Raphaël Gladu fonctionne à plein régime à son premier été avec les Aigles de Trois-Rivières.

Gladu est plus heureux chez lui

Trois-Rivières — Il aurait pu se mettre de la pression indue, sachant qu’il est le seul joueur originaire de la ville pour qui il défend les couleurs dans cette belle cuvée 2019. Mais Raphaël Gladu n’a jamais vu les choses ainsi. En fait, depuis qu’il endosse l’uniforme des Aigles, le voltigeur de 24 ans a rarement eu autant de plaisir à jouer au baseball. Et son sport le lui rend bien.

«J’ai hâte de vivre les séries éliminatoires à Trois-Rivières. Je ne jouerai pas au baseball professionnel pendant 20 étés, je veux m’assurer de profiter de chaque moment.»

Pour l’instant, on peut dire que Gladu vit à fond cette première année chez les pros devant ses proches. Apèrs un départ convaincant dans la Ligue Can-Am, les Mets de New York ont réussi à le convaincre de retourner en Floride, dans leur système affilié. Moins d’un mois plus tard, il rentrait au bercail, avant de connaître ses meilleurs moments de la saison, s’imposant comme un joueur d’élite de la Can-Am avec le club le plus compétitif en sept ans.

Dur constat

Pour les amateurs trifluviens, son départ pour St. Lucie fut un deuil à traverser, Gladu ayant montré d’excellents flashs chez les Aigles. Plus personne désormais ne doutait qu’il méritait sa place dans le circuit canado-américain. D’un autre côté, il ne voulait pas rater cette autre opportunité, sans doute la dernière, de séduire les Mets.

Malheureusement pour lui, un faux départ l’aura vite relégué au rang de réserviste. «Je me suis levé à 4 h du matin pour prendre l’avion à Montréal et quelques heures plus tard en soirée, je frappais deuxième dans l’alignement à St. Lucie», rappelait Gladu, dans un entretien avec Le Nouvelliste jeudi après-midi.

Au final, il n’aura disputé que huit rencontres avec les jeunes Mets. Il a été limité à un coup sûr en 26 présences au bâton. «J’avais moins de plaisir, mais je suis persuadé que j’aurais pu remonter la pente. La grande question, c’était de savoir si ça me tentait de continuer avec eux. Je cherchais ma motivation, je n’aimais pas l’horaire et les exigences du baseball affilié.»

Gladu allait déserter les Mets pour la deuxième fois en quelques mois. Heureusement, un plan B l’attendait à Trois-Rivières, où il retrouverait ses coéquipiers avec plaisir. Pour le gérant T.J. Stanton, il n’était pas question de perdre le Trifluvien.

«T.J. m’a envoyé un texto, il voulait savoir quand il devait préparer mon casier dans le vestiaire», se souvient Gladu en souriant.

Fin juin, il était de retour au Stade de Trois-Rivières et assistait, du haut des gradins, à leur victoire face aux Champions d’Ottawa. Une journée de congé plus tard, il montait à bord de l’autobus de l’équipe, direction Rockland. Il avait retrouvé le sourire et bientôt, il retrouverait ses repères au bâton.

Le sourire et la confiance de retour

Au moment où les Aigles montaient au classement, Gladu reprenait goût au baseball. Il a frappé quelques circuits à domicile en juillet, des doubles opportuns aussi. Chaque fois qu’il se présentait à la plaque, la foule réagissait. Il a pris la place de Taylor Brennan dans le cœur des fans.

La Can-Am a reconnu ses exploits en le nommant le joueur du mois de juillet. Qui aurait cru à un tel scénario au printemps, lorsque les Aigles ont enrôlé Gladu? Certains y voyaient alors un bon coup de marketing pour un joueur qui peinerait à demeurer dans l’alignement soir après soir. On entend moins parler de ces gens aujourd’hui, non?

«Je ne pourrais pas demander mieux. Il y a une bonne ambiance dans la chambre, je suis assez proche de gars comme David [Glaude] et Tucker [Nathans]. On fait des blagues, les gars disent que je suis le joueur de l’année. Si je suis 0 en 3, j’en entends parler!»

Un rôle qui lui plaît

Gladu est un type plutôt discret. Il préfère faire parler son talent sur le terrain. Reste qu’il aime se retrouver sous les projecteurs pour les bonnes raisons.

Avant le match de jeudi, il avait déjà obtenu 50 points produits en 51 sorties, à égalité au premier rang avec Brennan, mais avec 23 matchs en moins!

«J’ai grandi en regardant Maxime Bouchard et Mathieu Bergeron jouer pour les Aigles juniors. Plus tard, j’ai eu la chance de disputer mon premier match junior à vie au Championnat canadien, ici à Trois-Rivières. J’avais claqué un double, je m’en souviens très bien! J’ai l’impression qu’il me reste encore de gros moments à vivre ici et le championnat de la Ligue Can-Am fait partie de mes objectifs. Si je peux inspirer des jeunes, c’est tant mieux!»

Chaque soir, des visages connus dans les gradins lui rappellent le privilège qu’il a d’évoluer dans sa ville natale. Le faire pendant une saison gagnante amplifie le plaisir. Il a beau avoir côtoyé des types du baseball majeur comme Todd Frazier ou Brandon Nimmo, c’est dans le quartier St-Sacrement, à Trois-Rivières, qu’il s’épanouit le plus dans le baseball.

«J’ai toujours su que j’allais frapper ici et je ne dis pas ça pour paraître trop confiant. J’ai appris dans le réseau A fort avec les Mets et je crois que c’est un meilleur calibre que la Can-Am. J’étais bien préparé en arrivant à Trois-Rivières.»

Maintenant, il souhaite poursuivre sur sa lancée jusqu’en septembre, conscient que l’automne pourrait s’avérer mémorable.