Après s’être retrouvé durant de longues semaines relégué au quatrième trio, Alex Galchenyuk a commencé à faire partie de la solution. Claude Julien a repris confiance en lui.

Alex Galchenyuk retrouve ses repères

MONTRÉAL — Le match de mercredi soir est la parfaite occasion de rappeler qu’Alex Galchenyuk est le meilleur marqueur issu du repêchage de 2012.

Il domine pour les points dans la LNH avec 236 et les matchs disputés avec 391, et il est deuxième pour les buts avec 101, derrière Filip Forsberg. Un repêchage qui avait pourtant couronné son coéquipier du Sting de Sarnia, Nail Yakupov, qui a vogué d’échec en échec jusqu’à aboutir avec l’Avalanche du Colorado, l’adversaire du Canadien.

Ça n’a pas toujours été la joie pour Galchenyuk cette saison. Il s’est retrouvé durant de longues semaines relégué au quatrième trio. Claude Julien s’était juré de ne lui laisser aucun répit tant qu’il ne deviendrait pas le joueur qu’il avait en tête. Même ses coéquipiers lui lançaient à l’occasion des petites flèches au sujet de son manque d’effort.

Puis, à la mi-décembre, le déclic. Galchenyuk a commencé à faire partie de la solution. Claude Julien a repris confiance en lui, le voici maintenant avec Jonathan Drouin et Nikita Scherbak dans un trio à surveiller.

«Entre la journée où je suis arrivé et aujourd’hui, il s’est beaucoup amélioré, a reconnu Julien. Il patine mieux, il a confiance avec la rondelle. Il est encore jeune et il travaille sur des éléments à améliorer. Mais il a une bonne attitude, il veut s’améliorer. Je n’ai rien à dire contre Alex. C’est un gars qui veut son propre bien, mais encore plus le bien de l’équipe.»

-27...

Le plus enrageant avec Galchenyuk reste certainement son jeu défensif. Combien de fois l’a-t-on vu négliger son repli, perdre son joueur de vue? On ne compte plus.

C’était d’ailleurs l’objectif de l’entraînement matinal de mardi, qui n’avait rien de léger. Claude Julien a levé le ton lors d’un exercice intense de récupération de rondelle en zone défensive.

Un défenseur commençait la séquence derrière le filet du gardien, dos au jeu, et il devait sortir la rondelle de la zone en situation de pression. Un exercice, on le devine, qui cible surtout le trio de Drouin, Galchenyuk et Scherbak.

Doit-on rappeler que Galchenyuk, à -27, et Drouin, à -26, sont dans le top 5 des pires différentiels de la LNH? Drouin est tout à fait conscient des lacunes de son trio.

«Il y a souvent des petites erreurs que tu ne vois pas nécessairement des estrades, mais tu les vois sur vidéo, a expliqué Drouin. Ça peut faire la différence dans un match. La zone défensive doit être plus serrée, on doit être plus concentrés pendant 60 minutes. L’effort est là, mais des fois, on fait des erreurs mentales.»

Ce trio, comme tous les autres d’ailleurs, tente d’appliquer le plan de match bien résumé en ces mots par Paul Byron : en jouant bien défensivement, ça va créer de l’attaque.

«Notre trio va être meilleur quand on va être capables de créer des revirements et contre-attaquer avec notre vitesse et notre talent, a ajouté Drouin. Si tu fais un revirement, ça crée des trois contre deux, des trois contre un, et ça nous donne des chances. Ce n’est pas sur le banc que tu vas apprendre à jouer en défense. Tu dois voir tes erreurs du bon côté, pas toujours négativement, et tu vas atteindre un autre niveau.»

Claude Julien a tenu bon rappeler que ce trio est encore jeune. Galchenyuk vient de souffler ses 24 bougies, Drouin et Scherbak ont 22 ans. L’entraîneur est en mode apprentissage avec eux, avec un bémol. «On veut leur donner la chance de s’améliorer sans nous mettre dans une position qui pourrait nous coûter des matchs.»

Si Galchenyuk était de toutes les rumeurs de transaction l’été dernier, c’est beaucoup plus calme en ce moment. Mais c’est certain qu’il a fait augmenter sa valeur. À un point tel qu’il a peut-être forcé le Canadien à envisager l’avenir... avec lui.