Les prochaines heures seront déterminantes à savoir s’il y aura ou non du baseball professionnel au Stade de Trois-Rivières en 2020.

Rencontre de la dernière chance lundi soir pour les Aigles

Trois-Rivières — Il est minuit moins une pour les Aigles de Trois-Rivières. Lundi soir, les actionnaires de l’équipe se rencontreront au Salon de jeux de Trois-Rivières afin de statuer si, oui ou non, l’aventure du baseball professionnel au parc de l’Exposition peut continuer. Ces derniers souhaitent ardemment que des gens de la communauté d’affaires s’y présentent et témoignent de leur attachement au club.

Les propriétaires Jean Tremblay (Vertdure) et Michel Côté (Côté-Réco), celui-ci par l’entremise d’un représentant, de même que le directeur général René Martin et le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, prendront part à cette rencontre à 17 h. Le président du club, Marc-André Bergeron, devrait également y être.

À ce groupe pourraient s’ajouter de nouveaux investisseurs potentiels, qui auraient manifesté un intérêt dans la cause des Aigles au cours des derniers jours. Au dire de Tremblay, il en va de la survie de l’équipe.

Une décision de poursuivre ou non les activités doit être prise d’ici 23 h 59, lundi, car selon ce qu’il a été permis d’apprendre, la Ligue Can-Am et la Ligue Frontier, deux circuits indépendants de baseball, confirmeront leur fusion cette semaine. Or, ce nouveau circuit demandera des garanties. Les cinq autres clubs de la Can-Am, dont Québec et Ottawa, ont déjà signifié qu’ils désiraient emboîter le pas, même que le dossier des Champions aurait progressé de façon positive.

Il ne manquerait donc que les Aigles, dont le sort dépendra des discussions de lundi au Salon de jeux. Qui lèvera la main? À suivre.

Les propriétaires des Aigles répètent avoir besoin de plus de soutien de la communauté d’affaires de la région afin de garder l’équipe à Trois-Rivières.

«On cherche des gens d’affaires susceptibles de nous donner un coup de main», mentionne le grand manitou du Groupe Vertdure, Jean Tremblay, qui s’exprimait pour la première fois depuis que le conseil municipal a décidé de reporter la décision d’ajouter une aide ponctuelle de 50 000 $ pour l’équipe, afin d’assurer son avenir.

Les Aigles reçoivent déjà 275 000 $ par année de la Ville de Trois-Rivières. En échange, l’équipe doit gérer le stade et en assurer l’animation.

«La Ville nous aide beaucoup depuis les débuts des Aigles, on respecte ce qu’ils ont fait pour nous, mais les délais serrés ne nous permettent pas d’attendre à novembre ou décembre. La vérité, c’est que la communauté d’affaires a parfois été trop silencieuse. Nous avons eu une baisse des commandites en 2019, et ce, malgré l’apport incroyable de nos ambassadeurs. Les ambassadeurs, ç’a été une grande réussite. Maintenant, ça nous prend des investisseurs locaux, du monde d’ici, de la Mauricie», enchaîne Jean Tremblay, qui ne s’attend pas à recevoir des chèques lundi. Par contre, il espère que des gens d’affaires se manifesteront.

«Michel [Côté] et moi, on croit aux Aigles, mais nous ne sommes pas des gens du coin. Nous sommes prêts à cautionner les coûts qui viendront avec l’émergence du nouveau circuit, sauf que pour la suite, nous voulons être appuyés par d’autres personnalités du monde des affaires, par de nouveaux partenaires. Si on peut aller chercher 100 000 ou 150 000 $ avec un groupe de quelques personnes, ce serait déjà très bien.»

Depuis l’annonce de mercredi dernier, plusieurs amateurs ont exprimé leur inquiétude à l’idée de perdre les Aigles. Le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche en fait partie. «J’ai encore le goût d’y croire, les Aigles lancent un grand cri du cœur et il faut les entendre. Je sais qu’ils travaillent fort pour que ça fonctionne, qu’ils se donnent corps et âme. Je persiste à dire que pour moi, c’est important d’avoir un club de ce calibre à Trois-Rivières.»

Les Aigles, bien qu’ils arrivent au dernier rang de la Can-Am pour les assistances, attirent beaucoup plus de partisans à leurs parties locales que d’autres marchés du circuit. C’est que plusieurs clubs mentent sur le nombre de spectateurs qui se déplacent dans les stades.

Une fusion avec la Ligue Frontier entraînera des coûts supplémentaires pour les équipes, notamment pour la masse salariale des joueurs, ainsi que les transports. La plupart des formations de la Frontier évoluent dans les États du Mid-Ouest américain, dont l’Illinois, le Michigan et l’Ohio.