La ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest
La ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest

Aide de 70 M$: une hausse de 64% du budget dévolu aux sports et aux loisirs

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
La ministre des Sports Isabelle Charest a annoncé jeudi une aide financière attendue depuis longtemps par le monde du sport québécois, soit un montant additionnel de 70 millions $ pour le «maintien des activités des organisations de loisirs et des fédérations sportives» en période de pandémie. Cette somme représente une hausse de 64% du budget de 110 millions $ normalement dévolu à ce ministère annuellement.

De cette somme, un million $ sera versé à chacune des 12 équipes québécoises la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et 23 millions $ seront séparés entre les différentes fédérations sportives.

L’annonce de la ministre a été bien reçue par les fédérations, qui avaient besoin d’un coup de pouce alors qu’elles doivent composer avec une baisse des inscriptions et un arrêt des activités dans certaines zones.

«Aujourd’hui, le monde du sport est quand même heureux, car c’est la première annonce que l’on reçoit en huit mois de pandémie! C’est cependant au cours des sept à dix prochains jours qu’on verra la portée de ces montants, notamment comment ils seront divisés», a déclaré au Soleil Robert Dubreuil, directeur général de la Fédération québécoise de patinage de vitesse et ex-patineur olympique.

«C’est un montant substantiel puisque nous ne sommes pas habitués à travailler avec des millions. Ça ne compense pas tous les impacts de la pandémie, mais au moins ça aide à la survie», poursuit-il en mentionnant le début de saison en montagnes russes de sa fédération.

«Nous sommes passés du niveau 1 à 4 (du plan de reprise des activités sportives) durant l’été, nous avons commencé la saison à la fin août, début septembre et on a même eu une compétition de niveau élite à Sherbrooke les 12 et 13 septembre. Tout s’est bien déroulé et on préparait même les suivantes, mais tout a changé très rapidement avec la mise en place des «codes de couleurs» et le passage de plusieurs régions en zone rouge. On est revenu au niveau 1 en un mois!», illustre-t-il.

Difficultés financières

Pour l’ex-boxeuse Ariane Fortin, présidente de la Fédération de boxe olympique du Québec, c’est un peu le même raisonnement. «Nous sommes contents du montant, mais nous avons hâte de voir comment ces 23 millions $ seront répartis entre les fédérations et, surtout, ce qu’on aura le droit de faire», analyse-t-elle.

Les sports de combat sont parmi ceux qui ont le plus souffert de la pandémie, étant les derniers à pouvoir reprendre leurs activités cet été. «Depuis le mois d’août, on s’en sortait bien avec la «bulle de quatre», mais depuis le 8 octobre, les plateaux de boxe peuvent être ouverts, mais on ne peut pas y tenir rien qui soit planifié, organisé, dirigé... C’est un peu absurde et incohérent! Mon plateau peut rester ouvert, mais, moi, je n’ai pas le droit de «coacher»! Les cours privés et les cours de groupe sont interdits», explique l’Olympienne.»

L’ex-boxeuse Ariane Fortin, présidente de la Fédération de boxe olympique du Québec

Pour elle, l’argent annoncé par la ministre est un excellent premier pas, mais elle rappelle les dommages causés par la pandémie et les mesures sanitaires dans la pratique de son sport. «Déjà, des clubs ont fermé leurs portes après avoir enregistré d’importantes baisses d’inscriptions», fait-elle remarquer.

De son côté, le directeur général de Hockey Québec, Paul Ménard, était lui aussi satisfait du montant accordé aux fédérations sportives. «Nous apprécions aussi que la ministre ait reconnu la créativité et la résilience de nos gens. Pour la somme, on a hâte de voir ce qui nous revient et quels seront les critères au cours des prochains jours. Le c.a. de Hockey Québec verra ensuite comment il pourra aider les gens sur le terrain», a-t-il commenté.

«Nous aussi, nos inscriptions sont à la baisse et nous n’avons plus le droit de tenir des tournois, qui sont une source de revenus aussi importante que les inscriptions. C’est une situation qui n’est pas facile, mais on a quand même une lueur d’espoir avec ça», conclut-il au sujet de l’annonce de la ministre Charest.