Les gérants Roger Machado et Pierre-Luc Laforest se retrouvent au stade Fernand-Bédard après s'être affrontés lors des Jeux olympiques d'Athènes en 2004. Machado et Laforest étaient receveurs pour leur pays respectif. 

Retrouvailles pour Machado et Laforest

Les yeux de Pierre-Luc Laforest s'illuminent quand on lui parle des Jeux olympiques d'Athènes. Non, aucune médaille n'est associée à ces souvenirs, mais le match de demi-finale disputé contre les Cubains représente l'un des moments les plus intenses de sa carrière de joueur, ce qui équivaut à presque 15 ans.
Le hasard fait bien les choses. En 2004, à l'époque où le baseball était encore un sport olympique, le Canada avait croisé le fer avec l'équipe nationale de Cuba deux fois plutôt qu'une durant le tournoi en Grèce.
Deux défaites au cours desquelles les Canadiens avaient donné des sueurs froides aux représentants de l'île des Antilles, qui figuraient parmi les favoris pour remporter les grands honneurs.
Or, le gérant actuel de l'équipe cubaine, Roger Machado, évoluait au poste de receveur de la sélection. Laforest chaussait les mêmes souliers dans l'autre camp. Seule différence, Machado a vu très peu d'action puisqu'il avait été désigné comme substitut.
Malgré son rôle un peu plus effacé, il a savouré la conquête de la médaille d'or avec le reste de ses coéquipiers, d'autres médaillés olympiques de Cuba... et une foule en liesse, lors de leur retour à La Havane.
«Il y avait eu une grande célébration et une parade, vraiment un moment magique», se rappelle Machado, affichant un rare sourire. «Notre équipe a connu beaucoup de succès durant cette période. On a gagné les Olympiques et deux fois les championnats mondiaux en 2003 et 2005. Il y a eu plusieurs fêtes pour célébrer nos victoires!»
Machado cumule effectivement une feuille de route impressionnante, que ce soit comme joueur ou entraîneur. Il a remporté plusieurs titres durant sa carrière de joueur (15 ans), mais il paraît tout aussi bien comme entraîneur.
Dans la ligue cubaine, son club, les Tigres de Ciego de Avila, a mis la main sur trois des cinq derniers championnats.
Avec ce cheminement couronné de gloire, on comprend mieux à quel point les trois défaites en quatre matchs des Cubains face aux Capitales de Québec on pu être embarrassantes pour Machado et les dirigeants de la fédération. Surtout devant cinq millions de téléspectateurs cubains!
«Le match le plus émotif de ma vie»
Le Canada a souvent mordu la poussière dans les rencontres internationales contre Cuba et 2004 n'a pas fait exception à la règle. Mais Pierre-Luc Laforest conserve quand même ses plus beaux souvenirs en tant que membre de l'unifolié à Athènes, où le pays a frôlé le podium avec une quatrième place.
En demi-finale, les Canadiens, tirant de l'arrière 8-5, sont passés à quelques centimètres de créer l'égalité en neuvième manche. Laforest était posté au premier coussin quand il a vu son compatriote Kevin Nicholson expédier une balle au champ extérieur, très loin... dans la grosse mitaine d'un joueur cubain!
«Le vent soufflait dans le mauvais sens et le Cubain a dû sauter sur la clôture pour capter la balle. Je n'en reviens pas encore aujourd'hui», s'exclame Laforest, ajoutant qu'il y avait toujours une bonne dose de fébrilité pendant les affrontements Cuba-Canada.
«On a quitté nos abris quelques fois! À l'époque, l'équipe de Cuba, c'était des gars de 27 ou 28 ans. Je suis persuadé qu'au moins la moitié du groupe aurait pu jouer dans les majeures.»