Thomas Roulis a été très bon à l’arrêt-court, mais son expérience limitée dans le baseball professionnel a forcé T.J. Stanton à l’asseoir sur le banc à quelques reprises, plus la saison avançait. Plusieurs amateurs auraient aimé le voir à sa position durant les matchs des séries.

Aigles: bilan d’une œuvre inachevée

TROIS-RIVIÈRES — La saison des Aigles a fini de manière précipitée, sur une séquence dramatique de l’un des meilleurs matchs de la saison en termes de rebondissements. Si la déception est encore palpable et que le champagne ne coulera pas dans le vestiaire de l’équipe, on peut dire sans se tromper qu’il s’agit de la meilleure campagne de l’histoire de la concession.

De David Glaude à Garrett Mundell en passant par Brandon Barker, Tucker Nathans et Raphaël Gladu, tous ont eu un rôle à jouer dans les succès de l’équipe. Certains plus que d’autres. Voici un aperçu du rôle offensif. Mercredi, ce sera au tour des lanceurs.

David Glaude, A

L’année de la consécration pour le Québécois, nommé joueur par excellence de l’équipe. Il n’a pas volé ce titre: Glaude fut probablement le meilleur premier frappeur de la Ligue Can-Am. Ses 13 circuits le plaçaient parmi les meneurs du circuit et son taux de présence sur les sentiers avoisinait les ,400.

Utilisé autant au deuxième-but qu’au champ extérieur, il s’est bien tiré d’affaire avec seulement neuf erreurs, 11 de moins que son coéquipier Nathans.

Raphaël Gladu, A

Malgré un mois d’inaction au sein de l’équipe en raison de sa courte escale dans l’organisation affiliée des Mets de New York en juin, le Trifluvien termine la campagne avec 64 points produits, un sommet chez les Aigles. Tout ça en seulement 69 parties!

Gladu montre une moyenne au bâton supérieure à ,300 (,302), le deuxième de l’équipe derrière Juan Kelly. Il a définitivement sa place dans la Can-Am, même qu’il peut en devenir l’une des figures de proue. Sur le plan défensif, il a été fort efficace au champ droit. Il a un bon bras et surtout, un bras précis. Sa vitesse le sert bien.

Tucker Nathans, A-

Une bonne trouvaille du gérant T.J. Stanton. Seul porte-couleurs de l’édition 2019 né dans les années 80, on a apprécié son rôle de meneur dans l’abri et sur le terrain. Nathans peut jouer des deux côtés du milieu de l’avant-champ, il a de la puissance et c’est un lièvre sur les sentiers (30 buts volés). Avec un club plus agressif sur les buts, il aurait pu facilement réaliser 40 larcins.

Ses 104 retraits au bâton et ses 20 erreurs ont quelque peu porté ombrage à son indispensable contribution. Un joueur très populaire, le genre de vétéran que tous les gérants de la Can-Am aimeraient avoir.

Anthony Hermelyn, A-

Il évolue à la position la plus importante. Il est d’ailleurs le receveur de l’année dans la ligue.

C’est mérité, Hermelyn a soigné son approche au bâton, comme en font foi ses 18 doubles, 65 buts sur balles (un sommet à Trois-Rivières) et sa moyenne de ,257, une statistique fort acceptable pour un receveur. Derrière le marbre, le Texan excelle pour diriger ses lanceurs et il est un bon prof pour son substitut, Joe DeLuca. Aux yeux de T.J. Stanton, il arrive en tête de liste pour expliquer les succès de l’équipe cet été.

Juan Kelly, A-

Dix circuits, 13 doubles et 46 points produits en moins de 60 matchs. On aurait aimé le voir dans un calendrier régulier de 95 rencontres!

Raphaël Gladu a conquis le coeur des partisans de Trois-Rivières.

L’ami de Vladimir Guerrero fils a créé beaucoup d’ambiance dans le vestiaire avec sa personnalité et il était l’un des frappeurs les plus craints du circuit à partir du milieu de la saison. Au premier coussin, les partisans des Aigles n’ont jamais vu un joueur aussi efficace. Enfin, diront plusieurs! À 24 ans, il a toutes les chances, malheureusement pour les Aigles, de retourner dans le baseball affilié. S’il avait été meilleur au bâton en séries, les Aigles avaient de meilleures chances de passer en finale.

Alberth Martinez, B+

Il est arrivé en même temps que le Dominicain Kelly. Enfin sorti de son Venezuela natal, le voltigeur a rapidement pris ses aises. Il est l’un des athlètes les plus complets de l’équipe, mais son ratio de retraits au bâton a quelque peu augmenté en comparaison avec la saison 2018.

Il a été l’un des meilleurs frappeurs du club avec des coureurs sur les buts (,333), avec Raphaël Gladu (,369) et Juan Kelly (,364).

Thomas Roulis, B+

On ne s’attendait à rien de lui au bâton, alors que Stanton voulait s’assurer de pouvoir miser sur un arrêt-court fiable. Il n’a pas déçu défensivement: souvent bien placé et doté de bons réflexes, il s’est rapidement mis au niveau du baseball professionnel même s’il n’en avait pas l’expérience. Des observateurs auraient aimé le voir à l’arrêt-court à temps plein en séries.

Ses 57 coups sûrs ont été un bonus pour l’organisation.

Michael Suchy, B

Il y avait moins de pression sur ses épaules en frappant dans le bas de l’alignement. Le Floridien de 26 ans a presque doublé sa récolte de doubles en deux saisons (de 14 à 24), mais il est encore trop souvent retiré sur des prises (90 fois). Comme voltigeur de centre ou de droite, Suchy assure. Un athlète impressionnant.

LeVon Washington, B-

À l’instar de sa carrière, il a été blessé longtemps et même en uniforme, il ne pouvait courir à son aise. Sa moyenne au bâton de ,220 est décevante, mais il a été bon dans certaines situations, dont avec des coureurs en position de marquer.

L’ancien choix de première ronde du Baseball majeur en 2009, sélectionné quatre rangs après Mike Trout, a-t-il disputé sa dernière saison dans le baseball professionnel?

Taylor Brennan, B-

Il a enregistré 133 retraits au bâton, un sommet dans la ligue. Joueur par excellence de la Can-Am l’an dernier, il n’a pu répéter ses exploits (32 circuits contre 15) et n’a pas été en mesure non plus de compenser avec un meilleur jeu défensif au troisième coussin.

Brennan a parfois paru nonchalant sur le terrain, ce qui a frustré plusieurs amateurs dans les gradins, qui le voyaient davantage comme un frappeur désigné. Ceci dit, il fut l’un des meilleurs cogneurs de l’équipe en demi-finale. On se souviendra malheureusement de son erreur coûteuse en dixième manche de la partie ultime.

Joe DeLuca, B-

Du travail honnête comme receveur substitut et lorsqu’il a été appelé à évoluer comme joueur de position à temps plein durant la pénurie de main-d’oeuvre chez les Aigles, on le voyait souvent au premier but.

À sa deuxième campagne avec les Oiseaux, Anthony Hermelyn a eu un été à la hauteur des attentes.

DeLuca doit soigner ses apparitions au bâton.

Parker Sniatynski, B-

Il a perdu sa place comme régulier quand les joueurs latinos sont arrivés, mais il n’a pas à rougir de ses performances. Joueur le plus jeune du groupe, il a frappé pour une moyenne de ,257 et il a impressionné au champ extérieur.