Beauvillier mérite de jouer. Dans le meilleur des scénarios, au Barclay's center. Sinon, au centre Gervais Auto.

Anthony Beauvillier abonné aux estrades

CHRONIQUE/ Coup de fil à Philippe Lecavalier, dont le client Anthony Beauvillier ne semble pas bénéficier de la confiance de Jack Capuano. Avec un alignement en santé, le pilote des Islanders a levé le nez sur Beauvillier au cours des quatre derniers matchs.
Depuis le début décembre, ça fait neuf matchs sur 17 que le choix de première ronde regarde des gradins. Mercredi soir, même si son équipe vient de perdre coup sur coup 2-1 face aux deux pires clubs de la ligue, Capuano a décidé d'aller à la guerre avec le même alignement face aux Panthers de la Floride. Si Beauvillier ne revient pas dans l'alignement après deux revers gênants, ça en dit long sur son utilité aux yeux de Capuano, non?
Chose certaine, il n'y a pas qu'à Shawinigan qu'on se questionne si le développement de Beauvillier est optimal dans ces conditions. Il suffit de faire le tour des médias sociaux pour se rendre compte qu'à New York aussi, on se pose des questions.
Mais ne comptez pas sur Lecavalier pour jeter de l'huile sur le feu. Contrairement à un gars comme Allan Walsh qui va au bâton publiquement pour ses protégés, Lecavalier épouse la discrétion. «Il est hors de question pour moi de discuter publiquement du dossier. Je ne le fais pour aucun de mes clients.»
Espérons pour le jeune homme qu'en coulisses, Lecavalier soit un peu plus courageux. Après tout, les Islanders n'ont pas très bonne réputation dans le développement de leurs jeunes surdoués.
Ryan Pulock, Michael Dal Colle, Josh Ho-Sang, Griffin Reinhart, Ryan Strome et Nino Niedereiter ont tous été repêchés en première ronde par l'équipe gérée par Garth Snow entre 2010 et 2014. Quatre de ces gars ont été choisis dans le top 5 de la LNH.
Du groupe, seul Strome fait carrière actuellement avec le grand club. Et malgré une récolte de 50 points il y a deux ans, Strome a dû faire un détour par la Ligue américaine l'an dernier, et il a été laissé de côté en début de saison.
Beauvillier mérite de jouer. Dans le meilleur des scénarios, au Barclay's center. Sinon, au centre Gervais Auto. À 19 ans, en train de se bâtir à la fois comme joueur et comme adulte, il mérite mieux comme traitement que de remplir un rôle de bouche-trou, même si ça le paie quelques centaines de milliers de dollars.