Trevor Georgie

Aux autres clubs d’être plus persuasifs

Québec — Les Sea Dogs font parler d’eux aux Assises de la LHJMQ. D’abord parce qu’ils détiennent le premier choix de l’encan samedi, favorisés par le tirage au sort. Mais aussi parce que certains clubs, comme les Cataractes, questionnent ouvertement leur façon de travailler leur recrutement.

En entrevue au Nouvelliste mercredi, le dépisteur-chef Mario Carrière a en effet visé directement les Sea Dogs, qui ont réussi à convaincre trois récalcitrants de se joindre à eux après les avoir réclamés plus loin que prévu l’an dernier. Ce n’était pas le premier épisode du genre dans l’histoire de la concession.

Le directeur général Trevor Georgie réfute néanmoins avec vigueur les allégations de coups montés. Et il invite ses partenaires à se regarder dans le miroir.

«Ce qu’on fait chez nous, c’est vendre tout ce que la Ligue peut apporter à nos joueurs. On prend le temps de parler aux familles, aux mères, c’est un travail de plusieurs mois. Chaque famille est différente. Chaque situation financière est différente. Et on n’accepte pas un non facilement», lance le grand manitou des Sea Dogs, qui assure ne pas offrir d’argent sous la table aux familles pour les faire changer d’idée. «On travaille dans les paramètres de la ligue. Ce sont de bons paramètres, on peut offrir de bons packages… Je pense que les jeunes sont parfois simplement mal informés de tout ce que notre ligue peut faire pour eux. On travaille fort de notre côté pour en faire la démonstration.»

Du même souffle, Georgie se dit surpris de voir autant de joueurs viser les collèges américains cette année. «Ça m’assomme. Ce qui me surprend le plus, c’est le nombre de francophones. Comme ligue, on en a parlé, il faut trouver des solutions car ce sont des gars de talent qu’on ne veut pas perdre», explique-t-il.

«Pour moi, la première chose à mettre en place, c’est un standard en terme d’encadrement. Tu regardes la Ivy League dans la NCAA, les installations se ressemblent, l’éducation aussi, les bourses sont similaires. Dans notre ligue, ça se passe différemment. J’ai reçu un joueur dans une transaction l’an passé, il est arrivé avec ses affaires dans un sac à déchets! Des exemples comme ça, je peux en donner plusieurs. Et ça fait mal à toute la ligue au complet car ça se discute entre joueurs, entre parents. Les équipes qui nous reprochent notre façon de travailler devraient se demander s’ils mettent réellement tout en œuvre pour bien encadrer leurs joueurs…»

«On a l’esprit ouvert»

Détenteurs du premier choix en 2019, les Sea Dogs pourraient très bien marchander cette position au cours des prochaines heures. «C’est fantastique d’avoir gagné la loterie. Il y a 4-5 équipes qui veulent notre choix, l’idée c’est de garder l’esprit ouvert. Elles ont les valeurs pour l’obtenir, mais ces valeurs ne sont pas sur la table pour l’instant. Au moment où on se parle, je dirais qu’il y a 70 % de chances qu’on garde notre sélection. Mais le pourcentage peut varier si tu me reposes la question dans deux heures! Plus on s’approche de samedi matin, plus les discussions sont sérieuses», confie Georgie, qui jure que son organisation n’a pas encore déterminé qui elle va appeler au micro en premier si elle détient toujours le premier choix samedi à 10 h.

«On a encore des réunions, et quelques rencontres avec un petit groupe de joueurs à notre agenda. On pensait qu’on repêcherait autour du 5e rang avant la loterie, alors on avait identifié un groupe de sept joueurs que l’on aimait beaucoup. Si on garde notre choix, la décision ne sera pas facile mais on sait que d’une façon ou d’une autre, on va mettre la main sur un joueur de franchise.»