Marco Cousineau s’est vidé le cœur, après une amère séparation avec les Draveurs.

«Avec des pommes pourries, tu ne gagneras jamais»

Trois-Rivières — S’il faut en croire ses paroles, il y a peu de chance que Marco Cousineau enfile de nouveau l’uniforme des Draveurs cette saison. Le gardien n’a pas l’intention de revenir avec l’équipe à la suite de l’altercation qui s’est produite dans le vestiaire de l’équipe lors du deuxième match de la saison.

Le portier a accepté de revenir sur les événements du 6 octobre. Après deux périodes, il avait accordé cinq buts sur 19 lancers et les Trifluviens tiraient de l’arrière 5-3. Les Draveurs ont alors pris la route du vestiaire, mais à leur retour sur la patinoire, Cousineau n’y était plus.

«Jonathan Bellemare était passé devant le filet après un but et il m’avait dit de décrocher et de me concentrer. J’étais en furie et quand on est arrivé dans la chambre, je lui ai dit ma façon de penser, que ça n’avait pas de bon sens de me dire ça. On m’a répondu que je ne pensais qu’à mes statistiques. C’est normal que je regarde mes statistiques, c’est ce qui dit si je performe», raconte le gardien.

C’est alors que Martin Larivière s’en est mêlé. Or, même s’ils partagent le même uniforme, il semble y avoir bien peu d’atomes crochus entre Cousineau et lui depuis la saison dernière. La situation a explosé.

«Je lui ai dit de se mêler de ses affaires. Il m’a sauté à la gorge et il a dit que j’étais un ci et un ça. J’ai pris mes affaires et je suis parti. Alain (Côté) est arrivé, mais il ne savait pas réellement ce qui s’est passé.»

C’est finalement Marc-Antoine Gélinas qui a terminé ce match, le premier de plusieurs pour celui qui avait le rôle d’adjoint depuis quatre ans. Ce qui rend Cousineau le plus amer, c’est d’avoir été dépeint par l’organisation comme celui à blâmer et qui a été mis de côté par la formation.

«C’est moi qui est parti, ce ne sont pas eux qui m’ont mis dehors. Ça me fait de la peine, surtout pour Alain Côté qui a mis sa tête sur la bûche pour moi. Danick Lessard m’a appelé pour revenir et j’ai refusé. Je suis bien chez nous.»

Ce dernier dit avoir le plus grand respect pour Bellemare et que la situation aurait pu se régler autrement. Il estime toutefois que plusieurs «pommes pourries» se sont retrouvées dans le vestiaire du Colisée dans les dernières années.

«C’est mon opinion. J’en ai vu beaucoup du hockey et avec des pommes pourries, tu ne gagneras jamais. Ça fait cinq ans que je suis là et que je vois l’équipe dépérir. On a tout tenté pour que ça marche, mais personne ne nous écoutait. Je voulais jouer une dernière saison et j’en avais le goût.»

Le match crucial

La saga du départ de Cousineau s’est déroulée alors qu’il connaissait un mauvais début de saison après avoir accordé cinq buts lors du premier match du calendrier - où personne n’a bien paru chez les Draveurs. Le tout s’ajoute à une fin de campagne en queue de poisson l’année précédente, quand Cousineau avait dû rater une rencontre pour des raisons professionnelles. Une situation qui semble avoir envenimé la relation entre certains joueurs.

«Je savais que j’avais un début de saison difficile, mais que ça allait se replacer. J’ai toujours eu des départs plus lents. Mais depuis trois ans, on me mettait beaucoup de pression et c’était pareil avant même le début de la saison. Je n’avais pas besoin de ça. C’est malheureux ce qui s’est passé l’an dernier, mais je les avais avertis d’avance que je devais manquer un match et il n’y avait pas de problème. Il a fallu que ce soit la game cruciale. Mais bien sûr, personne dans la chambre ne voulait avoir confiance en Marc-Antoine. Pourtant, je leur avais dit qu’il était capable et on le voit cette année. Les gars ont préféré ne pas se présenter!», souligne Cousineau, qui se dit bien heureux de voir les succès que connaît son collègue depuis son départ.

«Je n’ai que de bons mots pour lui, il le mérite, surtout après son accident. Mais s’il continue à recevoir 45 tirs par matchs, ça va casser. Ça n’a aucun sens et il ne pourra pas tout arrêter. C’est ce qui m’est arrivé. »

Cousineau ne compte donc pas revenir au jeu prochainement. Il croit que les Draveurs tenteront de l’échanger, mais qu’il y a peu de chance qu’il se joigne à une nouvelle équipe si celle-ci est située plus loin de Trois-Rivières à partir de son domicile de Saint-Lazare.

«Il y a des joueurs que je ne veux plus regarder en pleine face parce qu’on va se pogner. J’ai ma business et j’arrête de travailler pour aller aux pratiques. C’est une belle preuve que je voulais jouer au hockey. Et après cela, des joueurs qui ne sont pas aux pratiques disent que je suis phoney? Donc non, pour l’instant, je n’ai pas le goût de jouer.»