Pavlos Antoniades vise maintenant la reconnaissance à l’international.

Antoniades prêt à jouer le tout pour le tout

TROIS-RIVIÈRES — Nager dans le lac Léman et rouler à vélo avec une vue sur les Alpes, en arrière-plan. Décor paradisiaque, vous dites? C’est ce qui attend les étudiants du Collège Laflèche Pavlos Antoniades et Filip Mainville, vendredi à Lausanne en Suisse, où ont lieu en fin de semaine les Championnats mondiaux de triathlon, toutes catégories confondues.

Vous aurez compris que les deux triathlètes du club Trimégo ne voyagent pas en touristes. Ça fait des années qu’ils se préparent pour ce type de compétitions. À leur dernière année dans la classe junior, ils s’en promettent chez les Helvètes.

«J’ai rarement eu la chance de faire un parcours aussi beau que celui-ci. Lausanne est une superbe ville olympique», partageait Antoniades, mardi dans un entretien au Nouvelliste, alors qu’il revenait d’une séance de visualisation.

La portion cycliste du triathlon comporte un grand défi pour les concurrents, avec une ascension d’environ 90 secondes. «Il y a aussi une bonne descente avec une courbe à la fin, il faudra être prudent», concède Antoniades, pour qui se retrouver à Lausanne constitue déjà un exploit.

Revenir de loin

Huitième des Mondiaux de 2018, le Trifluvien a subi une blessure en Arizona au mois de mars, en plein camp d’entraînement. Il venait de boucler deux courses en Floride quelques semaines plus tôt.

Résigné, il a dû déclarer forfait pour la programmation estivale. «Je n’ai pas couru pendant plus d’un mois. La bonne nouvelle, c’est que j’ai pu améliorer ma nage et mon vélo, deux facettes où je dois être meilleur si je veux devenir champion sur la scène internationale.»

Antoniades a été patient en respectant le protocole, alors que ses amis prenaient part au Championnat canadien junior. Filip Mainville a d’ailleurs terminé deuxième.

Au repos forcé, Antoniades a heureusement été choisi par Triathlon Canada pour représenter son pays aux Mondiaux. Ses résultats obtenus avant sa blessure, notamment durant la saison 2018, ont penché dans la balance. «J’ai fini huitième l’an passé avec une pénalité de 10 secondes alors oui, je peux faire mieux! On joue le tout pour le tout, j’y vais pour la victoire. Tout peut arriver en triathlon et ça prend un peu de chance aussi. J’y crois.»

Antoniades, comme la majorité des athlètes se retrouvant au sommet de leur sport, n’a pas lésiné sur les efforts à l’entraînement. Ainsi, le parc national de la Mauricie est devenu son plus fidèle allié ces derniers mois.

Il a dominé la scène provinciale avant d’imiter ces performances à l’échelle nationale. Il vise maintenant la reconnaissance à l’international. «C’est ma dernière année junior avant de faire le saut chez les moins de 23 ans.»

Or, dans le U23, les participants côtoient l’élite mondiale des seniors. Le Québécois Alexis Lepage est un visage connu de la discipline au pays. «Quand tu regardes ceux qui dominent le sport au niveau senior aujourd’hui, ils sont souvent montés sur le podium dans les catégories juniors et U23. C’est mon objectif en fin de semaine.»

Les juniors s’élanceront vendredi matin sous le format de la distance sprint du triathlon, c’est-à-dire 750 m de nage, 20 km à vélo et 5 km de course à pied. Le format de la distance olympique (le double de la distance sprint) est exclusif aux athlètes U23 et seniors.

Des mois importants

Peu importe le résultat qu’il obtiendra à Lausanne, la suite des choses sera intéressante pour Pavlos Antoniades, que ce soit sur le plan athlétique ou académique.

Le jeune homme terminera au printemps ses études en sciences de la nature au Laflèche et il espère, d’ici là, être admis en médecine à l’université. «C’est ce sur quoi je travaille en ce moment.»

Mainville se plaît à Trois-Rivières

Partenaire d’entraînement d’Antoniades, Filip Mainville ne regrette pas d’avoir déménagé à Trois-Rivières il y a près d’un an.

Originaire de la grande région de Montréal, Mainville, un étudiant en administration au Collège Laflèche, connaissait la réputation des entraîneurs du Trimégo. «Je côtoyais déjà Pavlos et Félix [Plourde-Couture], je savais que le triathlon est bien développé en Mauricie. Je pense avoir peaufiné ma technique de course à pied ici, ça pourrait être payant au Championnat mondial.»

Mainville a franchi le fil d’arrivée du Championnat canadien junior en deuxième position cet été. Une blessure l’a cependant freiné dans les dernières semaines.

La fédération internationale le répertorie en tant que 15e favori à Lausanne, tandis que Pavlos Antoniades figure au sixième échelon. Au total, ce sont 71 participants qui défieront le parcours de Lausanne.