Les Aigles devront jouer un programme double, échelonné en matinée ainsi qu’en de soirée mercredi à Sussex, ce que déplore l’organisation.

Un congé... dans l’autobus

Trois-Rivières — T.J. Stanton ne la trouve pas drôle. Son équipe, qui connaît un excellent départ dans la nouvelle saison de la Ligue Can-Am, a passé sa seule journée de congé d’ici au 30 mai dans l’autobus, mardi.

C’est que les Aigles doivent livrer un programme double sur le terrain des Miners de Sussex, mercredi. Jusque-là, ça va. Le problème, c’est que ce fameux programme double se partagera entre la matinée (10 h 35) et le début de soirée (19 h 05). Certains joueurs de l’équipe n’en reviennent pas de cette réalité du calendrier. Ils sont appuyés par leur gérant.

«Ridicule et horrible», lâche sans retenue l’entraîneur des Oiseaux, qui est monté à bord de l’autobus avec ses joueurs et quelques membres du personnel mardi, à 14 h, en direction du New Jersey. «On en a déjà discuté avec les dirigeants de la ligue, mais l’opinion des gérants, ils s’en foutent. C’est dommage.»

Le défi est double pour les Aigles (3-1): non seulement doivent-ils se préparer en vue d’une journée au boulot atypique, ils affrontent la meilleure équipe du circuit (3-0), championne en titre des séries. «Cela ne fait aucun sens», ajoute le directeur général des Aigles René Martin. «Jouer deux matchs aussi éloignés l’un de l’autre, c’est l’enfer. Ce n’est pas une vraie journée de congé que les gars ont eue mardi. C’est incroyable ce qu’ils demandent aux joueurs en termes de sacrifices. Après, on se surprend de voir des joueurs comme [LeVon] Washington se blesser aussi tôt dans l’année. Il fait encore froid et l’horaire ne nous avantage pas. Ça part raide.»

En contrepartie, Martin comprend que la ligue a voulu accommoder les Aigles en les faisant jouer lundi après-midi, une journée fériée au pays. Il y avait aussi un match à Ottawa. Normalement, les équipes sont en congé le lundi. «Je pense tout de même qu’ils auraient pu s’arranger pour faciliter nos premiers matchs de l’année sur la route.»

D’habitude, les joueurs ne se changent pas et ne prennent pas de douche entre deux matchs d’un programme double, puisque ceux-ci, dans les autres ligues, se jouent dans un intervalle plus serré. Or, l’hôtel des visiteurs dans la région de Sussex se trouve assez loin du Skylands Stadium. Ce n’est donc pas une situation idéale pour les visiteurs.

Bref, c’est dans ces circonstances que les Aigles tenteront de prolonger leur séquence de succès. Après le double de mercredi, ils ont rendez-vous une dernière avec les Miners jeudi, avant de prendre la route de Little Falls, non loin de là, où les Jackals du New Jersey les attendront pour une série de quatre parties (vendredi à lundi).

Le moral est bon

La bonne nouvelle, c’est que le voyage s’est déroulé dans la bonne humeur. Les Aigles ont pris la route, forts de trois victoires en quatre matchs face à leurs grands rivaux des Capitales de Québec. Ils amorceront donc cette série de trois rencontres en deux jours avec une bonne dose de confiance.

«L’ambiance est bonne, d’autant plus qu’on avait le potentiel de balayer Québec si on avait mieux joué samedi», déclarait Raphaël Gladu, lundi, à la fin de la série. «De mon côté, je ne pouvais pas prévoir une meilleure rentrée. Je voyais bien la balle, j’ai joué avec confiance. Dans l’abri, des gars comme Tucker Nathans, un gars d’expérience, montrent l’exemple. C’est cool pour les jeunes.»

Gladu mène la ligue pour les points marqués (6). Son coéquipier Parker Sniatynski, une recrue, affiche quant à lui la meilleure moyenne au bâton (,462). Stanton a eu de bons mots pour ces deux jeunes joueurs. «Raphaël, s’il devient un bon frappeur sélectif, connaîtra du succès dans cette ligue. À date, il juge bien la zone des prises. Pour Parker, on découvre en même temps que les fans à quel point il a un bon élan. Il nous fait penser à Michael Suchy et c’est très encourageant pour un gars de 22 ans.»

Si les Aigles soignent leur jeu défensif au milieu de l’avant-champ et qu’ils dénichent un releveur gaucher de qualité, de préférence une recrue, ils seront difficiles à battre.