Son travail de maîtrise en sciences de l’environnement amène l’étudiant de l’UQTR à étudier le glacier Saskatchewan, dans le parc national de Banff.

Au sommet de la piste... et du glacier

Trois-Rivières — Qu’il se retrouve au sommet d’un glacier dans l’Ouest canadien ou au sommet d’une piste durant un événement Red Bull Crashed Ice, Olivier Larouche carbure à la même émotion.

Depuis près de quatre ans, l’étudiant à la maîtrise en sciences de l’environnement à l’UQTR combine deux passions à temps plein: le patinage de descente extrême et la glaciologie.

Des domaines qui se rejoignent et qui permettent à ce Trifluvien d’adoption de 27 ans de parcourir le monde.

Olivier Larouche, en action pendant un événement Red Bull Crashed Ice.

La piqûre

Comme bien des curieux, Larouche a découvert le Red Bull Crashed Ice lors des premières courses tenues dans le Vieux-Québec.

«À première vue, ça semblait un sport inaccessible. Ça me fascinait», raconte le jeune homme, qui n’a pas mis de temps à s’informer sur les barèmes de qualifications. Oui, il souhaitait se frotter à ces fous sur patins.

«J’ai essayé par Internet, je n’étais pas retenu. Un jour, je me suis rendu à Ottawa et ils m’ont accepté.»

Bon patineur depuis l’enfance, il avait aussi l’expérience des patins à roues alignées dans les parcs de planches à roulettes. Bref, la base y était.

Tout un baptême de feu l’attendait pour la suite! «Mon premier Red Bull Crashed Ice a été celui de Québec, en 2014.»

Pour une initiation, on a déjà vu pire. Depuis, Olivier Larouche a dévalé plusieurs pistes de la All Terrain Skate Cross Federation (ATSX), l’organisation mondiale régissant les courses de patinage de descente extrême (Ice cross downhill en anglais).

«J’ai visité Marseille et la Finlande l’année dernière, des voyages incroyables. Même si je ne suis pas parmi les meilleurs, je retire beaucoup de plaisir à faire ça. En plus, mon statut d’étudiant à temps plein m’offre pas mal de disponibilités.»

Changement de cap

Originaire de Lebel-sur-Quévillon, Larouche a quitté le Nord-du-Québec en 2007. Après une balade de plus de 700 km en voiture, il rejoignait son frère à Trois-Rivières pour entamer ses études au cégep.

Il est demeuré en Mauricie où il a, plus tard, entrepris des études en géographie. Son baccalauréat en poche, il est retourné dans son patelin.

Le nouveau diplômé travaillait depuis plus de deux ans au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec quand l’appel de l’aventure a résonné. «Le terrain me manquait, je ne me voyais pas faire du travail de bureau.»

De retour sur le campus trifluvien en 2015, il s’est inscrit à la maîtrise. Encouragé par son directeur de recherche Christophe Kinnard, il a opté pour la glaciologie. Pour celui qui prend un malin plaisir à descendre des pistes glacées en Europe et en Amérique du Nord, voilà un champ d’études qui fait du sens!

Olivier Larouche

Étudier les glaces

Le travail de maîtrise d’Olivier Larouche est axé sur le glacier Saskatchewan, situé dans le parc national de Banff, en Alberta. La Saskatchewan fait partie du célèbre champ de glace Columbia, haut lieu du tourisme.

Pour s’y rendre, on doit prévoir au moins 7 heures de randonnée. Ça ressemble à la distance en voiture entre Lebel-sur-Quévillon et Trois-Rivières!

C’est d’une grande beauté, assure l’étudiant. Mais il faut aussi travailler...

«On étudie le bilan de masse du glacier pour connaître son cycle de vie. Nous calculons des données météorologiques comme la température, l’humidité ou le rayonnement du soleil. Le bilan de masse nous aide à comprendre les changements climatiques. Nous essayons aussi de prévoir à quoi ressembleront les glaciers d’ici un siècle. Pour nous aider, on utilise des drones et on installe des stations météo.»

Larouche s’est déjà rendu deux fois en Alberta pour sa maîtrise. Au début du mois de décembre, il participera à un congrès de l’American geophysical union, à La Nouvelle-Orléans.

Quatre jours plus tard, il enfilera ses patins pour une épreuve de la Coupe Riders de descente extrême, en Autriche. Il prévoit également aller en Russie, à la fin janvier.

«Les Coupe Riders permettent d’accumuler des points pour les événements plus gros du Red Bull Crashed Ice.»

Et puisqu’il compte patiner encore plusieurs années, aussi bien maximiser ses chances de réussite. 

Évidemment, tout ça a un prix. Bien connu à Lebel-sur-Quévillon, Olivier Larouche l’est un peu moins à Trois-Rivières. Dans la région, Guillaume Bouvet-Morrissette, l’un des meilleurs patineurs de descente extrême au monde, est pourtant reconnu.

«C’est normal, car Guillaume, il est très fort, explique Larouche. Je l’appelle le vieux routier et pour lui, je suis son poulain! On s’entraîne souvent ensemble et il me donne de précieux conseils.»

Tous les moyens sont bons pour amasser de l’argent chez les adeptes de sa discipline. «J’ai plusieurs commanditaires dans ma ville natale et quelques-uns à Trois-Rivières. Sans eux, ce serait très difficile de voyager en Europe.»

Olivier Larouche a aussi pris part à une campagne promotionnelle de Crystal, le nouveau spectacle du Cirque du Soleil, qui sera présenté à Montréal ainsi qu’à Québec durant la période des Fêtes.

En espérant qu’un jour, le patinage de descente extrême devienne un sport olympique. Côté spectacle, ce serait assurément un pari gagnant.