Jean Godon est impliqué depuis près de 50 ans dans le monde du soccer, entre autres en tant qu’arbitre et d’évaluateur d’arbitre. Sur la photo: Jean Godon, Alexandre Leblanc et Ariane Lebel.

Aux Jeux du Québec depuis leur création

Trois-Rivières — Alors que la 53e Finale des Jeux du Québec se terminait samedi, Jean Godon, évaluateur d’arbitres, se voit déjà aux prochains Jeux en 2020, qui marqueront sa 50e année d’implication dans le monde du soccer.

Les Jeux du Québec sont synonymes de nombreux souvenirs pour celui qui a participé et remporté une médaille d’or à leur toute première édition pilote, en 1970. «À l’époque, le soccer n’était pas connu à Trois-Rivières», explique M. Godon.

L’homme de 67 ans raconte que ce sont des immigrants venus pour travailler dans des usines de la région qui ont amené ce sport à se faire connaître. Jean Godon, journaliste à l’époque, avait dû aller à leur rencontre au parc Pie-XII de Trois-Rivières afin de faire un reportage sur le sport qu’il appelait le «ballon coup de pied».

Arrivé sur place, il manquait un joueur dans une des deux équipes. «On m’invite en me demandant: ‘Est-ce que vous voulez jouer avec nous pour qu’on soit huit contre huit?’», se souvient-il. «Je me suis dit que c’était la meilleure façon d’apprendre».

L’homme a finalement joué avec l’équipe qui s’appelait Les Albatros pendant une année durant laquelle les membres ont décidé de s’inscrire à l’édition pilote des Jeux du Québec de 1970, destinée aux adultes. «À ce moment-là, les équipes qui voulaient participer aux Jeux s’inscrivaient», indique M. Godon.

L’équipe Les Albatros a finalement remporté la médaille d’or lors de la finale de l’édition pilote, qui se déroulait à Drummondville.

De joueur à évaluateur d’arbitres
L’année suivante, les premiers Jeux du Québec ont eu lieu à Rivière-du-Loup. Cependant, ils n’étaient désormais plus destinés aux adultes, mais plutôt aux adolescents.

«Je ne pouvais pas m’impliquer comme arbitre, j’étais trop vieux», soutient Jean Godon. «J’ai donc participé comme évaluateur d’arbitres».

Le rôle d’évaluateur est encore aujourd’hui celui qu’il exerce lors des Jeux du Québec. L’homme a également agi en tant qu’arbitre depuis le début de son implication dans le monde du soccer, tout en poursuivant ses carrières de journaliste et d’enseignant en mathématiques.

Jean Godon en train d’arbitrer lors d’une partie entre l’Impact de Montréal et les Patriotes de l’UQTR en 1995, dans le cadre d’une tournée de l’Impact à travers la province.

En compagnie d’un autre arbitre, Jean Godon a d’ailleurs formé le Comité régional d’arbitrage de la Mauricie, qui a «monté la structure de l’arbitrage à Trois-Rivières», selon ses dires. L’homme a travaillé sur ce comité pendant environ 15 ans, avant de poursuivre sa carrière d’arbitre à l’international.

Arbitrer à l’international
Entre 1990 et 2000, Jean Godon a officié des parties de soccer dans différents pays.

L’homme originaire de Trois-Rivières a travaillé en tant qu’arbitre notamment lors des qualifications pour les Jeux olympiques de 1996 aux États-Unis ainsi que lors des qualifications pour la Coupe du monde de soccer de 1998, en France.

M. Godon souhaite maintenant partager ses connaissances et son expérience avec les jeunes arbitres en tant qu’évaluateur.

«Une prolongation de l’enseignement»
«Le travail que je fais avec les jeunes, c’est une prolongation de l’enseignement», explique M. Godon. «On sort facilement l’enseignant de l’école, mais pas l’école de l’enseignant».

Il affirme que certaines situations rencontrées en tant qu’évaluateur d’arbitres lui rappellent ses années d’enseignant en mathématiques.

«Cette semaine, il est arrivé un incident sur un terrain et un jeune homme ne voulait plus arbitrer du tout», raconte M. Godon. «À ce moment-là, on va le voir, on l’encadre, on l’encourage, comme on fait avec des élèves à l’école».

Jean Godon est impliqué dans un programme de la Fédération québécoise de soccer appelé Programme de détection de jeunes prospects.

Chaque année, l’homme doit encadrer et suivre environ 80 jeunes dans divers tournois afin de les évaluer. À la fin de l’année, M. Godon doit sélectionner 10 arbitres parmi les 80 jeunes.

«Ce sont des jeunes qui me forcent à être plus rapide qu’eux, donc c’est bon pour mon cerveau», confie Jean Godon. «Je dois être capable de répondre vite à leurs questionnements, de trouver des moyens rapides pour les conseiller, les guider».

M. Godon travaille déjà dans l’optique de se rendre à 50 ans d’implication dans le monde du soccer avec sa participation à la 55e Finale des Jeux du Québec en 2020, qui se tiendra à Laval.