Raphaël Gladu pour Trois-Rivières, par exemple.

Encore faut-il que les joueurs adhèrent au plan, car celui-ci s’avérera assez strict en ce qui a trait aux mesures sanitaires. «Les joueurs vivront en confinement. Pour eux, ce sera comme un camp d’entraînement, mais de deux mois. Ce ne sera pas le temps de profiter des longues nuits d’été et des terrasses», prévient Paul Poisson.

Chacun des quatre clubs jouerait un nombre déterminé de parties, probablement 46, dont 23 dans le stade local. Les 23 autres rencontres auraient lieu sur la route, dans l’autre stade.

«Il n’y a aucun endroit au pays où l’on retrouve deux stades comme ceux de Québec et Trois-Rivières, à 75 minutes l’un de l’autre», enchaîne Michel Laplante, qui verrait bien une équipe disputer six matchs par semaine, du début juillet jusqu’au début septembre.

«Le fait d’être sous la même juridiction, avec le gouvernement du Québec et la Santé publique, c’est un élément facilitateur à considérer», juge Paul Poisson.

Un projet bien reçu

Laplante et Poisson souhaitent obtenir une réponse favorable vis-à-vis leur projet d’ici la Saint-Jean-Baptiste. Celui-ci a été déposé à l’équipe de la ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs, Isabelle Charest.

«Il y a une grande ouverture au ministère. Il reste à voir ce qu’en pense la Santé publique», affirme Paul Poisson.

Parce qu’il faudra la convaincre qu’il est sécuritaire d’attirer quelques centaines de spectateurs dans les deux stades de baseball, soir après soir, et ce pendant deux mois. «Notre projet est complet. Nous pouvons accueillir des spectateurs sans remplir les stades et en respectant une certaine distance.»

Tous les billets se vendraient en ligne, on éviterait donc les files d’attente à l’entrée des stades. Les concessions alimentaires seraient aussi adaptées.

«Le but, c’est de ne pas avoir de files. Dans un stade de 3700 places comme à Trois-Rivières, on pourrait accueillir entre 1200 et 1500 personnes. On sait que ce sera moins évident pour une certaine clientèle de manoeuvrer avec l’électronique, sauf que nous n’aurons pas le choix de procéder ainsi si on veut maximiser nos chances de réussite.»

Michel Laplante a connu une longue carrière comme joueur. Il a voyagé un peu partout dans le monde pour vivre de son sport. La saison qu’il propose lui fait penser à une ligue d’hiver de baseball.

«Ces joueurs-là nous seraient prêtés, avant de probablement retourner dans leurs équipes respectives quand la vie reprendra son cours normal. Quand je regarde le calibre des joueurs disponibles, ce serait incroyable», a-t-il ajouté au Soleil.

«Ce qui préoccupe les joueurs qui ont été retranchés en ce moment, c’est d’avoir au moins 200 présences au bâton cet été. Pour eux, ce serait mieux que 0. Sauter une année complète, dans leur contexte, ce ne serait pas l’idéal. Et pour nous et nos fans, c’est une occasion rêvée de montrer nos plus beaux espoirs au Canada. Il y a environ une centaine de joueurs canadiens qui ont été libérés récemment dans les ligues mineures.»

La balle est donc dans le camp des joueurs, mais surtout des instances gouvernementales et de la Santé publique. Dans un monde idéal, Paul Poisson et Michel Laplante accueilleraient les premiers partisans dans leur stade respectif d’ici un mois.

Avec la collaboration de Carl Tardif, Le Soleil