Cet outil virtuel a récemment été adopté par deux clubs de la LNH.
Cet outil virtuel a récemment été adopté par deux clubs de la LNH.

Aiguiser ses réflexes… virtuellement

TROIS-RIVIÈRES — Le Trifluvien Wayne Gordon croit avoir entre les mains un outil qui va révolutionner la façon d’aiguiser les réflexes des hockeyeurs.

Après avoir fait la promotion de la glace synthétique depuis quatre ans, il s’est procuré un simulateur virtuel de la compagnie Sense Arena, établie dans la région de Boston. Le joueur étoile des Bruins David Pastrnak est d’ailleurs le porte-parole de l’entreprise, qui a déjà séduit les Golden Knights de Vegas et les Kings de Los Angeles dans la LNH.

«On a toujours cru que le sens du hockey, tu l’avais ou tu ne l’avais pas. Voilà que nous avons un outil pour le développer, l’améliorer. C’est la même chose avec la vision du jeu. On peut travailler tellement de choses différentes avec ce simulateur. Tous ceux qui l’essaient sont séduits», souligne Gordon, dont la petite entreprise se nomme Développement sports performance 3R.

Gordon est tombé sur Sense Arena en faisant des recherches pour trouver de nouveaux produits pour son garçon, un adolescent qui mange du hockey. Il a été tellement épaté par sa découverte qu’il a décidé d’aller rencontrer la compagnie en janvier en compagnie de Sébastien Lemay, qui a accepté le rôle de conseiller hockey dans l’aventure. Quelques semaines plus tard, Gordon se faisait installer dans son garage ce nouveau gadget. «Il existe beaucoup de simulateurs dans différents sports. Ce sont des jeux, pour la très grande majorité. Ils sont bien faits, mais ce sont des jeux. Sense Arena, c’est autre chose. Ce fut conçu sur le même principe que les simulateurs de la NASA. Les pilotes de chasse s’entraînent sur quelque chose du genre, aussi. Tout est fait en fonction de muscler le cerveau», explique Gordon. «La dynamique, c’est du read and react. Un peu comme Neurotracker, qui est plus connu. Mais, au lieu de voir des petites boules, tu transportes le joueur au Madison Square Garden. Disons que c’est pas mal plus motivant!»

Courts exercices

Le concept a été développé en République tchèque, par un ancien joueur de basket professionnel dont le fils s’était amouraché du hockey. Tous les paramètres sont configurables, en fonction du niveau de chaque joueur. Les exercices durent deux minutes, incluant une vidéo explicative de 30 secondes. «C’est très réaliste. Moi, par exemple, je ne peux pas réussir la configuration pro», sourit Lemay, qui fait depuis longtemps équipe avec Denis Francoeur au sein de son académie. «On a des configurations de U-10 jusqu’à professionnel. Ce n’est pas encore très connu ici, il y a 22 systèmes en Amérique du Nord et un seul au Québec, soit le mien. Sense Arena est toutefois distribué dans neuf pays, et de plus en plus d’équipes professionnelles étudient la possibilité de s’en procurer un. Il y a beaucoup d’offres sur le marché pour le développement physique des hockeyeurs. Sense Arena, c’est le complément parfait pour le côté mental du sport», lance Gordon.

Prêt à se lancer

Il a évidemment bien hâte de l’offrir au public. L’installation a été complétée quelques jours seulement avant que le gouvernement ne place le Québec sur «pause», en mars. Seulement une poignée de joueurs avaient eu le temps d’apprivoiser ce nouvel outil. «On a une liste de joueurs qui veulent venir quand le déconfinement sera en place. On pense que le bouche-à-oreille sera très fort pour nous. Je n’exclus pas non plus de m’entendre avec des équipes ou des programmes scolaires. Ça se fait ailleurs, pourquoi pas. Il y a des exercices pour les gardiens aussi. C’est très complet.»

Un joueur peut faire les exercices en souliers ou en patins, sur la glace synthétique. Il a son bâton entre les mains. Tout le reste est virtuel. «Le coût d’acquisition du système est dispendieux, je dois l’avouer. Je dois aussi payer une licence à chaque mois, mais je reçois régulièrement des mises à jour qui peaufinent le produit. Je suis convaincu que je vais arriver à rentabiliser l’investissement.»

Gordon a fixé à 35$ le coût pour une séance de 30 minutes. Pour 60 minutes, c’est 60$. Un tarif préférentiel pour une carte de 10 séances a aussi été prévu. «L’entraînement est vraiment personnalisé, adapté selon les forces et les faiblesses de chacun. Les joueurs élites de tous les âges vont y trouver leur compte, j’en suis certain.»