Le capitaine Alex Ovechkin et l'entraîneur Barry Trotz ont piqué un brin de jasette pendant la séance d'entraînement des Capitals, mercredi.

À une victoire du titre, les Caps restent calmes

LAS VEGAS — À une victoire de soulever la Coupe Stanley, les Capitals de Washington essaient de ne pas penser au-delà de la période suivante ou de leur prochaine présence sur la patinoire. Malheureusement, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

Les Capitals mènent la finale de la Coupe Stanley 3-1 face aux Golden Knights de Vegas et ne sont donc plus qu’à 60 minutes de jeu de leur premier titre en 44 ans d’histoire. «La plupart d’entre nous n’ont jamais été dans cette position, a déclaré Alex Ovechkin après l’entraînement de mercredi au T-Mobile Arena. Personnellement, j’essaie de ne pas trop penser à ce qui se passe et de me concentrer sur différentes choses. Mais c’est difficile.»

Les Capitals sont tout près de réaliser quelque chose de spécial pour une ville qui a souffert au niveau sportif depuis le triomphe des Redskins au Super Bowl, il y a 26 ans. Avant ce printemps, les équipes du District de Columbia n’avaient même pas réussi à se rendre en finale d’Association depuis la seule autre participation des Capitals à la finale de la Coupe Stanley en 1998, quand ils avaient été balayés par les Red Wings de Detroit.

Les Redskins (NFL) et les Nationals (baseball) ont connu des ratés en séries éliminatoires, tandis que les Wizards de la NBA (auparavant les Bullets) n’ont pas franchi le deuxième tour depuis 1980. Et il y a les Capitals, qui ont perdu cinq séries dans leur histoire alors qu’ils menaient 3-1, le plus récemment au premier tour des séries de 2010, puis de nouveau au deuxième tour en 2015.

Les joueurs actuels sont conscients du passé — comment pourraient-ils ne pas l’être? —, mais ils insistent sur le fait que la pression extérieure n’a pas d’impact sur leur esprit collectif. «Notre équipe aime simplement jouer ensemble, aime aller sur la patinoire et s’amuser, faire des efforts, travailler dur et le faire l’un pour l’autre», a déclaré le gardien Braden Holtby. «Tout le reste ne nous concerne pas. Nous n’en parlons pas. Nous voulons juste jouer au hockey et tout faire ce que nous pouvons pour gagner.»

En dépit de leur histoire sportive éprouvante, les amateurs de sports de Washington devraient être confiants avant la rencontre de jeudi. Les équipes qui ont mené 3-1 lors des séries de la LNH ont gagné dans 90,8 % des cas (276-28), alors qu’un seul des 33 clubs ayant accusé ce retard en finale — les Maple Leafs de Toronto en 1942 — a comblé ce déficit et gagné les grands honneurs.

Les Capitals ont fait face à leur juste part d’adversité, non seulement au cours des dernières années, mais aussi ce printemps. Ils accusaient un retard de 0-2 face à Columbus après avoir perdu les deux premiers matchs à domicile lors de la première ronde, avant de gagner quatre rencontres consécutives. Ils ont aussi à remporter le sixième match à l’étranger à Pittsburgh au deuxième tour, avant d’effacer un déficit de 2-3 contre le Lightning de Tampa Bay pour atteindre la finale.

Les Capitals ont également remporté neuf matchs à l’étranger au cours des séries, seulement un de moins que le record de la LNH détenu par quatre équipes. Mais le message avant le cinquième match est de simplement faire confiance au plan de match et continuer à faire ce qui les a guidés jusqu’ici.

Encore une fois, plus facile à dire qu’à faire. «Vous travaillez si fort pour arriver à ce stade-ci et vous voulez que cela se produise», a déclaré Trotz. «Nous voulons nous assurer que nous nous concentrons seulement sur le match.»

