La folie Gretzky frappe Trois-Rivières

Il y a de ces histoires qui ne s'écrivent pas. Celle de voir Wayne Gretzky débarquer au Stade Stéréo Plus pour voir son fils jouer au baseball aurait été impensable il y a quelques années. Mais ce qui s'est passé lorsque le plus grand joueur de l'histoire du hockey a mis le pied dans le Stade Stéréo Plus mardi soir relève tout simplement du conte de fées.
Après avoir assisté à quelques matchs de la Coupe Rogers plus tôt en journée à Montréal, Gretzky est arrivé à Trois-Rivières vers 20 h 30, alors que le duel entre les Capitales de Québec et les Aigles était en quatrième manche. Il y avait déjà de l'électricité dans l'air et plusieurs partisans faisaient le pied de grue devant l'enceinte en espérant obtenir un autographe. Même le maire Yves Lévesque faisait partie de cette foule, et il a été le premier à accueillir Gretzky lorsque celui-ci est entré par le vestiaire des joueurs.
Quelques secondes plus tard, la «Merveille», qui était accompagnée de sa femme Janet Jones ainsi que de sa plus jeune fille, est apparue dans le couloir menant au terrain. Un fort murmure a été entendu dans les estrades, suivi par des applaudissements. Or, au même moment, on annonçait que son fils Trevor se présentait à la plaque comme frappeur désigné.
Gretzky n'aura finalement pas été en mesure de voir Trevor s'élancer, puisqu'il signait des autographes. Mais il l'a certainement entendu, son fils ayant fait lourdement résonner son bâton pour frapper un circuit de trois points qui a donné une avance de 5-0 aux Aigles. La foule a explosé de joie, Gretzky a fait le tour des sentiers alors que le paternel affichait un large sourire.
«Peut-être que je devrais venir 40 fois par année!, a rigolé Wayne Gretzky, qui se disait très heureux de pouvoir voir son fils à l'oeuvre pour une deuxième fois cette année. Trevor est très sensible et il est jeune. Comme parent, tu le regardes et tu le trouves vieux, mais il a seulement 24 ans. C'est un bon kid qui travaille fort et qui est près de ses frères et soeurs. On est très fier de lui.»
L'athlète de 24 ans n'a pas eu besoin d'être prévenu que son père était arrivé au stade. Mais avant tout, il aurait aimé lui offrir une victoire, plutôt qu'un circuit dans une défaite de 8-5.
«Quand j'étais dans le cercle des frappeurs, je l'ai vu apparaître dans le tunnel. Le timing était pas mal bon. C'était tout un sentiment que de courir les buts après le circuit. J'ai pris un bon élan et de bonnes choses se sont passées. Mais au final, on voulait gagner et ce soir (mardi). C'est une défaite qui fait très mal.»
Trevor Gretzky a connu des hauts et des bas cette saison avec les Aigles. Sa moyenne au bâton est de ,239. Son circuit de mardi était ironiquement son premier cette saison. Son père et lui sont restés en contact depuis le début de la saison par téléphone.
«On va revenir et le revoir mercredi. Ce que je lui dis lorsque l'on se parle, c'est qu'être un professionnel, c'est très difficile. Tu dois travailler dur, ne pas t'emporter quand ça va trop bien et ne pas être à terre lorsque ça va moins bien. Tu dois être dédié et avoir une passion pour le jeu. Je ne lui dirais rien de différent que ce que je dirais à la mère d'un enfant de 12 ans qui me poserait la même question», explique la «Merveille».
Meilleure foule de la saison
La présence du gagnant de quatre finales de la Coupe Stanley a fait déplacer les foules, puisqu'avec 3477 spectateurs, il s'agissait de la plus importante foule de la saison. Plusieurs avaient enfilé un chandail des Oilers, des Kings ou encore des Rangers avec le numéro 99 dans le dos. C'est le cas de Michel Moyneur, qui s'était déplacé de Gatineau pour assister à cette rencontre et peut-être obtenir un autographe.
«J'ai fait imprimer une photo de lui ce matin et j'ai acheté un chandail sur Kijiji à Sainte-Julie en m'en venant de Gatineau. J'ai aussi acheté une palette de hockey. J'ai 31 ans, je l'ai vu jouer dans ses dernières saisons à New York, même s'il n'était plus à son meilleur. Je suis un collectionneur depuis longtemps.»
Gretzky a d'ailleurs été généreux envers les amateurs. Installé dans la première rangée derrière le marbre en compagnie de Marc-André Bergeron, président des Aigles et ancien des Oilers lui aussi, il a signé des centaines d'autographes entre chaque manche.
«Le baseball, c'était mon premier amour et mon premier match a été au parc Jarry, entre les Dodgers et les Expos. Je me souviens de Ron Fairly et le Grand Orange Rusty Staub. J'aurais aimé être un joueur de baseball, mais je n'avais pas assez de talent. Mais ça c'est bien passé pour moi dans la LNH!»