Audrey-Anne Le Sieur se prépare depuis plusieurs mois pour la Coupe du monde de Fort Benning.

Audrey-Anne Le Sieur en Georgie

Audrey-Anne Le Sieur n'a jamais pris part à une compétition internationale depuis qu'elle pratique le tir. Mais puisqu'il y a une première fois à tout, la jeune femme prend l'avion aujourd'hui en direction de la Georgie, en vue d'une participation à un important match de sélection prévu à la base de l'armée américaine de Fort Benning, où est présentée une Coupe du monde. Là-bas, elle tentera de se qualifier pour les Jeux olympiques de la Jeunesse, prévus plus tard au cours de l'été, en Chine.
«Ils retiennent les deux meilleures tireuses de toutes les Amériques, donc ça risque d'être très difficile», prévient d'emblée la Trifluvienne. «Je vois ça comme une expérience supplémentaire à ajouter à mon C.V. Si je parvenais à me qualifier parmi les huit premières, je passerais en finale. Ce serait déjà un gros accomplissement pour moi. Surtout pour une première à l'extérieur du Canada.»
Habituée de voyager avec son frère Francis qui connaît aussi passablement de succès sur la scène nationale , Audrey-Anne, cette fois, voyagera seule. En entrevue au Nouvelliste lundi, elle avouait que le facteur stress pourrait jouer un rôle. «Je ne suis pas nerveuse par rapport à la compétition, mais davantage face à ce qu'elle représente. Je serai la seule fille du Québec en Georgie, je me retrouve dans une situation inhabituelle. Par contre, je viens de battre mes records personnels à Québec, ça va sûrement aider à me calmer!»
Membre de l'équipe canadienne junior l'an passé, puis de celle de développement cette année, Le Sieur se classait au premier échelon du 10m air chez les juniors au pays, au sixième rang toutes catégories confondues, lors des Championnats canadiens de tir à Calgary.
Elle défend avec brio son titre de championne québécoise année après année. Depuis cinq ans, aucune tireuse n'est parvenue à la déloger.
«Ça va quand même bien. Depuis l'an passé, je pratique le 25m sport, une autre discipline olympique. Par contre à Fort Benning, il n'y aura que les épreuves du 10m air.»
Et ce sera bien suffisant! «Je m'entraîne pour cet événement depuis un an et demi, ça fait longtemps que je l'ai dans ma mire. J'organise mes horaires d'études en fonction de mes pratiques. Je passe au moins 90 minutes par jour au club et, en plus, j'entraîne en patinage artistique. Ça me tient occupée!»
Heureusement, celle qui étudie au Collège Shawinigan en technologies d'analyses biomédicales reçoit l'aide de sa fédération et de son club, dirigé par Gérard Michaud.
«Ce voyage aux États-Unis, il est possible, entre autres, grâce à eux. Je vais avoir une petite pensée pour tout ce monde en espérant que la compétition soit à la hauteur de mes propres attentes. Mais je demeure réaliste: au Canada, on s'entraîne pas mal moins que dans les autres pays, comme en Europe par exemple. En plus, c'est un sport à développement tardif. J'ai encore plusieurs années pour m'améliorer.»
Puisque sa protégée se remet d'une blessure à l'épaule, Michaud se montre prudent par rapport aux chances de la retrouver aux Olympiques de la Jeunesse. «Elle part seule et ressent encore un peu les effets de cette blessure. Nous sommes conscients qu'elle n'est pas dans une forme optimale, mais elle va beaucoup gagner en maturité.»