Peu importe l’équipe, les amateurs de hockey du secteur Cap-de-la-Madeleine ont toujours été reconnus pour encourager leurs favoris en grand nombre. On a encore pu le constater, samedi soir à l’aréna Jean-Guy Talbot, dans ce qui était le dernier match présenté dans le vieil édifice de 50 ans.

Aréna Jean-Guy-Talbot: une page d’histoire tournée

TROIS-RIVIÈRES — L’euphorie du moment a laissé place à la nostalgie, voire à un sentiment d’amertume, pour des centaines d’amateurs de hockey du secteur Est de la ville de Trois-Rivières. Après avoir vu l’équipe senior du Climatisation Cloutier combler un déficit de trois buts en fin de match pour se sauver avec la victoire, samedi à domicile contre les Loups de La Tuque, les partisans madelinois ont fait leurs adieux à l’aréna Jean-Guy Talbot.

Le gain spectaculaire du Climatisation Cloutier a comblé de bonheur les quelque 1100 spectateurs présents pour encourager le club. Le lendemain, ils devaient cependant s’avouer vaincus à La Tuque dans un match ultime des quarts de finale de la Ligue de hockey senior AAA du Québec.

Tous auraient préféré que l’aventure se prolonge. Lundi, les fans, joueurs, entraîneurs et actionnaires de la concession de Cap-de-la-Madeleine tiraient néanmoins cette conclusion: ils auront été gâtés jusqu’à la fin, du moins en termes de divertissement.

«Les fantômes de l’aréna étaient avec nous», sourit l’homme d’affaires Yves Tremblay, qui a été l’un des derniers à quitter le vieux Talbot, dans la nuit de samedi à dimanche. «On a le cœur gros. Je regardais autour de moi durant la soirée et j’avais de la misère à croire que c’est un édifice qui arrive vraiment à la fin de sa vie. C’est regrettable.»

Tremblay n’était probablement pas le seul à se rappeler des faits saillants ayant marqué les différentes périodes des 50 dernières années. À la fin des années 80 au début de la décennie 90, les Patriotes de l’UQTR ont joué des parties devant des salles combles. Les Canotiers et les Barons junior A, affiliés à l’époque aux Draveurs de Trois-Rivières, ont également transporté les foules.

Le Climatisation Cloutier, à l’instar du hockey mineur et d’autres disciplines comme le taekwondo ou le patinage artistique, a ses quartiers à l’aréna de la rue de Grandmont. Il y a quelques mois, des ingénieurs municipaux établissaient l’indice de vétusté de l’édifice à 58 %. On jugeait alors qu’il en aurait coûté 14 millions $ pour le rénover. L’aréna sera démoli dans les mois à venir.

Pour Yves Tremblay, la pilule est encore difficile à avaler. Ça fait quelques années qu’il propose divers projets afin de sauver l’aréna ou, du moins, garantir une glace avec des estrades pouvant accueillir autour de 1000 personnes dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. «Personne n’a eu la délicatesse de me rencontrer. Je sens de l’évitement.»

L’homme d’affaires reprend les mêmes arguments qu’on entend au sein d’une partie de la population.

«Pour le sentiment d’appartenance envers l’Est de la ville, on repassera! Ce n’est certainement pas ce genre de décisions qui incitera des familles à venir s’installer dans le secteur.»

Du senior AAA au vieux Colisée?

Les dirigeants du Climatisation Cloutier attendent que le dossier de l’occupation du nouveau Colisée du District 55 aboutisse, avant d’entreprendre des pourparlers avec la Ville de Trois-Rivières pour statuer sur leur avenir.

L’équipe de la LHSAAAQ attire des centaines de partisans à ses matchs locaux. Yves Tremblay confirme que le vieux Colisée du parc de l’Exposition représente l’alternative à la fin des activités à l’aréna Jean-Guy Talbot. Encore là, ça dépend à quelles conditions.

«Si ça se réalise, ça va nous prendre les concessions, les panneaux publicitaires et un vestiaire en permanence. Le contraire serait impensable, surtout avec seulement une quinzaine de matchs locaux par année.»

Est-ce que les amateurs traverseront le pont Duplessis ou le pont Radisson afin de continuer à suivre son équipe? Tremblay est persuadé que oui. «L’âme de l’aréna Jean-Guy Talbot, c’est aussi les fans et tout ce qui entoure l’équipe. On croit que c’est possible d’amener cette énergie de l’autre côté de la rivière. Moi, je suis prêt à aller négocier avec les gens de la Ville. La question m’est souvent posée depuis quelques mois: on veut continuer à offrir du senior AAA à Trois-Rivières.»