Jean-Marc Lavoie (fausse grille) Geneviève Coutu (directrice adjointe à la sécurité et responsable des enclos), Éric Vincent (chef des pompiers), Terry Ross (service repas) et Jocelyn Bourassa (tour de contrôle)

Accros aux courses

Pas une, ni deux, mais bien trois fins de semaine de suite. Trois fins de semaine pendant lesquelles ces personnes ne comptent pas leurs heures, pour l'amour des courses et l'organisation qu'elles représentent.
«C'est grâce à eux que je peux faire ce métier que j'adore. Ils sont la pierre d'assise de notre événement. Je leur en suis infiniment reconnaissant», témoigne le directeur du Grand Prix de Trois-Rivières, Dominic Fugère, à propos de son armée de plus de 1200 bénévoles, qui s'apprêtent à exécuter un dernier tour de piste de cette 48e édition, à compter de vendredi.
Parmi tous ces volontaires, plus de 200 en seront à un troisième week-end consécutif. Cette course folle a commencé avec leur présence aux activités de la Formule Électrique à Montréal, avant de se poursuivre dans les rues de Trois-Rivières pour le rallycross (5-6 août) et la série NASCAR (11, 12 et 13 août). Fidèles au poste et, surtout, passionnés.
«Il faut aimer les courses et l'ambiance», concède Jean-Marc Lavoie, un bénévole oeuvrant sur la fausse piste. «Je ne suis pas en vacances en ce moment, mais la fin de semaine, je n'irais nulle part ailleurs qu'au GP3R. J'ai beaucoup aimé mon expérience à la Formule Électrique aussi.»
Certains d'entre eux prennent des congés flottants, d'autres prévoient leurs semaines de vacances en fonction du GP3R et de la FE. Chaque jour, à la fin du mois de juillet, plusieurs de ces bénévoles quittaient la région à bord d'un autobus qui les conduisait sur le site montréalais de la FE. Quelques-uns d'entre eux pouvaient revenir à la maison au milieu de la nuit suivante... pour repartir à l'aube. «Notre expertise était recherchée dans plusieurs secteurs, dont le médical et la sécurité», souligne avec fierté le président du Grand Prix, Joël St-Pierre.
En ce sens, la collaboration déjà existante avec la Fédération internationale de l'automobile (FIA) pour la tenue du Championnat mondial de rallycross a souri à l'équipe du GP3R. «Nous aussi, nous sommes passés par la première année du rallycross en 2014, alors on savait comment pouvaient se sentir les dirigeants à Montréal avec un nouveau produit comme la FE. Notre expertise a d'ailleurs été saluée», mentionne Fugère, qui rappelle au passage que son équipe avait tenté, en 2011, de convaincre les bonzes de la FIA de retenir Trois-Rivières parmi les candidates pour la création d'un éventuel championnat.
«Nous n'avons pas été retenus car la FIA visait les métropoles et des capitales. On a trouvé un moyen de laisser notre marque d'une autre façon. D'autant plus que des courses disputées au milieu d'une ville, on connaît ça!»
Pas question toutefois de se péter les bretelles chez les bénévoles. Oui, ils soutirent une certaine fierté à l'idée d'être impliqué dans deux championnats mondiaux de la FIA en quelques jours et de continuer l'effort de guerre avec une troisième fin de semaine, mais à la base, ils le font pour l'amour du sport et de leur ville. Les pilotes, mécanos et dirigeants d'équipes aiment à rappeler qu'ils croisent toujours les mêmes têtes, année après année sur le site du Grand Prix. Non seulement sont-ils compétents, ils sont assidus, ces bénévoles.
«Il y a des gens ici qui n'ont jamais vu de courses de leur vie, c'est dire à quel point ça leur tient à coeur», selon Jocelyn Bourassa, posté à la tour de contrôle. «On commence déjà à préparer 2018 dès lundi. On démonte le site et on planche sur la 49e édition, question de ne pas répéter les erreurs de la précédente. C'est pour ça que nous ne sommes pas gênés de revenir, année après année!»