Les Knights refusent d’abandonner

Pour leur part, les Golden Knights, qui ont connu l’un des parcours les plus incroyables de l’histoire de LNH à leur première saison d’existence, ne vont pas rendre les armes sans offrir d’opposition. «Vous devez faire face à la situation, a déclaré le défenseur Nate Schmidt. Nous devons simplement nous battre pour nous sortir de cette situation. Notre groupe est à son meilleur dans ce type de situations.»

Il s’agit d’un défi que les Capitals ont hâte de relever. «Il y a une équipe très fière de l’autre côté», a rappelé Trotz. «Je ne peux pas prédire ce qui va se passer, mais je peux vous dire que vous allez avoir besoin de disputer votre meilleur match pour accomplir la besogne.»

Et le faire allégerait le fardeau d’une équipe et d’une ville qui dure depuis plus d’un quart de siècle.

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LA FIÈVRE TOUCHE WASHINGTON... ET WONDER WOMAN

Avec Lynda Carter, alias Wonder Woman, dans leur camp, les Capitals ont un certain avantage...

Washington, siège de la politique américaine, n’est pas connue pour avoir l’ambiance la plus enflammée, mais la fièvre du hockey s’est emparée des fans des Capitals, qui ne sont plus qu’à une victoire de la première Coupe Stanley de leur histoire. 

Dans la capitale fédérale américaine, les titres sont d’autant plus appréciés qu’ils sont rares. Les Redskins, de la NFL, sont la dernière équipe des quatre sports majeurs (basket, football, baseball, hockey) à avoir remporté un championnat. C’était en janvier 1992. Rebecca Froling, 23 ans, n’était même pas née. «Une victoire signifierait beaucoup. Je ne peux même pas l’imaginer», explique cette grande fan qui possède un abonnement à la saison.

Samedi, avant le quatrième match à Washington, la foule s’est pressée devant le Capital One Arena. La fête était animée par des artistes comme Sting ou Shaggy. «Je ne me souviens pas d’avoir déjà vu ça à D.C.», initiales du District de Columbia, a expliqué Corky Logsdon, 76 ans.

Washington, ville dont le rythme est dicté par les mondes de la politique et de la finance, n’est pas connue pour sa ferveur populaire. La plupart des habitants ne sont pas originaires de la capitale américaine, mais sont venus y vivre pour le travail, et soutiennent donc généralement l’équipe de leur région d’origine.

Mais la possibilité d’un premier titre des Caps en 43 ans d’histoire séduit de nombreux Washingtoniens, locaux ou d’adoption. Bus, bars, casernes de pompiers... Toute la ville est aux couleurs rouge et blanche des «Caps».

Les célébrités de D.C. — oui, elles existent — sont au premier rang pendant les matchs à domicile. L’actrice Lynda Carter, alias Wonder Woman, qui habite depuis longtemps dans la banlieue de la capitale américaine, est ainsi venue encourager son équipe lors de ses deux victoires à domicile.  AFP

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SMITH-PELLY N'IRAIT PAS À LA MAISON-BLANCHE

Ne comptez pas sur Devante Smith-Pelly pour aller célébrer avec le président Donald Trump à la Maison-Blanche si les Capitals remportent la Coupe Stanley. «Les choses qu’il crache sont racistes et sexistes», a-t-il déclaré mercredi selon des propos rapportés par Postmedia. «Certaines des choses qu’il a dites sont plutôt grossières. Je ne suis pas trop la politique, donc je ne connais pas tous ses autres points de vue, mais je ne suis pas d’accord avec sa rhétorique. Je pense que ma décision est déjà prise.»

Smith-Pelly, un des deux joueurs noirs des Capitals, est originaire de la région de Toronto. Il a été questionné à ce sujet deux jours après que Trump eut annulé la visite des Eagles de Philadelphie, champions du Super Bowl, et un jour après que les étoiles de basketball LeBron James et Stephen Curry aient révélé qu’ils ne visiteraient pas la Maison-Blanche si leur équipe remporte la finale.  AP