Pendant que Kevin McGovern menottait les frappeurs des Aigles, son vis-à-vis, Edilson Alvarez, se montrait généreux à l'endroit des Saltdogs qui ont profité de l'occasion pour se payer une soirée de cinq points.

Aigles: difficile pour tout le monde

Mardi, les Saltdogs ont passé une bonne partie de la soirée à menacer Matthew Rusch, sans toutefois parvenir à ébranler l'as artilleur aux nerfs d'acier des Aigles. La journée au boulot des visiteurs du Nebraska fut complètement différente hier contre Edilson Alvarez, qu'ils ont malmené dans une victoire sans appel de 5-0.
Trois-Rivières subissait du coup un cinquième blanchissage au stade Fernand-Bédard, gracieuseté d'un jeune et fougueux lanceur du nom de Kevin McGovern, un produit de la Ligue Pecos enrôlé par la formation de Lincoln il y a quelques jours à peine.
Le jeu des comparaisons entre les deux partants dit tout: en six manches, Alvarez a concédé quatre points, tous mérités, huit coups sûrs et quatre buts sur balles. Il a notamment permis au premier frappeur des Saltdogs de se rendre sur les sentiers dans les cinq premières manches.
À l'opposé, McGovern, 25 ans, a frustré les Aigles et leurs 1538 partisans toute la soirée, espaçant six petits coups sûrs en plus de n'allouer qu'une petite passe gratuite. Les colonnes du temple ont tremblé en huitième, alors que les locaux parvenaient à remplir les buts, mais le héros de la soirée s'est sorti d'impasse, conservant sa fiche immaculée. Il a par la suite fermé les livres lui-même en neuvième.
«Le baseball se joue entre les deux oreilles, McGovern était en plein contrôle de ses moyens», résumait le gérant des Aigles Pierre-Luc Laforest, dont les hommes étaient en quête d'un troisième gain de suite, un deuxième à domicile, ce qui aurait constitué une première cette année au stade du parc de l'Expo.
«Pourtant, nous avons eu de bonnes apparitions, ce n'est pas comme si les gars s'élançaient sur tous les tirs. Mais après sept manches, il comptait 77 lancers. Ça parle beaucoup, ces chiffres.»
Alvarez, lui, a payé pour la guigne des Saltdogs de la veille. Le gros cogneur Ian Gac, tranquille mardi, a produit trois points, dont un grâce à un circuit face à David Leblanc, qui venait à peine d'arriver dans le match.
Le Québécois, à l'instar de son prédécesseur, a connu des ratés: cinq de ses neuf adversaires ont atteint les sentiers. Jadd Schmeltzer et l'ancien des Boulders Alex Kreis, qui disputait une première partie devant ses nouveaux partisans, ont complété le boulot pour Trois-Rivières.
À l'attaque, seul Steve Brown (deux simples, une troisième prise échappée par le receveur) s'est rendu sur les buts à chacune de ses présences. Les Aigles n'ont réussi aucune claque bonne pour plus d'un but et trois joueurs (Felix Brown, Drew Miller et Joey Side) se sont compromis dans un double jeu.
En fin de match, Brandwon Newton (0 en 8 au bâton depuis le début de la série) a laissé sa place à Eric Grabe, qui a répondu avec un simple.
«Extrêmement dû»
Le troisième et décisif match de cette série commence ce soir à 19 h. Pour l'occasion, Laforest confiera la balle à Tyler Wilson, qui a connu sa part d'ennuis depuis quelques semaines. «Il est extrêmement dû», a lâché le gérant en décrivant le jeu de son poulain, dont la moyenne de points mérités s'élève à 7,19 en 10 départs et 56,1 manches. Oui il est dû, mais sur le plan collectif, les Aigles doivent aussi commencer à gagner à domicile.
Ils pourraient remporter une première série au stade Fernand-Bédard. «Nous n'avons aucune raison d'en arracher à ce point au bâton ici. En plus, c'est un parc qui avantage les frappeurs.» 
Mais qui, décidément, n'avantage pas les Aigles de Trois-Rivières...